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Critique d'album

The Murder Capital


When I Have Fears


(16/08/2019 - Human Season - Post Punk - Genre : Rock)
Produit par Flood

1- For Everything / 2- More Is Less / 3- Green & Blue / 4- Slowdance I / 5- Slowdance II / 6- On Twisted Ground / 7- Feeling Fades / 8- Don't Cling To Life / 9- How the Streets Adore Me Now / 10- Love, Love, Love
Note de 3.5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La prouesse d'être aussi éthéré que plombant"
Mathilde, le 17/09/2019
( mots)

Climat politique pesant et maladie mentale: deux fléaux majeurs de notre époque et l'origine du nom du groupe. The Murder Capital est une formation post-punk (encore !) sortie en cette rentrée (encore !) et irlandaise (encore !). Alors quoi de neuf sur la planète de ce genre saturé, qui brasse plenty of groupes, d'autant plus en Grande Bretagne? Se réclamant de leur compatriotes Fountains Of DC et Idles, les jeunes Dublinois se sont rencontrés en fac de musique (encore ! Bon j'arrête) il y a un an et c'est le suicide d'un de leur ami qui les a orienté vers ce besoin de créer un groupe qui parlerait, entre autres, de la nécessité de prendre soin des troubles mentaux. "Incontournables" selon NME, "meilleur groupe venu d'Irlande" d'après The Irish Times, est-ce que ce groupe déjà remanié depuis cet été "really worth the hype"?


La pochette et le titre sont déjà bien raccord. Des personnes planquées sous un voile et l'inscription When I Have Fears, c'est sous forme d'un genre de tableau anxiogène de Magritte (le voile revient régulièrement dans ces toiles pour faire référence à la mort) que the Murder Capital nous fait entrer sans détour dans sa thématique. Les guitares lancinantes émergent sur "More Is Less", qui les a fait connaitre, et qui nous propulse d'emblée dans les chansons scandées en poussant sur les arytenoides. Ça force certes, mais pas pour longtemps car la voix se radoucit aux 3/4 du titre et on peut présager que ce ne sera pas un disque aussi expéditif que prévu.


"For Everything" continue à faire descendre la pression. Le côté mélodique et retenu transparaît, et c'est là qu'on capte l'intérêt de la choucroute (ou de la Guinness si on veut rester dans le thème). En fait, passée la chanson d'intro, force est de constater que l'on n'a pas affaire à un disque tendu à la Rendez Vous / Frustration, tous ces disques de post-punk qui pleuvent cet automne et dont la recette est par essence simplissime, à savoir une forte ligne de basse (l'expression "grosse basse" est faite pour le punk), une batterie accélérée et des guitares tendues aux riffs élémentaires. Soit le bon créneau pour bien ressembler au voisin.


Alors c'est avec étonnement que la suite révèle une tendance Eagulls au niveau du phrasé et une ressemblance flagrante à Echo and The Bunnymen pour la voix claire. Cela a le don d'alléger l'écoute. Mais pas les paroles (quand même). Celles de "Green and Blue" sont tirées d'un poème de Keats (When I Have Fears That I May Cease To Be, c'est dire l'optimisme) et relatent la pression que l'on peut se mettre pour réussir sa vie dans le temps imparti: "With their wings flung, the choir sung their final song today/ As the doors appear to clear the space in which she lay". La romance est aussi un biais pour The Murder Capital d'amenuir la peine, guérir les plaies, et on les découvre finalement gracieux. Le chanteur James McGovern est intense et on ne peut penser qu'à l'iconique Ian Curtis quand on le voit bouger sur scène. Mâchoire carrée et yeux fixes, il maintient une tension soutenue tout le long de la chanson comme une forme d'apnée. 


"Slowdance" plus loin rappelle The Horrors par son côté éthéré et son pendant "Slowdance II" se clôt avec un violoncelle grinçant tout droit sorti de chez les Shelby. Quand on écoute The Murder Capital on a devant nous du beyond post-punk, du chic qui dégomme sous forme de complainte au clair de lune (est-ce que tout le monde suit?), un genre de dandysme contemporain qui va plus loin que White Lies et qui tutoie Gang Of Four pour l'héritage mais avec un vrai jumelage tendance Preoccupation (anciennement Viet Cong) et MONEY ("On Twisted Ground"). "Don't Cling to Life" est le titre dansant et tubesque à écouter en boucle avec des lyrics à la scansion choisie et merveilleusement réussie ("Forego delusion to disarm/ Then dance around your lonely cave/ In my relentless state of charm/ Let's stay enclosed for all our days"). On parlait de Peaky Blinders, c'est clairement une voix à la Nick Cave que l'on perçoit sur "Love, Love, Love". Profonde, sinueuse et ne se limitant pas au séminal embryon du style, elle brasse bien loin dans la mélancolie déchirée. Pendant ce temps-là les guitares montent dans les aigus, comme une alarme, pour vite s'apaiser et laisser une ambiance romantique que le groupe manie décidément à merveille. 


Revisiter les filons du post-punk en y distillant tantôt du shoegaze, tantôt de l'élégant malaise, The Capital Murder mérite son titre de GOUROUpe actuel du genre. A instar du rugby, le groupe ramène la coupe à la maison et réussit la prouesse de faire de ces dix titres un moment suspendu et tranquille sur fond d'ambiance plombante et saturée. Une grande flopée de dates de concerts a été annoncée, il est probable que voir ces irlandais sur scène peut compléter, comme une deuxième lecture, la découverte de ce brillant album.

Commentaires
Raphaelle, le 19/09/2019 à 14:00
Très intéressant ! La voix grave rappelle the Sounds. Mais dans les sonorités je pense plus à Shame, sorti il y a un an et demi... Moins abrasif peut-être. Très bonne découverte en tout cas, merci ! :)
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In Cauda Venenum


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