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Critique d'album

Kiss


Alive !


(10/09/1975 - Casablanca Records - - Genre : Hard / Métal)
Produit par Eddie Kramer

1- Deuce / 2- Strutter / 3- Got To Choose / 4- Hotter Than Hell / 5- Firehouse / 6- Nothin' To Lose / 7- C'mon And Love Me / 8- Paradise / 9- She / 10- Watchin' You / 11- 10,000 Years / 12- Black Diamond / 13- Rock Bottom / 14- Cold Gin / 15- Rock And Roll All Nite / 16- Let Me Go Rock N Roll
Note de 4/5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"“Quand on se voit au bord de l’abîme et qu’il semble que Dieu vous ait abandonné, on n’hésite plus à attendre de lui un miracle.” - Marcel Proust"
Daniel, le 23/03/2021
( mots)

Starchild – Demon – Spaceman – Catman (Episode 4)


“Quand on se voit au bord de l’abîme et qu’il semble que Dieu vous ait abandonné, on n’hésite plus à attendre de lui un miracle.” - Marcel Proust


1975 – Vol au-dessus d’un nid de coucou de Milos Forman remporte l’oscar du meilleur film. 


1975 – Alive ! de Kiss donne au monde une leçon de rock.


Nombreux sont les live qui marquent la fin d’un cycle, le dernier disque du contrat, le passage à autre chose. Kiss ne fait rien comme tout le monde et c’est Alive ! qui va débuter la vraie carrière des quatre Kabukis.


Quand il entend les bandes enregistrées entre le 16 mai et le 23 juillet 1975 (à Detroit, Cleveland, Davenport puis Widwood), le producteur Eddie Kramer reste atomisé. Ca mérite juste la poubelle. A part l’enthousiasme des uns (le groupe) et des autres (un public incroyablement dévoué), tout est moche. Même les chants de guerre de la Kiss Army naissante sonnent à contrepoil. Personne n’a fait pire. Si ce n’est que toutes les salles sont combles. Soir après soir… Chaque billet acheté plombe les finances de Casablanca qui doit financer la sono et les délires pyrotechniques des masqués. A ce rythme-là, il est impossible de refaire un tour de Monopoly. Pas de terrain. Aucune maison. Ne parlons même pas de la perspective d’un hôtel. Il reste la banque (qui fait la sourde oreille) et la prison.


Bill Aucoin, le manager du groupe, insiste lourdement. Casablanca ne peut pas financer un quatrième album studio et le groupe n’a aucun titre à enregistrer. Eddie Kramer soupire… En 1969, il est resté éveillé trois jours et trois nuits pour enregistrer le Festival de Woodstock. A défaut d’y avoir entendu de la musique de qualité, il y a appris la patience.


L’homme se remet au boulot et parvient à isoler le drumming de Peter Criss (qui a évidemment accéléré tous les morceaux) puis à le synchroniser avec divers passages superposés des hurlements hystériques du public (probablement bricolés avec d’autres sources). 


Ensuite, il convoque Paul Stanley, Gene Simmons et Ace Frehley dans le studio Electric Lady afin de réenregistrer les titres. Il leur demande de se concentrer pour jouer les bonnes notes sur les bonnes cordes et chanter les bonnes paroles plus ou moins au bon moment. Dans des "conditions live", mais loin des feux d’artifice, du light-show, des explosions et des groupies.


Les gaillards savent que c’est leur dernière chance. Enfin cornaqués par quelqu’un qui maîtrise le langage du rock, ils y mettent une conviction extraordinaire. Cette conviction qui manquait aux trois premiers albums.


Après un savant mixage plus vrai que nature, le résultat est proprement phénoménal. Par la grâce d’Eddie Kramer, on "entend" le rock. A titre d’exemple, il suffit d’écouter "C’Mon And Love Me" (avec tous les potards à fond de course, évidemment). L’énergie du groupe, magnifiée par celle du public, provoque une explosion des sens. On se retrouve dans la salle. La température monte. Ca sent la sueur et la bière. La musique est palpable. On se bouscule tout seul et on chante. Pure arnaque. Pure magie. Comme les étranges images en 3D des View-Master (pour les rares ancêtres qui s’en souviennent).


On peut bien évidemment crier au scandale mais le rock ne s’est jamais fait sans menus larcins ni petits accommodements. C’est comme au cinéma. On "sait" que le monstre du lagon noir est en caoutchouc. On sait bien que la demoiselle rondelette en bikini n’est pas vraiment blonde et qu’elle fait semblant de hurler de terreur (principalement parce qu’elle se les gèle dans le studio). Mais, dans son divan, chacun de nous continue à avoir peur. Pour l’actrice. Et pour soi-même.


Avec Alive !, on s’éclate "comme pour de vrai". C’est une légende absolue qui naît entre les baffles, parmi les décibels en carton-pâte, les soli en faux-semblants et les hurlements pas toujours synchrones. Sans oublier les explosions ou le souffle des lance-flammes.


En Europe, personne n’a jamais vu le groupe. Il faut imaginer. Et l’imagination décuple encore les sensations auditives. 


De "Deuce" à "Black Diamond", tous les titres sont exécutés pied au plancher. Quand Ace Frehley part en direction d’un univers parallèle à la fin de "She", on décolle avec lui. Pour toujours. Même qu’on n’a plus envie de revenir. Personne n’a le temps de reprendre son souffle. A l’exception de Gene Simmons qui se permet une inspiration avant de cracher les feux de l’Enfer !


C’est une course échevelée jusqu’au début de "100.000 Years" qui se termine par un solo atomique de Peter Criss (harmonisé en studio à l’aide d’un phaser) puis par une longue harangue de Paul Stanley ("Do You Believe In Rock And Roll ?" - et forcément qu’on y croit). Puis, les rappels s’enchaînent. Jusqu’à la dernière note de "Let Me Go, Rock’n’Roll".


Le silence qui suit est inaudible en raison des acouphènes. Mais le silence qui suit est encore du Kiss.


"Alive !" est le "Best Of" des trois premiers albums de Kiss (sept titres de Kiss, cinq de Hotter Than Hell et quatre de Dressed To Kill). La science du maquillage d’Eddie Kramer permet à chaque titre de recevoir le traitement qu’il mérite. Et le monde se rend enfin compte que le groupe a écrit seize classiques en moins de trois ans. 


Le double album reste, de toute évidence, un des meilleurs live de la planète rock. Il a piqué son point d’exclamation à Slade et la noirceur de sa jaquette à Uriah Heep. Tout le reste appartient à l’Histoire. 


Alive ! est tellement bon qu’il se vend aussitôt par camions entiers (110 semaines de présence dans le Billboard !) pour culminer à 6.000.000 d’exemplaires. Six fois plus que Made in Japan de Deep Purple. Six fois plus que If You Want Blood…  d’AC/DC. Trois fois plus que Live At Leeds des Who. Deux fois plus que The Song Remains The Same de Led Zeppelin. Hystérie totale.


Réédités (séparément ou sur le coffret The Originals qui comprend une version japonaise de lyrics), les trois premiers albums, se vendent également comme des petits pains. Ils enfournent aussitôt trois disques d’or moyennement mérités. 


Un prêtre canadien illuminé, le Père Régimbal, écrit un livre dans lequel Kiss (l’acronyme de Kings In Satan’s Service) est décrit comme étant l’ultime incarnation du Démon sur Terre. La presse conservatrice met les parents en garde contre Gene Simmons qui donne envie aux enfants de cracher du feu à table ou de s’envoler par la fenêtre du sixième. 


Forcément, lorsque Paul, Gene, Ace et Peter remettent les pieds dans le bureau de leur patron, c’est pour apprendre qu’ils sont tous multimillionnaires en dollars. Pour quatre gamins immigrés dans un pays aussi immense, ça fait forcément un choc. 


Ils ne savent pas encore à quel point ils vont souffrir dans quelques mois…

Avis de première écoute
Note de 5/5
Si Kiss a peu brillé par ses albums studio, c'est avec ce Alive !, compilation de titres enregistrés pendant leur tournée de 1975, qu'il faut trouver le chef d'oeuvre du groupe. Conceptuellement unique, haut perché, fou, provocateur, dangereux, le cirque scénique monté par ces quatre américains peinturlurés de noir et blanc est transmis à merveille dans cet album diabolique. A son apogée, Kiss devient avec cet album une véritable institution du hard rock. D'aucun fustigeront les applaudissements augmentées et quelques retouches studio mineures, d'autres se laisseront apprivoisés par cette inimitable bête de scène. "Let them go rock n roll !"
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