↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Grizzly Bear


Shields


(18/09/2012 - Warp Records - Pop/Indie - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Sleeping Ute / 2- Speak in Rounds / 3- Adelma / 4- Yet Again / 5- The Hunt / 6- A Simple Answer / 7- What's Wrong / 8- Gun-Shy / 9- Half Gate / 10- Sun in Your Eyes
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (14 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.0/5 pour cet album
"De la distance de la protection"
Kevin, le 19/12/2012
( mots)

Auréolés de réussite depuis la naissance du groupe, Grizzly Bear enclenche la quatrième à l'orée de l'automne 2012. La création de Shields ne fut cependant pas un long fleuve tranquille, entre retrouvailles glaciales au fin fond du désert texan et batailles d'ego entre les forces productives, les quatre larrons ont du se faire violence pour accoucher du bébé. Grand bien, semble t-il, leur en a pris, au vu des habituels torrents d'affection qui viennent leur chatouiller les pieds. Le monde est ainsi unanime, que ce soit les médias émoustillés ou leur public fidèle et assidu. Alors, ce Shields, réellement indispensable ou pétard mouillé ? 

L'album possède quasiment tous les éléments d'une réussite bien bâtie. L'objet est solide, doté d'un son qui a fait ses preuves, d'une identité reconnaissable, saupoudré par un brin de nouveauté et bardé de suffisamment de talent pour malaxer le tout. Des dix titres ainsi fagotés, aucun trou d'air n'est à déplorer et la progression d'ensemble se tient aussi bien qu'un viking dans la tempête. Shields, comme ses grands frères avant lui, se veut intellectuel et un brin hautain, ne hausse jamais le ton et peut se vanter d'avoir été bichonné par des arrangeurs de talent. La plupart des fées de la folk jusqu'au rock indé se sont largement penchés sur le berceau. Les écoutes successives sont d'ailleurs étonnamment différentes, tant les éléments les plus précieux des compos s'amusent à jouer à cache-cache et tant la subtilité se trémousse dans la discrétion. Qui plus est, la batterie de Christopher Bear (un nom pareil dans un groupe pareil, ça ne s'invente pas) est encore plus pointilleuse qu'avant. L'ours bien léché déploie des trésors d'équilibre pour charpenter les épaules de ce grizzli discipliné. C'est notamment criant au creux d'un "The Hunt" contemplatif et central, où il dose ses interventions avec l'habileté de celui qui sait quand il doit se retenir pour être au poil. La note technique frise donc le 6.0, tant rien n'est superflu, rien ne dépasse et tout fait sens. Des voix au carillon le plus anecdotique, l'esthétique d'ensemble ne souffre d'aucune disproportion, tant les bonhommes ont intellectualisé leur musique. Mais bordel, dieu que c'est pas bandant pour un sou. 

On connaît les gaillards à force. On sait qu'ils ne jouent pas dans l'émotion, ni dans le foutraque, encore moins dans l'ostentatoire. Leur musique est posée, pensée et pondérée pour la parfaite raison qu'ils font ça particulièrement bien. Quittes à être parfaitement ennuyeux. Shields crée constamment ("The Hunt" mis à part, peut-être, mais essentiellement par ses paroles) une distance entre les musiciens et l'auditoire, une distance racée et polie, une distance sillonnée de mélodies mid-tempo froides comme l'acier. Et dans cette distance, c'est comme si l'émotion s'évaporait au détour d'un refrain prostré ou d'un riff apathique. Même au détour d'un "gun-shy" pourtant cajoleur, où les deux voix de Rossen et Droste se renvoient la balle à un rythme téléguidé, il manque un piolet métaphorique pour péter cette glace qui nous sépare d'eux. Un pas en avant pour avaler la distance entretenue par un "Yet Again" pourtant animé de vents contraires mais qui ne réchauffe rien malgré ses sonorités colorées. On ne peut pas dire que l'album manque de beauté, mais c'est une beauté ténue, presque une beauté à imaginer soi-même tellement les mélodies partent de bonnes intentions. 

Le salut aurait pu venir de la légère prise de risque que présente l'intro "Sleeping Ute". Un son plus robuste, un rock psyché qui tranche avec l'atmosphère de boudoir de Shields. Mais d'une, la fracture est bien trop molle, de deux le morceau, comble du comble, n'est pas aussi adroit que ses camarades. Et à bringuebaler entre feu d'artifice et art du funambule, le titre s'avère parfois lourd en bouche, voire déboussolant. Un pari cela dit mieux négocié par "Speak In Rounds", du moins dans ses refrains enlevés qui communiquent pour une fois une authentique émotion. Il est donc difficile de juger cet album. Largement au-dessus de la moyenne lorsqu'il s'agit de marier des instruments et des mélodies complexes, quasi à la ramasse pour ce qui est de transmettre autre chose qu'une vague admiration pour le boulot abattu. Si tout le monde s'est allègrement paluché sur Shields, ce n'est pas le cas de votre humble rédaction, sérieusement refroidie par une musique auto-centrée et avare en matière vive. Dommage, il ne manquait définitvement pas grand chose. 

Si vous aimez Shields, vous aimerez ...
Commentaires
Soyez le premier à réagir à cette publication !
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité
Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Album de la semaine

Opeth


In Cauda Venenum


"

De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

"
À lire également
Compte-rendu de concert