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Critique d'album

Low


HEY WHAT


(10/09/2021 - Sub Pop - Indie rock - dream pop - Genre : Rock)
Produit par BJ Burton

1- White Horses / 2- I Can Wait / 3- All Night / 4- Disappearing / 5- Hey / 6- Days Like These / 7- There's a Comma After Still / 8- Don't Walk Away / 9- More / 10- The Price You Pay (It Must Be Wearing Off)
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Trou noir musical incandescent "
Diego, le 22/11/2021
( mots)

L’oscillation entre audace blasphématoire et universalisme que déclenche les productions musicales dépassant les frontières des styles musicaux est un phénomène particulièrement fascinant. Historiquement, ces innovations sont même à la base de la naissance de courants musicaux dont le but cette chronique n’est pas de faire le catalogue et encore moins la genèse. Prenez les genres de votre choix, ajoutez le mot « fusion » et le tour est joué ou presque.


Toutefois, il est également possible de trouver des œuvres transcendant non pas seulement le style mais également la « discipline » dans laquelle elle s’applique. A titre d’exemple, le bijou Call Me By Your Name de Luca Guadagnino est un objet cinématographique hybride, faisant appel à un éveil des sens hors du commun. Le Parfum  de Patrick Süskind est une autre illustration de comment un genre, la littérature, peut évoquer des sensations a priori non sollicitées classiquement. Autant prévenir en amont, l’objet de la présente critique sera forcément clivant, tant il s’agit, au-delà des appétences musicales, d’une expérience sensorielle à part.


Depuis près de trois décennies, le duo à l’origine de Low distille sa musique indépendante et originale teintée de rock minimaliste, allant du slowcore au noise rock, auxquels le groupe a apporté ses lettres de noblesse. Pièce fondatrice des compositions du groupe, les harmonies vocales entre Alan Sparhawk et Mimi Parker (mari et femme à l’état civil) sont toujours bien présentes sur cette dernière galette.


Sur la lancée du très bien reçu Double Negative (2018), les premiers singles annonçant la sortie de HEY WHAT mêlaient donc de nouveau expérimentations sonores et prestations vocales soyeuses. Days Like These, véritable tête de gondole de l’album, est un titre incroyable : les voix sonnent une charge digne d’un gospel, avant d’être rejoints par de délicats accords de guitare tout juste crunchy, puis par une déflagration de distorsion apocalyptique faisant basculer le morceau dans une autre dimension et écrasant littéralement la mélodie. Pas de section rythmique à proprement parler, ça sera le cas sur tout le disque, ce sont bien les effets sonores qui se chargent de dicter la cadence. Et c’est diaboliquement efficace ! La seconde partie de la chanson change à nouveau de braquet et active le mode shoegaze, avec une ambiance planante qui contraste violemment avec le mur du son traversé jusque-là. 


Disappearing, deuxième titre dévoilé avant la sortie de l’album, reprend ces éléments en les associant dans une chronologie et une superposition relativement nouvelles. L’effet ambient est cette fois-ci présent d’emblée, laissant l’instrumentation saturée prendre une ampleur grandissante jusqu’à phagocyter tout le paysage musical. Mention spéciale à l'orfèvrerie que constitue la gestion de la compression sur le disque.


L’absence totale de percussions au sens classique peut perturber l’auditeur, elle ne constitue cependant pas un véritable manque, tant les deux têtes pensantes de Low articulent leurs compositions de manière efficace. Le staccato de piano sur l’introductif White Horses ou le riff dégoulinant de saturation de More ne sont que deux exemples de l'habileté du groupe pour rythmer des compositions qui évitent ainsi le piège de la monotonie. Le dernier cité est une explosion d’à peine plus de deux minutes où l’exubérance de l’instrumentation côtoie le côté résolument pop du chant. Jusqu’au dernier morceau de l’album, The Price You Pay (It Must Be Wearing Off), l’accessibilité mélodique et la marginalité de production se mêlent avec brio.


HEY WHAT n’est cependant pas exempt de toute réprobation, et au-delà du fait que l’on pourrait reprocher au groupe un certain ésotérisme, voire de la prétention (même si cela relèverait du procès d’intention), c’est surtout la longueur de morceaux comme I Can Wait, mais surtout Hey, qui est en cause. Si les bidouillages (dans le bon sens du terme) électroniques nous prennent la main pour nous accompagner dans des hautes sphères planantes, il n’aurait pas été désagréable de limiter le voyage à quelques orbites. L’existence même de There’s a Comma After Still relève encore aujourd’hui du mystère ; à moins qu’il ne s’agisse de l’équivalent musical de l’interprétation de tout ce qui suit un “mais” dans une déclaration. A prendre avec des pincettes dans le meilleur des cas donc…


D’un point de vue général, il se dégage une ambiance de mal-être tout au long du disque, avec pour point d’orgue le titre Don’t Walk Away, véritable supplique 2.0.


Les morceaux composant ce HEY WHAT constituent un album cohérent, mais également une expérience à part. A mi-chemin entre l’indie rock et l’expérimental pur, le duo Low repousse encore un peu les limites de son style identitaire. Au même titre que Justin Vernon sur le dernier Bon Iver, il semblerait que l’alchimie ait opéré, ou que les potentiomètres aient été réglés au bon niveau sur cette production.


On ne peut par ailleurs que recommander de consacrer à ces chansons une attention pleine ainsi qu’un soin tout particulier au support de l’écoute, tant il rendra l’expérience des trouvailles sonores de Low tantôt indifférente tantôt sublime...


 A écouter : "Days Like These", "More", "Disappearing" 

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