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Critique d'album

Alice Cooper


Welcome to my Nightmare


(11/03/1975 - Atlantic - - Genre : Hard / Métal)
Produit par Bob Ezrin

1- Welcome To My Nightmare / 2- Devil's Food / 3- The Black Widow / 4- Some Folks / 5- Only Women Bleed / 6- Department of Youth / 7- Cold Ethyl / 8- Years Ago / 9- Steven / 10- The Awakening / 11- Escape
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Suivez le guide dans ce sublime cabaret cauchemardesque"
François, le 07/04/2021
( mots)

Alice Cooper est mort … Vive Alice Cooper ! Nous assistons en 1974 à la fin d’un groupe talentueux, à une séparation qui clôt une carrière aussi brève que fertile, avec un chapelet de morceaux devenus des classiques du rock en guise d’héritage. Mais si Alice Cooper en tant que groupe a fait son temps, il demeure en tant qu’avatar de Vincent Furnier qui en était jusqu’alors le leader. Homme pieux dans la vie de tous les jours, il devient le Mr Hide du rock : une figure aussi diabolique que granguignolesque, le grotesque étant tout autant assumé que le goût contestable pour le sang, les serpents, les guillotines, les cercueils, ainsi que tout l’attirail horrifique du personnage appelé à peupler les TV Shows et les films de John Carpenter. 


Sa première aventure en solitaire est onirique, ou plutôt cauchemardesque : Welcome to My Nightmare se propose comme un album-concept autour de la très mauvaise nuit de Steven, protagoniste de l’histoire. Solitaire est un bien grand mot : Furnier se fait accompagner du personnage clef de sa carrière, le producteur Bob Ezrin, de même que Steve Hunter ou Dick Wagner, membres du groupe d’origine, de retour auprès de leur camarade après un détour chez Lou Reed.  


Album-concept donc, non pas construit comme un opéra-rock mais comme un cabaret-rock si tant est que cela n’ait jamais existé. Regardez la tenue de notre guide chaleureux et son geste invitant à passer une étranger soirée – nuit – à ses côtés. Ecoutez l’ouverture, "Welcome to My Nightmare", la voix de crooner et les saxophones qui dominent après une introduction tamisée et bluesy. Vous vous en doutez, ce sera davantage un cabaret des horreurs qu’un Moulin Rouge. Et chaque acte sera mémorable, gravé dans votre mémoire, car c’est ici un sommet du genre qui se déploie. 


L’entrée dans le monde du subconscient se fait par "Devil’s Food" et son riff hard-rock, les effets lors de la montée organisée pour faire hurler les stades étant largement compensés par une ambiance malsaine et rude : le tout est très heavy avec de belles lignes de guitare. Mais surtout, c'est un enchainement de plans tous magistraux, menant vers la suite de l’histoire narrée par Vincent Price – qui d’autre ?  - figure du cinéma d’horreur. Il prépare la rencontre avec "The Black Widow" martial, très cadencé et saturé – en avance sur son temps à ce niveau - mais toujours théâtral entre les chœurs et le final symphonique tout en légèreté. 


La grande réussite de cet album est de nous tenir en haleine, de filer magistralement son récit musical, cela grâce à des morceaux de transitions, comme de simples scansions comme "Years Ago" - une pure comptine inquiétante sous fond de boite  à musique – ou l’atmosphérique "The Awakening", tout en dispensant des titres qui sont toujours très différents, variés, surprenants, et surtout réussis (seul "Cold Ethyl" est finalement un peu anecdotique mais reste très honorable). 


Ainsi, "Some Folks" par exemple, pièce très piano-bar, semble tout droit sorti d’une comédie musicale avec ses cuivres surplombants, et ce malgré un solo incisif ; il est immédiatement suivi par le fameux slow "Only Women Bleed" - qui connut un petit succès – dans un registre tout à fait différent mais cohérent dans l’agencement général.


Du reste, on comprend bien l’ambition qui entoure cet album : présenter un personnage abouti, aux multiples facettes – ce qui est permis par la palette épatante de Furnier au chant – qui puisse exprimer son exubérance dans toute sa variété et avec une théâtralité sans limite. Un récit pour une créature, le masque plutôt que la mascarade. La résurrection, la seconde naissance d’Alice Cooper est ainsi réussie. 


Il faut ensuite des compositions solides et imparables comme l’entraînant "Department of Youth"  avec ses chœurs emphatiques (et enfantins), ses notes hispanisantes, ses multiples jeux sur l’amplitude instrumentale, les volumes et les différents sons. Bref, aussi efficace que dense, il s’agit peut-être du tube de l’opus. De même, "Steven", introduit par une ligne évoquant Mike Oldfield pour basculer sur un piano plus romantique, est une véritable montée en puissance orchestrale portée par un Alice Cooper complétement investi dans son personnage et son chant. Enfin, l’accrocheur et joyeux "Escape", d’une modernité incroyable, est communicatif dans sa joie de vivre : le cauchemar est fini. 


Transiter du groupe à la carrière solo en se faisant personnage n’était pas forcément évident : il fallait une légende, une histoire, une aventure musicale et surtout un chef-d’œuvre pour faire accepter cette évolution et ce nouveau départ qui est loin d’être une usurpation. C’est aussi le sommet de sa carrière qui est déjà atteint, et jamais plus l’ascension ne sera aussi vertigineuse. 


 

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