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Critique d'album

The Last Dinner Party


The Pyre


(17/10/2025 - Island Records - Glam Rock, Pop Rock - Genre : Pop Rock)
Produit par Markus Dravs

Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Féminin sacré"
Quentin, le 07/07/2026
( mots)

Sorti en 2024, le premier album du quintette britannique avait fait l’effet d’une petite bombe sur la scène pop-rock, raflant un Brit Award au passage et s’attirant un succès à la fois populaire et critique. Dessinant les contours d’une musique baroque très théâtrale, le groupe londonien 100% féminin avait su proposer une musique aussi mainstream que rafraichissante digérant ses nombreuses influences (Kate Bush, Queen, The Sparks) pour produire une pop libérée des carcans mercantiles habituels. La bande emmenée par Abigail Morris se devait néanmoins de convaincre définitivement à travers un deuxième album les quelques septiques toujours prompts à taxer les figures féminines émergentes d’industry plants artificiellement façonnées par les labels.

Ce nouvel opus s’inscrit d’emblée dans la continuité du précédent et met de nouveau en scène un univers singulier mâtiné de théâtralité mélodramatique et d’imagerie religieuse où les femmes occupent le devant de la scène. L’opulence des arrangements est toujours de mise tout comme les harmonies vocales de haute volée qui impriment une marque liturgique sur l’ensemble de l’album. La production confiée à Markus Dravs (Arcade Fire, Björk, Florence + The Machine) encourage cet effet de démesure et de grandiloquence qui saisit l’auditeur dès le titre introductif aux accents bibliques "Agnus Dei" doté de mélodies à tiroir et qui bénéficie de toute l’étendue de la palette vocale d’Abigail Morris. La chanteuse est en effet toujours très en vue sur From the Pyre, habillant "Count The Ways" de ses multiples envolées vocales lumineuses avant de servir des refrains mémorables, tantôt frondeurs sur le virulent "Second Best", tantôt fédérateurs et irradiants sur "The Scythe". Modulant à l’envi ses expressions vocales, la Britannique fait coexister avec un naturel déconcertant le tempérament sombre et mystérieux des couplets de "This is the Killer Speaking" avec un refrain désarmant qui se transforme aussitôt en hymne pop.

Mais la grande force du groupe est de ne pas se limiter au seul talent d’Abigail Morris derrière le micro. Le travail collectif sur l’entrecroisement des lignes de chant est absolument exemplaire et l’album est truffé de passages brillants qui laisse l’auditeur estomaqué par la beauté des canons, notamment sur "Woman Is a Tree" qui nous fait voyager avec son souffle d’orgue et son extravagance lyrique pour mieux célébrer la force des femmes. Sur les parties solistes, Aurora Nishevci impressionne à son tour sur la ballade "Hold Your Anger" et son crescendo enivrant tandis que "Rifle" constitue assurément le sommet émotionnel de l’album. Le chant de Lizzie Mayland, qui s’adresse aux hommes et à leurs guerres incessantes, prend des allures de montagnes russes avec une intensité brulante et un superbe passage chanté en français. Si le piano est davantage mis à l’honneur sur la délicate ballade "Sail Away" qui bénéficie d’une outro particulièrement majestueuse avec ses chœurs croisés, la guitariste Emily Roberts gagne également en visibilité sur ce second album avec une présence instrumentale renforcée avec quelques riffs majeurs et surtout les soli conclusifs de "Agnus Dei" et "The Scythe". De quoi conférer une coloration plus "rock" à un album qui se clôture avec "Inferno" et son opulence instrumentale très marquée par les années 1970.

Prouvant qu’il est bien plus qu’un simple feu de paille, le groupe britannique allume avec From the Pyre un véritable feu de joie qui célèbre une pop décomplexée et créative comme on en entend trop rarement.

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