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Critique d'album

Il Bacio Della Medusa


Seme*


(16/06/2018 - AMS records - Rock progressif italien - Genre : Rock)
Produit par

1- Seme / 2- La sonda / 3- 3/5 e 1/4 ... Fuori dalla Finestra il Tempo è Dispari / 4- Sveglia!!! / 5- Animatronica platonica / 6- Sudamerica / 7- Uthopia ... Il Non Luogo / 8- Il sentiero di luce / 9- Animaemotica
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La nouvelle graine de la gorgone est semée, il n'y a plus qu'à en récolter les notes. "
François, le 05/03/2019
( mots)

2018 a été une année riche pour le rock progressif italien avec deux sorties réalisées par des formations ayant désormais fait leurs preuves dans cette niche et, pour cela, attendues avec enthousiasme. La Coscienza di Zeno a brillamment relevé le défis avec Una Vita Migliore en fin d’année, peu après Il Bacio della Medusa qui vient planter sa nouvelle graine, Seme*. Ce dernier est leur quatrième album, faisant suite à Deus Lo Vult sorti il y a six ans, rompant avec leur rythme quadriennal adopté jusqu’alors. Le groupe développe un rock progressif varié et puissant, puisant son inspiration dans les belles racines nationales du genre, et se place comme un gage de qualité dans la nouvelle vague du RPI. On est donc en droit d’avoir des attentes enthousiastes mais exigeantes pour ce Seme*


La pochette est un véritable étonnement pour un groupe ayant habitué à des illustrations certes souvent lugubres mais toujours chatoyantes, pleines de couleurs. Ici, une simple graine sur fond noir, avec des lettres en typographie de machine à écrire. Cette graine, c’est celle du haricot du Trasimeno, traditionnel d’Ombrie (centre de l’Italie), dont l’histoire est contée dans le premier titre. En tout cas, cela nous laisse devant une pochette bien sobre, et bien sombre. 


Le titre éponyme confirme ce que semblait indiquer la pochette : une ambiance lourde et obscure ouvre l’album sur un vent de folie crimsonienne. Le riff de guitare est d’une épaisseur agressive accentuée par une partie déjantée de saxophone donnant une puissance incommensurable à cette pièce dans laquelle le chant semble galvanisé par cette tempête instrumentale. Le jeu de guitare est d’une virtuosité remarquable, dans un registre très « rock » (notamment pour son long solo – celui de la fin) pour une pièce indéniablement prog’. Fermant ce premier chef-d’œuvre, la section rythmique s’invite pour arrondir l'ambiance sombre en une belle minute angoissante et enivrante. Coup de maître pour le baiser de la Méduse : si le roi écarlate se fait sentir, Osanna n’est pas loin. 


Tant que nous sommes sur les références progressives réexploitées par le groupe, soulevons cette ambiance toute camelienne dans "La Sonda" (le duo claviers / flûte aidant), morceau qui se permet de citer allégrement Rush (les arpèges de "Xanadu" à partir de 2.50) avec justesse. 


L’album fait la part belle à la guitare dans des solos parfois très longs comme en conclusion de l’anecdotique "Sveglia !!!" (sorte de chansonnette aux sonorités country) dans une démonstration assez classique de chorus blues-rock en pentatonique sans fioritures. Mais la virtuosité de Brozzetti est souvent employée avec pertinence, que ce soit pour des belles démonstrations n’excluant pas la transmission d’émotions; ainsi la fin de la troisième piste ("5 e ¼ … Fuori dalla Finestra il Tempo è Dispari") par-dessus un piano feutré. 


Autre point fort de l’album : le chant. Cecchini parvient à allier la puissance et son timbre plutôt grave pour des parties très expressives trouvant leur acmé dans"Il Sentiero di Luce" ou dans le titre éponyme. Il est toujours exalté, l’intonation méditerranéenne exacerbant les émotions sans tomber dans le hurlement : la langue italienne apparaît comme une évidence dans l'oeuvre du groupe. 


Il serait injuste de n’évoquer que ces musiciens, puisque la solidité du groupe est audible tout au long de l’album. Une vraie maturité se fait ressentir dans l’osmose et l’harmonie entre les membres de la formation. Ainsi, la troisième piste louvoyant entre jazzy et rythmes latinos (avec un solo de guitare acoustique flamenco) permet pendant huit minutes aux claviers de s’exprimer quand ce n’est pas la section à vent qui s’affirme. Belle démonstration de complémentarité des instruments qui se répondent, enchaînent leur partie sans rupture brutale, donnant une unité au titre à la composition aboutie. La fin du morceau, déjà évoquée, laisse Cecchini déployer son chant dans une partie plus intimiste tandis que la guitare s’envole. 


Seme* est aussi marqué par une grande variété dans la composition. Titres progressifs purs, ambiances jazz, chanson aux sons country, ou encore un "Sudamerica" très léger, au chant doux, à la guitare acoustique très présente et au saxophone tamisé. Mais le groupe se permet également quelques originalités. "Animatronica Platonica" avec ses claviers synthwave et sa rythmique synthétique, ou encore ses traits de guitare funky, peut déconcerter de prime abord. Cette même ambiance se retrouve en conclusion avec l’instrumental "Animaemotica" qui est comme un écho à ce premier titre. L'exercice se révèle être plutôt réussi. 


Un album varié, avec une qualité musicale indéniable, qui manque peut-être parfois de titres plus mémorables (comme peuvent l’être "Seme" ou "Animatronica Platonica") pour nous transporter davantage dans son univers. Il Bacio della Medusa confirme tout de même, une fois encore, que l’Italie produit un rock progressif intransigeant, inspiré, varié et de grande qualité, dont il est un des fleurons des plus recommandables. 


 

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Black Mountain


Destroyer


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Cela vous aura peut-être échappé, mais Black Mountain a discrètement rendu l’âme il y a de cela un peu plus de deux ans. Oh, rien d’aussi dramatique qu’un split avec tambours et trompettes, rien qu’un départ en catimini, celui du couple Amber Webber - Joshua Wells à qui l’on doit le sémillant projet alternatif Lightning Dust, dont on attend par là même un nouvel album très bientôt. Sans annonce, communiqué ni explications, alors que les canadiens venaient d’écoper de leur plus beau succès critique avec leur magnifique IV. Bien sûr, les choses sont loin d’être aussi simples, et la note accordée à ce Destroyer vient d’ailleurs démentir la sentence prononcée en début de paragraphe. Néanmoins, une page se tourne, et autant on oubliera sans doute assez facilement le cogneur Wells - remplacé poste pour poste par Adam Bulgasem, autant il sera bien plus ardu de faire abstraction du chant mystique de Webber qui nous laissera à jamais orphelins.

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