↓ MENU
Accueil
Première écoute
Albums
Concerts
Cinéma
DVD
Livres
Dossiers
Interviews
Festivals
Actualités
Médias
Agenda concerts
Sorties d'albums
The Wall
Sélection
Photos
Webcasts
Chroniques § Dossiers § Infos § Bonus
X

Newsletter Albumrock


Restez informé des dernières publications, inscrivez-vous à notre newsletter bimensuelle.
Critique d'album

Pink Floyd


Ummagumma


(25/10/1969 - Harvest - Prog éthéré - Genre : Rock)
Produit par Pink Floyd, Norman Smith

1- Astronomy Domine / 2- Careful with That Axe, Eugene / 3- Set the Controls for the Heart of the Sun / 4- A Saucerful of Secrets / 1- Sysyphus (Parts 1-4) / 2- Grantchester Meadows / 3- Several Species of Small Furry Animals Gathered Together in a Cave / 4- The Narrow Way (Parts 1-3) / 5- The Grand Vizier's Garden Party (Parts 1-3)
Note de 4/5
Vous aussi, notez cet album ! (25 votes)
Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"L'album le plus expérimental de Pink Floyd... Est-ce réellement un "désastre" ?"
Geoffroy, le 19/01/2012
( mots)

Que dire sur Ummagumma ? Les paroles de Roger Waters à son sujet ne laissent que peu de place à l’interprétation: Ummagumma ? Ce fut un désastre)… Quant à celles de Nick Mason, plus nuancées, elles ne sont pas moins réalistes: « (…) le résultat prouve, à mon avis, qu’un groupe vaut plus que les quatre membres qui le composent ». C’est certain, surtout quand on sait qu’en 1969 les membres de Pink Floyd sont bien loin des monstres virtuoses qui font la gloire des autres groupes phares du moment. C’est d’ailleurs l’une des forces du Floyd d’avoir su poser de si belles chansons et une pierre massive dans l’histoire de la musique contemporaine avec une limite technique plus que certaine, et cela relève d’une profondeur d’âme indiscutable. Mais devant Ummagumma, en choisissant de diviser leur talent d’alchimistes pour se livrer à de nouvelles expérimentations plus individualistes, le quatuor prend le risque de dévoiler ses limites et de démontrer une chose maintenant établie: que les grandes œuvres de Pink Floyd avant Dark Side Of The Moon sont celles de l’effervescence, de la rencontre et du bien être musical de quatre personnes qui avancent dans un but commun, essayant sans cesse de se dépasser quitte à se ramasser au tournant, faute d’un manque de maîtrise et de direction artistique. 


Rick Wright fut le plus enthousiaste face au projet au vu d‘une volonté de composition plus personnelle. Les trois parties de son "Sisyphus", véritable tableau de l’histoire de Sisyphe, fils d’Eole, se révèlent pourtant être les plus difficiles à écouter malgré une bonne introduction lorgnant vers le péplum sur un thème angoissant, une improvisation parfois maladroite mais assez chouette qui reflète bien la personnalité posée de son auteur, légère et charmante. Puis le chaos. Wright se retrouve à fracasser ses basses en triturant ses aigus de manière totalement déconstruite pour illustrer la première mort du roi de Crête. Rien ne nous prépare à ces enchevêtrements de bruits étranges qui se poursuivront jusque dans la troisième partie de son morceau, rendant la chose particulièrement désagréable et loin d’être à la hauteur de ce qu’il aurait pu offrir, presque aussi lourde que le rocher que Sisyphe se retrouve à trainer. 

Les passages les plus appréciables sont de loin les titres de Roger Waters et de David Gilmour qui tout en gardant une approche relativement conventionnelle et très mélodieuse, s’échappent un peu des sentiers battus au travers de techniques de collage comme avec "Several Species Of Small Furry Animals…" qui illustrera le début de la relation entre Waters et Ron Geesin, leur arrangeur. "Granchester Meadows" deviendra une pièce très utilisée par le groupe en live du fait de son ambiance bucolique ainsi que certaines parties du "Narrow Way" de Gilmour. Elles illustrent toutes deux la future propension du Floyd à inclure des passages plus folk dans leurs concerts, chose que l’on pourra observer dans les bootlegs de l’époque (le superbe The Man and the Journey).

Concernant la partie de Nick Mason, il n’est pas utile de rappeler qu’il était loin d’être l’instrumentiste le plus doué dans Pink Floyd. Sa sensibilité et ses connaissances techniques sont cependant très présentes dans le groupe et son jeu de batterie malgré tout appréciable dans ses roulements de toms imprécis et particuliers. "The Grand Vizier’s Garden Party" n’est pas désagréable à l’oreille mais sonne relativement creux. Sa femme Lindy Mason, flutiste aguerrie, l’encadre d’un thème laissant présager de bonnes choses, mais le reste ne recèle que frappes de batterie disparates et collages d’éléments sonores qui ne suffisent pas à éveiller un intérêt autre que technologique et original pour l’époque. « Ce fut en tout cas une expérience amusante et un bon exercice ».

Le disque live présente quatre pièces déjà éprouvées en concert et arrivées à maturité, dans leurs élongations les plus abouties. Malheureusement les prises de son ne sont pas à la hauteur des interprétations intenses du groupe et l’ensemble se retrouve noyé dans un manque de puissance qui le dénigre face à certains enregistrements pirates… "Astronomy Domine" sera le seul témoignage de l’ère Barrett que le Floyd continuera à présenter sur scène tout au long de sa carrière, dénué de son léger grain de folie mais excellemment interprété. "Careful With That Axe Eugene" n’était pas encore paru sur disque et les cris de Waters donnent des sueurs froides, tout comme le break oriental de "Set The Controls For The Heart Of The Sun" parsemé de frissons électrifiés sous les nappes de Rick Wright. "Saucerful Of Secrets" manque cruellement d’impact à l’instar des titres précédents malgré un final toujours emprunt de beauté céleste bien que moins intense que la version de Pompéi.


David Gilmour: « Nous pensions faire avancer la Musique, franchir une étape vers quelque chose. En fait, nous avancions dans le noir, à l’aveuglette ». C’est justement là que l‘on entrevoit l‘essence de Ummagumma. Cet album est un grand saut dans un gouffre sombre dont on ne voit pas le fond, le saut d’un groupe qui doit s’émanciper de son passé et se tourner vers un futur inconnu, sans aucun repère pour le guider. Le Roi est mort, vive le Roi. Mais que reste-t-il aux valets ? Une identité propre à définir et à fixer. Or pour Ummagumma ce ne sont qu’idées décousues jetées en pâture à la curiosité de chacun, essayant de poser quelque chose comme il le sent, dans des recherches sonores toutes nouvelles et une faculté de composition qui ne l‘est pas moins. Tout ceci possède un mérite certain: celui de continuer à avancer.

Quand on s’y laisse porter, Ummagumma n’est pas exactement le désastre auquel on veut nous faire croire. Il est certes blindé de défaut mais assoit la volonté du quatuor de ne pas se laisser bouffer par la médiocrité ou pire, la stagnation. Pink Floyd n’est pas un porte étendard du « Sex, Drugs & Rock ’n’ Roll » qui peut se satisfaire de peu, et bien qu’il soit catalogué comme un groupe de bourgeois intellos, il reste une formation qui a toujours cherché à aller de l’avant, avec ses moyens à lui sans avoir peur de se planter. Du fait de cette démarche, Ummagumma est un album important dans la discographie du Floyd, il représente une prise de risque peu commune et s‘il donne l‘impression de diviser ses membres, finit par nous faire réaliser qu‘ils travaillent toujours ensemble. Mais effectivement, si certains morceaux sont vraiment agréables et flirtent par moment avec une grand beauté, l’ensemble de l’album reste tout de même profondément inégal en terme de musicalité.


Commentaires
Pierre, le 10/01/2017 à 22:14
Rarement j'ai lu une critique aussi neutre et posée de cet album. Bravo ! Il a bercé mes endormissements adolescents après mes premiers joints, et j'ai depuis du mal a me départir de l'idée que c'est du pur genie. Mais vous avez totalement raison, c'est un album plus important du point de vie de l'histoire des floyds, que de la musique. Cependant, je vous trouve un peu dur avec les parties de mason, qui resistent au temps, je trouve, mieux que les autres.
Pascal, le 24/12/2016 à 21:01
Ummagumma est un must parce qu’il a marqué une génération avec le seul et unique Careful with that Axe. Ce titre reste une perle même aujourd’hui et il préfigure ce qu’est devenu Floyd après. C’est vrai qu’en s’essayant à la mouvance jazz-rock symphonique, ils se vautrent pour presque tout le reste de l’album. Tant mieux pour eux, pour leurs afficionados et même pour tous les autres, parce qu’il y a eu de plus en plus de perles ensuite. De toute façon dans ce mix jazz-rock symphonique parfois au bord de l’expérimental seul King Crimson a vraiment réussi l’harmonie et est un must.
Sylvain, le 05/09/2016 à 16:06
Le concept d'Ummagumma est très original et intéressant ; il ne s'agit pas d'un des chefs-d'oeuvres du Floyd mais cet album expérimental a ouvert la voie à "Atom heart mother", "Meddle" et "Dark side of the moon". A noter que la partie studio contient un vrai bijou : "The narrow way part 3", la première chanson du groupe écrite et composée entièrement par David Gilmour. Ce morceau brillant révéla l'immense talent du guitariste, qui allait jouer un rôle essentiel dans les albums suivants.
Soutenez Albumrock

Nous avons besoin de vous pour garder notre indépendance !


Publicité

Annoncez sur Albumrock


Votre publicité pour 50€/semaine


Barème
Sans intérêt
Raté
Très faible
Décevant
Moyen
Bon album
Très bon album
Coup de coeur
Excellent
Culte
Critique d'album

Pink Floyd


The Endless River


Critique d'album

Pink Floyd


The Division Bell


Album de la semaine
À lire également