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Critique d'album

Ratatat


Classics


(28/08/2006 - XL Recordings - Electro-Classic - Genre : Autres)
Produit par

1- Montanita / 2- Lex / 3- Gettysburg / 4- Wildcat / 5- Tropicana / 6- Loud Pipes / 7- Kennedy / 8- Swisha / 9- Nostrand / 10- Tacobel Canon
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Parce qu'on a le droit de ne pas aimer Air, Ratatat se charge des insatisfaits."
Elise, le 24/12/2009
( mots)

Oui, on peut aimer l'instrumental tout en n'éprouvant pas l'ombre d'un frisson sur les douces mélodies d'Air. Tout comme on peut aimer le classique, mais pas Haendel. L'instrumental, genre peu exploité en dehors des bandes-originales de film et de la "musique contemporaine", a pourtant des fidèles, sous la forme de groupes qui marient instruments de bois et de métal, et sonorités électroniques. Alors inutile de se passer en boucle les compositions arachnéenne des deux frenchies de la hipe quand on n'adhère pas, voici pour l'exemple une alternative intéressante, le deuxième album du duo new-yorkais Ratatat, Classics.

La particularité des deux américains, amateurs de remixes hip-hop à leurs heures perdues, tient dans une alchimie étonnante qui permet de reconnaître un de leur titre dès qu'on a pu entendre quelques minutes d'un autre. Non pas que le groupe se répète, mais il parvient à imprégner d'une telle identité musicale chaque strophe et chaque mouvement qu'on ne peut l'oublier. Et lorsqu'il résonne à nouveau, la connexion neuronale se fait dans l'instant, facile. Cette alchimie chez Ratatat se définit en slides de guitares à la sonorité vintage, en synthétiseur servant de basse, en l'ajout millimétré de chaque instrument, et en répétition inlassable d'une boucle sonore toujours enrichie. Le premier album éponyme du groupe, sorti en 2004, avait enveloppé cela d'un électro-rock rythmé. Si ces premières amours se retrouvent particulièrement dans le titre "Lex", morceau d'une tenue impeccable, où la guitare chante juste là où le rappeur aurait parlé faux, Classics se révèle bien plus posé, aérien et "world" que son prédécesseur.

Fruit d'une union sacrée, un guitariste et un mixeur-producteur, Ratatat est donc l'enfant d'une vraie création partagée. Ici, pas de producteur qui impose sa patte à un musicien, le duo compose et enregistre ensemble, et accessoirement dans l'appart new-yorkais de Björk. Il devait être imprégné d'inspiration, car le résultat est à la hauteur de l'attente engendrée par Ratatat. Classics est un album à la fois hypnotique et surprenant, où chaque instrument chante et parle, où chaque beat tape et claque, prouvant, si cela était encore nécessaire, qu'il n'y a pas besoin de voix humaine pour faire naître l'émotion d'une musique. Ainsi, l'ouverture avec "Montanita", et sa cadense implacable, ou le lancinant "Gettysburg", porté par une boucle aux synthés, embarquent, l'air de rien, un auditeur inattentif. Cela peut se traduire par une vraie concentration sur le morceau, ou par un regain d'intérêt, voire une nouvelle inspiration, pour ce qu'on était en train de faire. Magique. 

Mais Classics recèle aussi des morceaux plus tentateurs. De ceux qui veulent une oreille dévouée et complètement soumise. "Wildcat" et ses instruments qui feulent et se hérissent, est de ceux-là. Difficile de se détacher de l'agressive petite guitare rythmique, de la mélodie organique, et du contre-chant saturé qui vient porter le tout, passées les trois minutes. Ratatat aime aussi les violons, et mettre son synthé en mode "clavecin", créant alors une ambiance étrange, anachronique, qui se retrouve, tout aussi étrangement, nommée "Tropicana". Inutile d'imaginer le soleil, la plage ou le jus d'orange, ici rien à voir, mais tout à entendre. Sonorités anciennes et rythmique moderne se rejoignent pour un cocktail surprenant, à la fois déroutant et délicieusement enchanteur. 

Chez Ratatat, les morceaux semblent longs, tant ils sont construits sur une évolution douce. Pourtant, aucun n'arrive à cinq minutes. Etrange, mais pas frustrant, puisqu'au final, les onze titres semblent plutôt représenter les courts mouvements d'une oeuvre unique. Des guitares saturées de "Loud Pipes", à la rythmique dansante de "Kennedy" (morceau au final assez faible en solitaire), des doux arpèges de "Swisha" au groove étonnant de "Nostrand", Ratatat crée et recrée à partir de ses sonorités fétiches, tissant une trame fine et stylisée. Le mouvement final rend hommage au Canon de Pachelbel ("Tacobel Canon"), une façon de citer l'ancêtre du morceau répétitif et lancinant, et de boucler la boucle. 

Groupe encore peu connu, Ratatat ne bénéficie pas forcément de la branchitude qui fait le succès de l'électro aérien. Il pourra cependant combler ceux qui s'ennuient quelque peu (voire plus) à l'écoute d'Air et consorts. Ils ne sont pas les seuls, mais les Daft Punk sont en train de faire joujou dans l'univers de Tron et ne réapparaîtront pas d'ici l'année prochaine.

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