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Critique d'album

Bombay Bicycle Club


Everything Else Has Gone Wrong


(17/01/2020 - Mmm... Records - - Genre : Rock)
Produit par John Congleton, Jack Steadman

1- Get Up / 2- Is It Real / 3- Everything Else Has Gone Wrong / 4- I Can Hardly Speak / 5- Good Day / 6- Eat, Sleep, Wake (Nothing But You) / 7- I Worry Bout You / 8- People People [feat. Liz Lawrence] / 9- Do You Feel Loved? / 10- Let You Go / 11- Racing Stripes
Note de 4/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Les vélos n'ont pas donné leur dernier coup de sonnette"
Mathilde, le 30/01/2020
( mots)

Ils sont là, ils sont de retour, ces chers vélos de Bombay. Loin d’être sur la sellette après un chemin de dix ans et une pause de cinq ans, les quatre anglais intellos et introvertis reviennent sur le devant de la scène après avoir lâché quelques trailers videos l’an dernier, à l’instar de leurs rivaux naturels, les Foals. A la différence près que les BBC ne sont pas là pour faire les rockeurs, mais juste de la musique, selon leurs dires...


Pour rappel, les Bombay Bicycle Club ont sorti leur premier album en juillet 2009, qui à l’époque leur avait valu le titre honorifique de "meilleur évènement indé du nord de Londres" selon le NME (your best enemy). I Had The Blues But I Shook Them Loose pétaradait alors un rock pétillant, enlevé et brillant, qui leur donnait une sacrée longueur et crédibilité musicale d’avance par rapport à un autre club de l’époque: les Two Doors Cinema Club. Sans relâche les londoniens continuèrent à produire jusque 2014. Les deux albums suivants (Flaws et A Different Kind Of Fix) furent plus retenus et lancinants. Echo-iques, ils étaient cousus de reverb et de contemplations venus des voyages du frontman Jack Steadman en Inde. On était donc a Bombay mais beaucoup moins la tête dans le guidon. Puis leur dernier effort avait paru en être réellement un et tirait un peu sur la corde. So Long See You Tomorrow avait des qualités mélodiques indéniables, une constante chez le groupe, mais indéniablement également une tendance vers un côté  cul-cul la praloche. Et pour cause, depuis plusieurs années Jack le chanteur partage les vocals avec une demoiselle nommée Liz Lawrence ce qui harmoniquement donne un bel équilibre, sauf quand le duo est plus souvent bobo que beau. 


C’est lors de l’anniversaire d’album de IHTBBISTL l’an dernier et la mini tournée UK l’accompagnant que les BBC se sont dit que finalement c’était le bon temps ct’histoire, et aussi le bon moment de rempiler ensemble. L’idée avait été de partir pour retrouver l’excitation des débuts. Il faudra pour ça aussi racheter des instruments car les gars avaient tout vendu, véritablement. Un renaissance quoi d’un groupe qui approche la trentaine et qui a forcément beaucoup évolué depuis 10 ans. Plusieurs carrières musicales parallèles s’étaient d’ailleurs formées pour chaque membre du groupe. Seul le bassiste MacColl est allé suivre des études d’histoire et a même fait un documentaire pour la BBC (ça tombe bien). Alors bon, après cette pause de 5 ans, comment se porte le cyclisme. Crevé? En mode vélo de course? Ou vélo néerlandais avec freinage par rétropédalage? Spoiler alert: le groupe n’a pas donné son dernier coup de sonnette. 


Everything Else Has Gone Wrong: titre peu engageant et en même temps porteur d’espoir. S'il y a du négatif c’est forcément qu’il y a du positif à constater. Ce qui est notable déjà c’est que Bombay Bicycle Club revient avec le même line up car les best friends depuis le lycée ne l’imaginaient pas autrement. Le lieu d‘enregistrement est lui différent, volontairement aussi (on constatera que le groupe même s’il revendique un lâcher prise n’en reste pas moins cérébral): il se passe à Los Angeles avec John Congleton, détenteur d’un Grammy Award pour St Vincent. Le fait d’aller hors de leur zone de confort, de leur météo locale, et d’enregistrer vite sans trop revenir sur le mixage de chaque titre constitue une réelle nouveauté. Sortir d'un bloc l’album pour sonner au plus juste. Belle idée, les biclous!


Et c'est en une fois qu'on est happé. Eclate "Get Up" comme une injonction à se mettre en route. Une intro pour donner le premier coup de pédale sous forme de belle superposition de nappes mélodiques où tout se mêle sans que ce soit le souk. Un départ en fanfare bien dosé, c’est ainsi aussi qu’éclate" Is It Real" avec son intro façon The Cars. Rythmé, lumineux et rassérénant, le titre donne le thème: une sagesse, un recul sur les tournures inexorables de la vie. Jack clame : "Is it real, I wanna go back/ Times have changed and I don’t want that" de sa voix tranquille mais toujours tendue par un trémolo, qui donne une base rythmique complémentaire à la basse/batterie. Et vient alors la pépite de l’album, directe comme veulent se montrer les BBC. Sans détour "Everything Else Has Gone Wrong" plane de toute son élégance rebondie avec le point d’orge "I guess I found my peace again/ and yes I found my second wind" qui regroupe tout ce qu’on attend du club : des moments en tête à tête avec la voix monastique (tout autant que se coupe de cheveux) de Jack, beaucoup de rythme, un peu de synthé, et des moments gracieux  avec une mélodie éthérée mais jamais facile.  


"Eat Sleep Wake (nothing but you)" - à la grammaire/ponctuation discutée outremanche et aux faux accents de mange/prie/aime - est une prière accompagnée par la druidesse Liz Lawrence en mode répétitif et qui peut paraitre niaise à la première écoute. C’est le phrasé parfaitement ciselé et réparti qui donne un beau dynamisme à l’ensemble et qui en fait un temps fort de l’album. Bon les gars, on tient le bon bout là. On part sur une bonne ascension du col assurément. Il y a quand même des temps faibles où y aurait besoin de ravitaillement, notamment sur "I Worry Bout You" avec une cabassa (ou pas) de l’enfer qui parait imiter les reniflements de "Je Suis Venu Te Dire Que Je M’en Vais", mais en vraiment moins bien. Puis ça part dans tous les sens, d’abord vers du jazz, puis dans de l’orchestre de cirque mal fichu. Attention au piège qui est là tout près, celui de devenir le Chris Martin de ces dix dernières années. "Do You Feel Love" est un titre intimiste mais pour autant pas plan plan et "Let You Go" électrifie la complainte de Jack : "Touching, touching /Me here, me here" par des bidouillages synthétiques bien dégainés. Finalement cet album regroupe tous ses prédécesseurs, ce qui lui donne un bel équilibre, à la fois solide et spontané. Les instants sont souvent en suspens, mais la forte musicalité mêlée au rythme ravigote la choucroute (ou le curry).


Apres cette métaphore filée à peine appuyée autour du cyclisme, on peut dire que le groupe est revenu sur la piste, mais attention à l’arrivée de ne pas décrocher du peloton lumineux d’Indie Rock ciselé pour basculer dans de la world music plouf-plouf. Cette année du coup on est face à une course BBC/ Foals, soit vélos contre poulains, et franchement les deux se valent niveau vitesse… Il est toujours de bon ton outre-manche de faire des duels rocks entre des groupes qui se ressemblent, et chacun trouvera sans peine son public, d’avance conquis. Les Bombay Bicycle Club en tous cas s’inscrivent dans la durée niveau groupes qui comptent et, fait de plus en plus rare, qui ne déraillent pas. Et c'est Riz Inde le dire. 

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Critique d'album

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