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Compte-rendu de concert

Peter Doherty


Date : 13/03/2009
Salle : Cardiff University (Cardiff, Royaume-Uni)
Première partie : Dot Allison
Margaux, le 16/03/2009
( mots)

Peter Doherty, grand maître de la défonce juvénile, a fait des petits. La salle est remplie d’ados défoncés qui se cherchent désespérément un style vestimentaire dont ils auront honte en regardant les photos dans dix ans. Plus rarement, quelques sosies décharnés des frères Gallagher relèvent la moyenne d’âge. Quelques jeunes Britanniques semblent sortis de la série Skins, sales, méchants, avec leurs vêtements et leurs cheveux multicolores comme les petites pilules qu’ils ont gobées en guise de before. Totalement déchirés ils s’embrassent et poussent tout le monde. La promiscuité ne fait apparemment pas suer une fille aux cheveux rouges qui porte un manteau en fourrure. Les concerts de Peter Doherty sentent la sueur, la bière et le vomi. La menaçante Cheveux Rouges me hurle que je l’ai poussée. Ambiance.

La salle scande le nom de Peter, mais c’est Dot Allison qui arrive sous les quolibets "Where is Peeeeete ?" Le regard dans le vague, les yeux mi-clos, elle déroule un set acoustique habité, accompagné d’un deuxième guitariste. Si les chansons présentent une certaine qualité folk, le public s’agace et peste. La salle survoltée n’a pas la moindre envie d’écouter. Le "This is our last song" est accueilli par des hourras.

Une attente interminable se met en place où une voix apprend à la salle que Peter est en retard. Le public s’agglutine et se ressert. Les groupies de Doherty sont du genre acharné dès qu’il s’agit de défendre leur territoire ou de grignoter celui du voisin histoire d’être un pas plus près (de Toi mon Dieu). A peine l’artiste tant attendu sur scène, et le premier morceau retentissant, le public devient une masse mouvante, une mer d’amour pleine d’hormones. "Music When the Light Goes Out" est alors noyé par la voix des fans qui hurlent les paroles. Dès que le début de "Fuck Forever" se fait entendre, un pogo s’installe temporairement au son d’une seule guitare acoustique. Car le plus incroyable dans tout cela, c’est que Doherty est complètement seul sur scène, et rien n’a besoin d’être ajouté. La salle répond joyeusement aux célèbres morceaux issus des albums des Libertines et des Babyshambles, elle éructe littéralement sur "What Katie Did" qui mériterait la mention de classique, sur "Fuck Forever", "You’re My Waterloo", "Time For Heroes"… La marée humaine se calme uniquement lors des morceaux issus de l’effort solo, encore trop inconnus. L’album Grace/Wasteland est déroulé presque intégralement, "Sheepskin Tearaway" compris, où Dot Allison le rejoint pour un duo émouvant.

Ca fait mal de l’admettre, mais Peter Doherty est en fait une espèce de légende. Avec sa tête d’angelot tombé dans la poudre, son visage bouffi et son regard vitreux, il est loin le type mignon d’autrefois. Mais ceux qui pensent qu’il n’est que le boulet de la bande, le mec qui vomit toujours avant que la fête n’ait vraiment commencé, ceux-là ont finalement tort. D’un seul accord, il a le pouvoir d’enflammer une salle pleine qui, le poing en l’air, scande toutes les paroles. Doherty est seul, au milieu de la scène, il ferme les yeux et ne voit pas l’extase qu’il produit. Il fait comme chez lui, il a l’air heureux d’être là, comme s’il jouait tout seul dans sa chambre, englouti dans ses chansons, et se rappelait de temps à autre qu’il a un public qui l’idolâtre juste en-dessous.  Quelques moments le sortent de sa torpeur. C’est son anniversaire. Il a trente ans ce soir. La salle extatique scande un happy birthday, il ferme les yeux en battant le rythme de sa tête. Un fan lui lance un chapeau qu’il met aussitôt en remerciant l’énergumène. Il lit les pancartes que les groupies tendent en secouant la tête dans un okay compréhensif.

Peter Doherty, ce soir-là sobre et talentueux, aurait fait changer d’avis tous les sceptiques concernant son talent, tous les agacés par son je-m’en-foutisme et son comportement auto-destructeur. Avec un set pur, allant droit à l’essentiel, Peter Doherty, accompagné de sa seule guitare recouvre toute sa légitimité de génie du rock.

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