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Critique d'album

Mountain


Nantucket Sleighride


(00/01/1971 - Windfall - Hard-rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par Felix Pappalardi

1- Don't Look Around / 2- Taunta (Sammy's Tune) / 3- Nantucket Sleighride (For Owen Coffin) / 4- You Can't Get Away! / 5- Tired Angels (For J.M.H.) / 6- The Animal Trainer And The Toad / 7- My Lady / 8- Travellin' In The Dark (To E.M.P.) / 9- The Great Train Robbery
Note de 4.5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Sommet de la carrière de Mountain et chef-d'œuvre sous-estimé, Nanctucket Sleighride démarre l'année 1971 de façon épique"
François, le 17/01/2021
( mots)

La mort de Leslie West, guitariste et chanteur de Mountain (et leader du groupe, il faut bien l’avouer), le 23 décembre 2020, donne un sens particulier à cette chronique rédigée peu de temps après ce triste événement, à l’occasion des 50 ans de l’album. Qu’elle puisse permettre de découvrir ou de redécouvrir une formation et un musicien trop négligés. 


Achab ne l’ignorait pas, même quand il chassait des cétacés moins robustes que Moby Dick. Le risque de tout baleinier, une fois sa proie harponnée, est de se faire traîner sur plusieurs lieues, quitte à perdre le contrôle du vaisseau. On disait, en anglais, "nantucket sleighride". C’est ce qu’avait subi Owen Coffin, navigateur du XIXème siècle, dont le destin, après le naufrage du navire dans lequel il était monté, fut de finir volontairement dévoré par ses compagnons afin de leur sauver la peau. C’est à cet homme que le titre qui donne son nom à l’album est dédié. A cette triste histoire répond une belle mélancolie retranscrite par le chant attendri, les effets sur les notes de guitare, les claviers et un refrain solennelle, presque liturgique, l’orgue apportant une plus-value certaine. Surtout, les remous de la mer et de la chasse au cachalot sont parfaitement illustrés par le pont récurrent où le jeu de guitare est intensément saturé ; mais la vague s’éloigne et le calme revient, il ne reste qu’une écume de notes éparses rappelant à notre souvenir la future marée. Ce sont les guitares jumelles dans un pont magistral, accompagnées de la flûte, qui chantent ce déferlement. Mais l’épopée pouvait durer : le titre dure plus d’une demi-heure sur le live Twin Peaks (1973), c’est-à-dire deux faces à l’époque. 


Commencer sur le title-track permet d’afficher toute l’ambition portée par ce second album de Mountain. Le groupe américain, qui s’était fait repérer à Woodstock, avait également frappé fort avec un premier album de hard-rock plein de tubes accrocheurs, et avait proposé une réponse saturée hautement originale à la perfide Albion. Nantucket Sleighride maintient les guitares lourdes et mélodiques, tout en explorant davantage les possibilités offertes par les instruments, en s’attardant sur la composition de thèmes épiques, quitte à parfois prendre une coloration à la limite du progressif. C’est ainsi qu’est né un chef-d’œuvre honteusement négligé du patrimoine rock. 


L’entrée en matière fait davantage figure de tsunami que de vague, avec "Don’t Look Around" qui emporte tout sur son passage par sa fougue intense. Ecoutez cette batterie, cette voix rauque, les traits de guitare, le riff surpuissant, le clavier hurleur … Alors Deep Purple ? Black Sabbath ? Même quand ils se lancent dans des titres plus conventionnels, les musiciens brillent par leur débordement d’énergie : bluesy et rock’n’roll sur "The Animal Trainer and the Toad", plutôt hard-rock au riff bien pensé sur "You Can’t get Away", au registre proche du slow west-coast sur "Lady" au refrain touchant. On revisite ainsi les 1960’s et quelques gestes hippies, ce qui n’étonne guère au regard de l’histoire du groupe – ils font même un hommage à Jimi Hendrix ("Tired Angels" lui est dédié). 


Evidemment, Leslie West est un démon à la six-corde, et Cocky Laing une machine rythmique, quand les deux chanteurs (dont West) sont imprenables. De tout cela, à travers les différents registres d’un album varié, il en sort une véritable identité sonore. 


De cette osmose peuvent également naître des morceaux vraiment époustouflants – au-delà de "Dont Look Around" et "Nantucket Sleighride" suscités. "Tired Angels" au riff marqué et aux multiples interventions de guitare, est même larmoyant (sans connotations) sur son refrain – c’est une ode à Hendrix décédé pendant l’écriture de l’album. Encore une fois, le son particulier de la guitare, les parties très mélodiques et rythmiquement marquées (Wishbone Ash saura s’en rappeler) forgent une recette divine. Que dire alors de "Travellin’ in the Dark", hymne où fusent avec précision et élégance les flèches guitaristiques qui, répondant au chant sous fond d’orgue analogique, sont envoyées tantôt avec effets de manche, tantôt avec plus de vélocité. Vous n’entendrez ça nulle part ailleurs. 


Pour de nombreux groupes, l’année 1971 est celle du magnum opus. C’est indéniablement le cas pour Mountain qui, loin d’avoir dit son dernier mot, atteint ici le sommet de son inspiration. Nantucket Sleighride est également, sans hésitation, l’une des plus belles sorties de l’année. 


 

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