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Critique d'album

Rush


Permanent Waves


(01/01/1980 - Anthem - Hard Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

1- The Spirit Of Radio / 2- Freewill / 3- Jacob's Ladder / 4- Entre Nous / 5- Different Strings / 6- Natural Science
Note de 5/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Permanent Waves fête ses quarante ans : la transition exemplaire de Rush vers les années 1980"
François, le 14/01/2020
( mots)

L’écriture de cette chronique coïncide avec l’annonce du décès de Neil Peart, batteur du groupe. Son héritage est immense et, ce n’est pas tomber dans l’hommage du genre "tous les morts sont des grands hommes" que de dire qu’il fût un des plus grands percussionnistes de l’histoire du rock. Ces lignes sont donc rédigées en sa mémoire. 


Quarante ans après sa sortie, Permanent Waves, septième album de Rush, semble avoir toujours autant de choses à nous raconter. Surtout en France où le groupe canadien, pourtant considéré comme une des formations les plus talentueuses de l’histoire du rock, n’a jamais connu de réel succès. On recense à peine deux concerts sur notre sol, bilan rendu d’autant plus mince que le groupe refusait de participer à des festivals pour ne pas réduire son set qui dépasse allègrement les deux heures. 


Rush est un trio de musiciens brillants. Geddy Lee avec sa voix particulière est également un bassiste hors-pair et un adepte des synthés, qui prennent de plus en plus de place dans la musique du groupe. Le batteur, Neil Peart, possède un instrument tellement aménagé qu’il finit par l’encercler totalement, ce qui donne aux percussions une grande place et une complexité aventureuse. Enfin, Alex Lifeson est un guitariste époustouflant, mélodique et virtuose, inventif et précis. Ces trois bûcherons ont eu une influence incommensurable sur la musique populaire, de Muse à Dream Theater


Voilà pour les protagonistes, un peu de contexte maintenant. Avant 1980, le groupe avait connu deux grandes étapes dans sa carrière. Les premiers albums, jusqu’à Caress of Steel qui fait office de transition, sont orientés vers le hard-rock, dans la veine de Led Zeppelin : très solides, ils sont finement composés et restent très convaincants. Puis, vint le tournant progressif. Le groupe parvient à allier le genre au hard-rock sans tomber dans le heavy psychédélique du début des années 1970. Une vraie originalité dans cette innovation qui a donné naissance aux chefs-d’œuvre "2112", "Xanadu" ou "La Villa Strangiato" pour ne citer que quelques morceaux emblématiques. Durant la deuxième décennie des 1970’s, le groupe au pentacle (c’est leur symbole) est porté aux nues. Mais les années 1980 déferlent comme les sept plaies d’Egypte sur la scène progressive …


Avec Permanent Waves, Rush n’abandonne pas ses exigences et conserve son affiliation avec ce genre. On trouve notamment deux pièces copieuses, qui ne vont certes pas jusqu’à atteindre les vingt minutes, mais qui demeurent denses et brillamment composées. 


Ainsi, "Jacob’s Ladder" possède des lignes mélodiques de guitare toutes plus belles les unes que les autres. La construction est fondée sur une progression menée avec brio par Lifeson, seulement brisée en son centre pour une seconde partie s’offrant aux claviers, avant de revenir à un riff efficace. On est littéralement porté par ce morceau, comme traversé par la vague musicale, et les sept minutes défilent sans crier gare. De son côté, « Natural Science » propose une autre ambiance. Son introduction rappelle parfois les premiers titres progressifs du groupe, sur l’alliance arpèges/bruit d’eau ("The Necromancer" ou un pont dans "2112"). Mais c’est pour mieux offrir un thème jouant sur l’alliance arpèges/accords plaqués que Lifeson maîtrise à merveille et qui fait sa signature. D’une incroyable densité tout en étant riche en émotion, ce morceau est le sommet de l’album : pour initier un récalcitrant au rock progressif, c’est de loin l’idéal. 


Néanmoins, l’intérêt historique de l’album vient d’ailleurs : avec lui, Rush emprunte un virage destiner à se rendre beaucoup plus accessible. Dans les précédents opus, des titres plus courts apparaissaient comme autant d’aération entre des compositions plus denses. Mais ceux-ci, à l’exception de leur taille, ne contrastaient pas avec le reste. C’étaient des concentrés fabuleux de la complexité rushienne ("A Passage to Bangkok", "The Trees" …). Ici, les morceaux plus brefs sont des objets plus faciles d’approche, plus calibrés, quoique toute affirmation mérite nuance. Ainsi, "The Spirit of Radio", tube s’il en est, est l’illustration de ce nouvel état d’esprit : refrain accrocheur, riff classieux, petit passage reggae, claviers … Mais, à bien écouter l’introduction, on entend que Neil Peart n’a pas pu s’empêcher de se lâcher aux fûts et de syncoper l’ensemble. De même, le solo de Lifeson accepte des dissonances et donne dans le très saturé. Bref, tout est question d’équilibre. "Freewill" ou « Entre nous » mettent en place la même stratégie : le second lorgne parfois du côté de "Xanadu", et joue sur le contraste entre guitare électrique et acoustique pour un refrain en accalmie. Seule la balade "Different Strings" est dispensable, sans réelle consistance elle s’oublie rapidement. 


Pour se faire un peu plus easy-listening, le groupe met en avant les synthétiseurs comme jamais : en ce sens, les années 1980 laissent bien leur emprunte. Mais non seulement on est loin de l’omniprésence de Signals, mais en plus ils sont introduits intelligemment : Rush refuse d’être complètement kitsch. C’est Lee qui est aux manettes, mais il ne lâche pas son instrument de prédilection : un peu d’attention sur les lignes de basse, que la production met en avant, suffit à être rassuré et époustouflé. 


Pour les groupes des 1970’s, l’abord de la décennie suivante fut souvent complexe et synonyme de compromission. De son côté, Rush a apporté une réponse intelligente qui condamne tout fatalisme. Permanent Waves fait partie d’un binôme avec son excellent successeur Moving pictures. Plus accessibles tout en maintenant les qualités d’écriture et la tonalité progressive, ils forment une transition pour la suite de la carrière du groupe. En effet, à partir de Signals, une nouvelle ère beaucoup plus synthétique s’ouvre pour Rush, mais c’est une autre histoire. 


 

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