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Compte-rendu de concert

Steel Panther


Date : 11/03/2014
Salle : Le Bataclan (Paris)
Première partie : Sleekstain
Alan, le 14/03/2014
( mots)
Le Bataclan proposait une soirée rétro ce mardi soir : un retour assuré dans les années 80 qu’ils disaient et, putain ! C’était vrai… Je veux dire : regardez ces quatre blaireaux qui se noient dans la laque et qui n’ont visiblement pas racheté de fringues depuis l’été 1987. Ces mecs sont ridicules. En 2014, à l’heure de l’éphémère en mode comme en musique, qui peut bien accorder du crédit à ces bouffons ne jurant que par Mötley Crüe et Def Leppard et aller les voir en concert ? Bah, moi, déjà, et puis pas mal d'autres aussi. Le Bataclan, à défaut d’être plein à craquer, était rempli bien comme il faut. En cinq ans, et particulièrement en Europe, Steel Panther a su se construire une fanbase fidèle et dévouée qui ne pouvait se permettre de manquer ce rendez-vous : les enfants du glam nés des cendres du phénix Mötley Crüe qui a récemment annoncé sa mort programmée étaient donc de retour dans leur salle parisienne fétiche pour présenter All You Can Eat, leur prochain album attendu ce 1er avril (nope, no joke).

C’est dans une salle timidement remplie que les français de Sleekstain arrivent sur scène dans un premier temps et délivrent un set convainquant encensé par le public, qui est visiblement prêt à en découdre ce soir : la fosse du Bataclan se remplit peu à peu, rameutant de plus en plus de siphonnés du bocal désireux de sauter, pogoter et slammer de la plus belle des manières. Steel Panther n’a même pas encore pointé le bout de son nez, et pourtant le public est en délire, et Sleekstain acclamé par ce-dernier. Le chanteur et frontman, répondant au doux surnom de Ryff Raff et arborant une somptueuse chevelure dorée à faire pâlir de jalousie la gamine qui s’est invitée chez les trois ours, fait part de son émotion et remercie mille fois le public pour son accueil. Pari gagné pour les français qui, en plus d’avoir suscité une réaction très positive du public parisien, l’a gonflé à bloc pour la suite.

Welcome to the jungle

Quel regret que de ne pas avoir revêtu mon débardeur Jack Daniel’s et ma perruque orange vif ce soir : je brillais d’excentricité par la sobriété de ma tenue au milieu de ces hommes travestis en… Bon, pas en femmes, ce serait leur faire offense. Toujours est-il que messieurs les drag queens ne faisaient pas les choses à moitié, demandant d’un ton des plus enjoués à leurs comparses féminines de les maquiller. J’observe l’atelier peinture faciale pendant qu’AC/DC, Motörhead et autres Iron Maiden retentissent dans la salle. C’est d’ailleurs à la fin de "The Number of the Beast" que les lumières s’éteignent et que le riff de "Eyes of a Panther" déclare les hostilités : en moins d’une vingtaine de secondes, entre pogos et mouvements de foule, il y en a même qui parviennent à slammer sans trop de peine. Face à ce bordel ambiant, Steel Panther savoure et fait durer le final qui amène à un "Tomorrow Night" diablement efficace. Nombre de fans chantent les paroles au mot près, et se voient rejoints par l’ensemble de la foule sur les refrains. En à peine deux chansons, le taux de transpiration dans la salle dépasse les 200% : c’est aussi désagréable à l’odeur qu’au toucher, mais ça fait partie du folklore des concerts de metal, donc on prend sur soi.

On se laisse allègrement porter par le flux de la foule, c’est le bordel, tout va bien. Tiens ? Serait-ce… Non, vous n’avez pas rêvé : une fille est montée sur les larges épaules d’un mec charpenté pour montrer ses seins. Et ce n’était que la première d’une longue série : personnellement, j’ai arrêté de compter à six. Le public crie "À poiiiiiil !" tandis que le groupe fait part de sa maîtrise de la noblesse du français en lâchant des "Nichons !" et autres expressions salaces que je vous laisse le loisir d’imaginer. Cet exhibitionnisme ponctuel atteint son paroxysme à la fin de "The Burden of Being Wonderful" où, par un miraculeux hasard, un couple entame un slam pendant l’entre-deux chansons : ça ne manque pas, Michael Starr, qui trouve ici le prétexte parfait pour primenter le spectacle, interrompt son discours pour faire monter la fille sur scène. Puis une autre. Et celle-ci. Et celle-là. Plusieurs filles convergent vers la scène, si bien que le groupe se retrouve entouré d’une vingtaine de filles qui (au choix) s’embrassent sensuellement, font tomber le haut ou remuent des hanches lors du rush final avec "Gold Digging Whore", "It Won’t Suck Itself" et le désormais incontournable "Death to All But Metal" qui retourne le Bataclan sens dessus-dessous. Le rappel, quant à lui, finit de la plus belle des manières avec "17 Girls in a Row" et "Party All Day (Fuck All Night)" qui suivent à un "Community Property" catalyseur d’amour et instigateur de câlins dans la foule.

Entre lyrisme et sophistication

Allez, un florilège des plus beaux vers de Steel Panther pour la forme : "I’m going to a party tomorrow night, I’m gonna get some pussy" sur "Tomorrow Night", "I don’t wanna know who’s sucking my dick today" sur "Gloryhole" ou encore "Death to Britney Spears, kill that little slut, kill Madonna too and then fuck her in the butt" sur "Death to All But Metal". Et si ça ne se limitait qu’aux chansons… Au-delà du nombre de filles exhibitionnistes, j’ai aussi renoncé à compter le nombre de fois où j’ai entendu les mots boobs, dick et balls durant la soirée. 

Michael Starr et Satchel prennent le temps de parler à leur public : ils lui demandent s’il passe une bonne soirée, lui disent qu’il assure plus que celui de Toulouse la veille (Paris rulez) et surtout racontent leurs pérégrinations. Ainsi, on apprend que Michael a eu droit à son premier rapport sexuel à trois à l’âge de 9 ans, et ce suite à l’application des trois commandements prodigués par son père lorsqu'il en avait quatre : joue de la heavy metal music, prends de la coke avec ton père, et enfin, trouve le meilleur putain de guitariste au monde et fonde un groupe avec lui. Le sage homme serait mort d’une overdose de coke quelques années plus tard. On dit toujours que les meilleurs partent les premiers.

Les deux compères monopolisent l’attention, parce qu’ils sont way too cool, et ils le savent. Ils laissent alors l’occasion aux autres de se rattraper : c’est l’heure de gloire pour Lexxi Foxx, le/la bassiste (on ne saurait trop dire) dont le nom rime avec sexy et contient "an extra X" pour deux fois plus de sex. Lorsque Lexxi, armé de son miroir de poche, ne se recoiffe pas, ne se remet pas de gloss ou ne propose pas à tout le monde de le suivre pour aller… oui, au zoo (parce que la girafe, c’est rock ’n’ roll), il se lance dans un hair solo bien senti : il remue ses cheveux face au ventilateur, et il le fait mieux que la blonde de L’Oréal. Ça envoie moins que le solo de guitare de Satchel, mais quand même : ça le fait. Et ça le fait tellement que malgré les brimades de ses collègues, Lexxi restera le plus acclamé et le plus réclamé par le public, qui voit en lui une parfaite mascotte pour le groupe.

Death to all but metal

Redevenons sérieux deux minutes : au-delà des conneries que peut raconter le groupe et du public survolté, l’appréciation du spectacle passait aussi bien évidemment par sa musique. Rien à redire à ce niveau-là d’un point de vue technique, le groupe est en place et envoie la pâtée de la plus efficace des manières. Bon nombre de chansons sont parfaitement taillées pour le live, et on prend vite plaisir à s’égosiller sur les refrains de "Tomorrow Night", "Turn Out the Lights" ou "Death to All But Metal", ou bien à chanter a capella le premier couplet de "Community Property". Mention spéciale à "Gold Digging Whore" dont l’épellation du titre suivant le solo est du plus bel effet lorsque reprise par le public.

Musicalement, on reste relativement proche des versions studio de chaque chanson. À ce niveau, le groupe ne prend pas beaucoup de risques, et ça se ressent dans la setlist : seulement trois titres issus du prochain album, dont deux déjà disponibles ("Party Like Tomorrow Is the End of the World", "The Burden of Being Wonderful"). Steel Panther a préféré jouer la sécurité en se reposant principalement sur les fan-favorites (et encore… pourquoi avoir privilégié des titres comme "Let Me Cum In" ou "It Won’t Suck Itself" à "Supersonic Sex Machine" ?), ce qui est dommageable au concert qui aurait pu être un bon aperçu d’All You Can Eat. Après, on ne boudera malgré tout pas notre plaisir : bien que peu audacieux, rester dans les sentiers battus a tout de même ravi le public, qui a au moins pu découvrir le rouleau compresseur qu’est "Gloryhole".

Cette soirée était un grain de folie franchement nécessaire dans une routine parisienne (française ?) qui n’est désormais que trop normée et trop sérieuse. Steel Panther, au travers du prisme de la parodie et de la comédie, a d’une certaine manière réussi son pari. À savoir, réinstaurer l’espace de quelques heures une partie de la décadence du glam made in L.A. des 80’s. Et, croyez-moi, se déconnecter du cours du temps pour revenir en arrière fut pour moi une véritable bouffée d’oxygène. Un petit intermède de folie donc dans la routine du "métro, boulot, dodo" à laquelle il va maintenant falloir de nouveau se plier.

Setlist : 1. Eyes of a Panther - 2. Tomorrow Night - 3. Asian Hooker - 4. Just Like Tiger Woods - 5. Party Like Tomorrow Is the End of the World - 6. Let Me Cum In - 7. Guitar Solo - 8. Turn Out the Lights - 9. Gloryhole - 10. The Burden of Being Wonderful - 11. Gold Digging Whore - 12. It Won’t Suck Itself - 13. Death to All But Metal

Rappel : 14. Community Property - 15. 17 Girls in a Row - 16. Party All Day (Fuck All Night)
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