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Critique d'album

Kiss


Kiss


(18/02/1974 - - - Genre : Hard / Métal)
Produit par

1- Kissin' Time / 2- Let Me Know / 3- Cold Gin / 4- Firehouse / 5- 100,000 Years / 6- Black Diamond / 7- Nothin' to Lose / 8- Strutter / 9- Deuce / 10- Love Theme from Kiss
Note de 3/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Vrai Faux-départ"
Daniel, le 03/03/2021
( mots)

Kiss incarne probablement le groupe qui définit le plus parfaitement la frontière subtile qui existe entre "bon à rien" et "mauvais à tout". En mieux.


A l’aube des seventies à New-York, il fallait en avoir dans le spandex pour balancer dans l’Hudson les bandes d’un vinyle qui ne demandait plus qu’à être pressé. C’est ce qu’ont fait Stanley Eysen et Chaim Witz après l’enregistrement du premier (et unique) opus de Wicked Lester. L’histoire aurait pu s’arrêter là et les gaillards auraient pu passer le reste de leur vie à jouer (au mieux) les taximen de nuit alcoolisés ou (au plus dangereux) les dealers de quartier.


Il doit y avoir un Dieu pour les Démons. Et Chaim n’aimait ni l’alcool, ni les drogues. Ca n’a pas changé.


C’est dans le périmètre de leur quartier que Stanley (devenu Paul Stanley) et Chaim (rebaptisé Gene Simmons) recrutent George Peter Criscuola (bientôt Peter Criss) un batteur, plus âgé qu’eux et fan absolu de Gene Krupa, et Paul Frehley (rapidement surnommé Ace Frehley), un guitariste imprécis et véloce qui porte des baskets dépareillés.


Le temps est subjectif. A New-York, il file vite. Les modes rock se font et se défont en moins d’une saison et l’heure est clairement à la surenchère. Paul, Gene, Peter et Ace optent pour le mauvais goût et la violence symbolique. Le nom du groupe (Bisou) pourrait paraître anodin, mais les deux "S" stylisés (des éclairs imaginés probablement par Ace) ont forcément un sens provoquant dont, à tout le moins, Gene n’ignore rien (sa famille ayant eu à souffrir de la Shoah). Les plus observateurs auront d’ailleurs remarqué qu’à l’heure actuelle encore, le nom du groupe s’écrit différemment sur les pressages allemands des pochettes.


Kiss n’est pas une expression musicale ; c’est avant tout une attitude. Aux confins de l’heroïc fantasy, de l’industrie Marvel, du n’importe quoi et du punk. Avec un plan marketing : jouer bruyamment pour marquer les esprits et réinventer le concept nostalgique des Beatles (quatre musiciens, quatre compositeurs et quatre chanteurs).


Bisou s’invente des maquillages outranciers puis va se fringuer dans ces magasins spécialisés, destinés aux mondaines qui fréquentent le côté obscur des trottoirs mal famés à la nuit tombée. Walk On the Wild Side. Déjà. Encore.


Starchild – Demon – Spaceman – Catman ! Des personnages de bande dessinée qui donneront bientôt leur propre sang pour magnifier les encres rouges de Stan Lee.


Managé par l’avisé Bill Aucoin et signé par Neil Bogart, sur un label naissant (Casablanca) qui se spécialisera plus tard dans la musique disco, le quartet se retrouve rapidement en studio après quelques concerts bruyants et très intimistes (trois spectateurs en moyenne dont la fervente Flora, maman de Gene).


Enregistré en quelques jours (de 13 à 21 selon les sources), le premier opus éponyme sort le 18 février 1974. Il contient un horrible instrumental ("Love Theme From Kiss") qui ne dépareillerait pas un épisode de Bob l’Eponge et… huit classiques absolus du groupe ("Strutter", "Nothing To Lose", "Firehouse", "Cold Gin", "Let Me Know", "Deuce", "100.000 Years" et le fabuleux "Black Diamond"). 


Ca doit être un record mondial. 


La plupart des titres sont marqués par un sexisme assez "bas de plafond" (ou "haut de plancher"», ça dépend où l’on situe sa propre ceinture). La stratégie de la petite culotte sera un élément fondateur du plan de carrière des new-yorkais, même si un natif de Detroit, prénommé Vincent (même pas Vince), leur a brûlé la politesse en utilisant déjà, en 1972, la lingerie de tous les désirs pour emballer un de ses meilleurs albums. 


"Cold Gin" (composé par Ace mais chanté par Gene) parle plus prosaïquement d’alcool. Il faudra des décennies à Ace pour débarrasser de l’addiction qui va lentement détruire le Spaceman. 


Malheureusement, Kiss, sous-produit par des bricoleurs, volontairement privé d’effets et dépourvu de relief, présente une sonorité assez calamiteuse. A aucun instant, il n’est possible de "visualiser" la furie et les délires scéniques des quatre masqués. Et c’est un flop. Instantané. 


L’album ne deviendra disque d’or que trois ans plus tard, après la sortie du premier album live. Mais ça, c’est une autre histoire…


La pochette sombre, amusant pastiche punkoïde de "Meet The Beatles", montre les quatre masqués à des degrés divers d’évolution. Fauchés comme les blés, Paul, Gene et Ace ont réalisé leurs maquillages respectifs. Ace, le regard déjà tourné vers les étoiles, pousse le délire jusqu’à se colorer les cheveux avec une bombe de peinture aluminium. Ce geste sacrificiel lui vaudra une sévère allergie et des yeux tuméfiés sur les photos suivantes. Peter, plus fortuné que ses camarades, fait appel aux services d’un professionnel qui lui confectionne le masque le plus ridicule de toute sa vie. 


Les ferments sont là mais le peuple rock n’adhère pas. Juste un peu en Nouvelle-Zélande et au Japon. C’est tout.


En réaction et en catastrophe, le management impose à Kiss d’enregistrer "Kissin’ Time", un navet popisant de la toute fin des années fifties (interprété le jeune Bobby Rydell, un gamin au sourire niais). Les paroles, déjà stupides à l’origine, sont réécrites à la va-vite sur un coin de table, et le titre, publié en single (aujourd’hui devenu culte), est ajouté sur l’album dès sa réédition en juillet 1974. Sans aucun résultat. Malgré un très joli passage télévisé du groupe, fin mars 1974, dans une émission nationale sur la chaîne ABC.


Pour mieux comprendre l’objet du débat, il faut imaginer que Kiss sort dans les bacs des disquaires en concurrence avec des « produits » aboutis comme The Lamb Lies Down On Broadway de Genesis, It’s Only Rock’n’Roll des Stones, Sheer Heart Attack de Queen, Bad Company de Bad Company ou encore Second Helping de Lynyrd Skynyrd


Vraiment pas une bonne pioche. Il y a des millésimes où il vaut mieux sortir couvert…


L’histoire reste à écrire mais le premier chapitre est une déception. Pas sur le fond qui est phénoménal, mais sur la forme qui laisse à désirer. 


Pour quelques dollars de plus, il y aurait eu quelqu’un derrière la console. Justement, on se console comme on peut…


** pour la forme


**** pour le fond

Commentaires
Claire, le 08/03/2021 à 13:53
Merci et bravo à l'auteur de cette intéressante contribution. Vivement découvrir le prochain pitch.
Gugusse, le 07/03/2021 à 18:01
Très intéressant de connaître les débuts de se phénomène, le récit de la suite attendu avec impatience. Bravo.
mwagaby, le 07/03/2021 à 17:28
Bel article sur un groupe qui n'est pas trop ma tasse de thé , vivement de relire le pigiste ;) sur un Album de The Ramones au de Anthrax ;)
Christoff, le 07/03/2021 à 11:11
Super intéressant, je ne connaissais pas les débuts de ce groupe. En effet, cela se lis un peu comme un "Pitch".
Linlin, le 06/03/2021 à 15:40
Merci pour cet article.
Baba, le 06/03/2021 à 14:47
Wouaw..... je vois bien ce texte en "Pitch"..... Sait-on jamais !
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