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Discorama 2000's : les incontournables punk/hardcore


Maxime, le 04/10/2010

2000-2001


Rancid : Rancid
août 2000

A l’aube du nouveau millénaire, quoi de mieux que de s’offrir un nouveau départ ? Faisant fi d’éventuelles bonnes résolutions, Rancid marque le coup avec ce cinquième album (éponyme comme le premier effort du groupe et par conséquent souvent surnommé Rancid 5 pour des raisons évidentes ou Rancid 2000 en référence à son année de sortie) et nous offre un voyage dans le temps sous forme de retour aux sources du punk. Car punk, cet album l’est sur toute la ligne. Un bon son bien crade qui ravira les keupons de la première heure : lourd, gras et frénétique. Avec cette nouvelle galette flanquée d’un drapeau pirate en couverture et d’un livret DIY très 80's qui évoque Black Flag ou SSD, le quatuor prend une fois encore son monde à contrepied. Si And Here Come The Wolves, truffé d’hymnes fédérateurs et construit sur un punk mélodique finalement assez accessible au grand public, avait permis aux Californiens de conquérir bon nombre de nouveaux fans , Life Won’t Wait en avait déjà surpris plus d’un par son approche mêlant allégrement influences ska et jazz. Que dire alors de ce nouvel opus qui traîne plus du côté des grandes références hardcore des années 80 comme Minor Threat ou les Bad Brains, voire fricote allègrement avec des références punk britanniques comme Sham 69 ou les Cockney Rejects ?

A la première écoute, une seule impression possible : le chaos. Car Rancid (2000) s’affirme comme un contre-break total, même pour le fan de la première heure. Deux ans après avoir déjà laissé certains amateurs sur le carreau, il fallait oser. Rancid l’a fait. Certes, le groupe avait déjà certains antécédents en termes de punk carré, notamment avec certains morceaux assez rugueux sur Let's Go et sur Rancid (1), mais rien ne laissait présager la déferlante de rage contenue dans Rancid 2000. L’album démarre de manière tonitruante avec "Don Giovanni". Pas l’opéra en italien, mais tout simplement 35 (!) secondes de concentré punk jouées à une vitesse qui ferait mourir d’envie les meilleurs pilotes de Formule 1. Rien de fantastique en soi à la première écoute, si ce n’est que le morceau annonce clairement à l’auditeur curieux ce à quoi celui-ci s’expose. On vous aura prévenu, semble brailler Lars Fredericksen! "Don Giovanni" à peine terminé, voici "Disgruntled". 25 secondes de plus au compteur et les tympans commencent déjà à souffrir. Auditeur KO en moins de deux minutes, qui dit mieux ?

Il serait fastidieux et finalement fort peu utile d’énumérer ici les 22 morceaux de Rancid (2000), expédiés en seulement 40 minutes. Vite et bien s’avère être le seul modus operandi du groupe. Mis à part quelques rares passages un peu plus légers comme "Let Go" ou "Radio Havana", l’album se profile très rapidement comme un intense concentré de punk hardcore old school rapide et abrasif. Les références au ska et au dub, très présentes par le passé, semblent ici remisées au placard. On retiendra néanmoins, entre autres, "Poison" et son chœur directement mémorisable, "Black Hawk Down" très pêchu et de loin le meilleur titre des 22, "Rwanda" et sa rythmique décalée, ou encore "Rattlesnake" lancé par un riff nerveux et emmené par un excellent Tim Armstrong dont le vocabulaire n’est toujours pas près d’en faire le gendre idéal. On notera également "Axiom", morceau partiellement instrumental ponctué d’un superbe solo qui n’est pas sans évoquer "Maxwell Murder" un des titres les plus populaires du groupe. Quelques morceaux plus faibles traînent également çà et là, comme le passable "Reconciliation" ou l’imbuvable "Meteor of War" qui sonnent franchement bâclés.

A l’heure du bilan, le bon bulletin est pour Matt Freeman qui, pour la première fois peut-être de l’histoire du groupe, atteint des sommets d’habileté à la basse en assommant son monde par sa rythmique omniprésente. Tim Armstrong est réellement percutant et Lars Fredericksen, pourtant débordé à l’époque par son travail de production avec les Dropkick Murphys et la tournée de son autre projet Lars Fredericksen & The Bastard n'a jamais paru aussi en forme et en colère qu’ici. Tout au long de ces 40 minutes de débauche d’énergie, nos trois larrons se relaient au chant, quitte à y aller à trois en même temps si nécessaire, comme sur l’excellentissime "Corruption", qui sonne comme un véritable appel à l’insurrection. On plaint surtout l’ami Brett Reed qui assume avec brio à la batterie mais a sans doute vu son espérance de vie sérieusement raccourcie après un tel effort. Conçu en famille en quelques jours seulement, Rancid (2000) est produit par Brett Gurevitz, grand ponte d’Epitaph Records et chanteur de Bad Religion, et sort sur Hellcat Records, le label de Tim Armstrong himself. Pas de promotion, pas d’interview, le quatuor se contente d’allumer la mèche de ce qui va s’avérer une grosse explosion. Quand on vous parlait de retour aux sources…

Au final, Rancid (2000) s’avère certes être une perle pour les puristes, mais reste difficile d’accès et ne démontrera son potentiel complet qu’entre les oreilles d’un public averti. On est loin ici des clichés sur le punk rock californien popularisés par certains groupes comme Blink 182, Green Day ou The Offspring. Brut de décoffrage, profilé au premier abord comme une énorme masse de bruit sans queue ni tête, Rancid (2000) n’en reste pas moins un disque marquant pour un groupe qui prouve une fois encore son incroyable capacité à se remettre perpétuellement en question. Un album dur, qui suinte la colère, au tempo très, voire trop, élevé. Marquant donc, par sa volonté d’aller à l’encontre de tout ce qu’était devenu le punk rock californien, voire américain, de l’époque. On conseillera néanmoins toujours And Out Come The Wolves, album marquant des 90's, comme introduction à l’univers déjanté du quatuor californien. Si, par contre, Rancid vous est déjà familier, un seul conseil : foncez !
Didier


At The Drive-In : Relationship Of Command
septembre 2000

A croire que, tel un message subliminal, tout était dès le début résumé en une seule image. Quant, en 2000, sort Relationship of Command, troisième album des Texans de At The Drive-In, le groupe a décidé d’orner la couverture de son album (et des trois simples qui en seront tirés) de dessins de Damon Locks basés sur la thématique du cheval de Troie. Tout comme Epéios avait construit un cheval géant en bois creux dans lequel se cachait un groupe de soldats menés par Ulysse qui allait conquérir Troie par la ruse, le quintet d’El Paso va, avec le successeur de Acrobatic Tenement et de In Casino Out, s’imposer en toute discrétion comme un envahisseur inattendu de toutes les collections de disques dignes de ce nom.

Car dix ans après sa sortie, un seul constat s’impose : Relationship of Command est bel et bien un album essentiel et la galette la plus marquante d’ATDI, groupe trop tôt disparu. Il est en effet très rare qu’un combo arrive à trouver un tel équilibre entre rage primaire et construction intellectuelle, voir intellectualisante, de sa musique. Des groupes comme Nirvana, Pixies ou Rage Against the Machine y sont certes parvenus avec la reconnaissance qu’on leur connaît depuis. Mais At The Drive-In, de son côté, a tout simplement raffiné encore cet art. La colonne vertébrale d’ATDI s’articule autour d’un chanteur unique par sa prestance, son style et son phrasé, Cedric Bixler, et d’un guitariste allumé dont on retrouvera plus tard tout le talent déglingué dans Mars Volta, Omar Rodriguez. Un bassiste, Paul Hinjos, un deuxème guitariste, Jim Ward, et un batteur, Tony Hajjar complètent le line-up de notre clique de frappadingues.

Au moment d’entrer en studio pour l’enregistrement de Relationship of Command, ATDI revient d’une épuisante tournée américaine en compagnie de Rage Against The Machine (encore!). Est-ce le contact du feu sacré ou une simple étincelle de génie qui déclenche le brasier qui va suivre ? Toujours est-il que l’album est bouclé en un temps record au printemps 2000. Produit par Ross Robinson, le Monsieur rap métal de la scène américaine des années 90 et mixé par l’incontournable Andy Wallace (Slayer, Sepultura, Fait No More, Slipknot), il sort en septembre de la même année et rencontre un succès critique et commercial immédiat, offrant enfin la consécration aux Texans. Qui décideront pourtant de mettre un terme à l’aventure six mois plus tard, pour cause de dissensions internes.

Outre le fait qu’il confirme enfin sur disque les incroyables prestations live des boys du Lone Star State, l’album combine les rouages classiques du hardcore et une approche mélodique assez inattendue, offrant au final une atmosphère riche en émotions variées, portées par des paroles très souvent aux limites de l’incompréhensible. Mieux produit et sans doute mieux balancé que ses deux prédécesseurs, ce troisième effort s’affiche certes dans une certaine continuité, mais définit de facto ce qui sera par la suite très souvent décrit comme du post-hardcore, à savoir un mélange de rythmes précis et des sons de guitare puissants accompagnés par des performances vocales qui varient allègrement du chuchotement au hurlement. Reposant sur un équilibre unique de dissonances et de mélodies et sur une alternance de rythmes lourds et de sonorités plus subtiles, Relationship of Command se démarque dès la première écoute par deux morceaux en particulier. Tout d’abord le tranchant "One Armed Scissor", à l’intro rageuse et ravageuse, morceau hardcore quintessenciel aussi efficace qu’un uppercut de Mike Tyson. Mais aussi "Rolodex Propaganda", sur lequel on retrouve Iggy Pop en invité surprise pour une sorte de ballade démente et saccadée dans les fondements mêmes du rock américain.

Il serait inutile d’énumérer en détail les treize joyaux qui composent la couronne qu’est Relationship of Command tant ceux-ci se suffisent à eux-mêmes et définissent par leur agressivité et leurs perpétuels changements de tempo le vent nouveau que ATDI parvint à faire souffler sur le monde du punk/hardcore de l’époque. On soulignera néanmoins le tribal "Arcarsenal" qui ouvre l’album par une rythmique plombée annonciatrice de la catharsis à suivre, l’excellent "Enfilade" qui voit le retour d’Iggy Pop "le kidnappeur" pour une chanson aux paroles une fois encore décalées, ou encore l’émotionnel "Non Zero Possibility", morceau fleuve qui prouvera une fois pour toutes aux détracteurs du genre qu’un morceau peut être brutal tout en évoquant les sentiments les plus nobles. On retiendra également le déchirant "Invalid Litter Dept" qui contient d’authentiques témoignages de femmes mexicaines de Juarez, sur les viols et les meurtres perpétrés impunément par les propriétaires des Maquildoras, ou encore le renversant "Mannequin Republic", véritable tir de barrage emmené par un riff de guitare tout simplement parfait.

Marquant, engagé politiquement, parfois arrogant mais souvent brillant, Relationship of Command a depuis sa sortie souvent servi d’étalon de mesure pour bon nombre de productions du même genre. Voilà sans doute la seule consolation à la fin de carrière trop précoce du groupe : partir au sommet de sa gloire a offert à At The Drive-In un piédestal éternel dont personne ne les fera descendre facilement. Parfois comparé au Zen Arcade de Husker Dü pour l’effet d’ovni rock perçu à sa sortie et pour sa capacité à rendre fidèlement compte du potentiel live du groupe, Relationship of Command s’avère en effet presque parfait. Une collection décapante de morceaux punk nerveux et rapides teintés d’aggro rock, basée sur des riffs bien sentis et parsemée d’explosions sonores de pure passion hardcore. Bref, un album qui vous enverra au ciel à la vitesse d’un boulet de canon. L’atterrissage n’est, lui, pas prévu.
Didier


The Offspring : Conspiracy Of One
novembre 2000

The Offspring. Pour beaucoup, un énième groupe de Californiens attardés pour une jeunesse qui l’est tout autant et pourtant, nombreux sont les musiciens de la dernière génération à se revendiquer de leur influence, notamment en terme d’éveil musical. Une musique d’une simplicité déconcertante qui ne demande pas à être réfléchie ou analysée, mais appréciée pour ce qu’elle est : une déferlante d’énergie à l’efficacité redoutable capable d‘offrir à chacun le désir de s‘ouvrir aux délices sonores. Révolte adolescente, vision incisive de la grande Amérique, déconne et production dopée à souhait qui ont marqué les années 90 avec notamment l’album Smash sorti en 1994.

Mais voilà, six ans plus tard, The Offspring est devenu un groupe au succès colossal, porte parole d’une jeunesse pleine d’acné, utilisant sans vergogne la formule qui lui a permis de toucher au grand public allant jusqu’à sortir son propre plagiat avec Americana (1998). Mais le plaisir de l’écoute reste le même et avec Conspiracy Of One (2000), la production grimpe encore d’un cran et propulse le punk rock FM made in California dans les charts, entamant une écoute linéaire et furieuse par un "Come Out Swinging" pulsant sauvagement dans les baffles. Une nouvelle fois, rien de révolutionnaire, mais The Offspring possède ce petit quelque chose qui les place au dessus de toute cette génération de pop punk insupportable, peut être la voix unique de Dexter Holland et ses contrechants accrocheurs ou tout simplement une musicalité plus poussée malgré la simplicité. "Original Prankster" remplit son office de single dansant et stupide, ainsi que "Want You Bad" celui de chanson d’amour énervante, mais dés "Million Miles Away" la teneur change de bord et vient se loger dans un registre plus lent et nuancé, moins joyeux et insouciant, faisant des trois morceaux suivant les plus intéressants de l’album en terme de mélodie ("Dammit I Changed Again", "Living In Chaos", "Special Delivery"). La tension redescend quelque peu avec un autre titre débile et expéditif ("One Fine Day") avant de se replacer dans cette ambiance réempruntée aux anciens albums et ses questions de jeunesse. On retombe ainsi sur une véritable perle aux riff sombre et puissant ("Vultures"), d’autres morceaux rapides et moins entêtants que les habituels tubes ("All Along", "Conspiracy Of One") et des passages trainant en longueur malgré quelques bonnes idées ("Denial, Revisited", "Huck It").

The Offspring a évidemment perdu de sa superbe depuis Smash et Ixnay Of The Hombre, leurs albums se dégradant peu à peu vers un sentiment de lassitude inévitable, desquels ressortent de bons morceaux et dans ce sens, on peut dire que Conspiracy Of One est véritablement le dernier de leurs disques à rester un minimum homogène et dans la veine de ses prédécesseurs, les prochains se révélant de plus en plus difficiles à digérer, ceci peut être dû à l‘âge malgré tout grandissant de leurs auteurs. Cet album introduira les plus jeunes aux joies de la musique saturée sans prise de tête et rappellera de bons souvenirs aux moins jeunes, cette époque innocente et navrante du collège où l’on devait absolument s’évader pour ne pas devenir taré au milieu de tous ces cons.
Geoffroy


Me First And The Gimme Gimmes : Blow In The Wind
mars 2001

A l’heure où les super-groupes pullulent sur les scènes et que le nouveau jeu semble être à celui qui réussira à réunir le plus grand nombre de rock star dans la même formation, il ne faudrait pas oublier que le petit monde du punk a franchi le cap depuis belle lurette. Son groupe all-stars, cela fait plus de dix ans qu’il existe et qu’il s’amuse à reprendre les standards du genre en les recrachant à la sauce punk californienne.

Cover band en version Deluxe, le combo peut déjà se vanter de réunir dans le même van la fine fleur du punk potache. Joey Cape (guitare) et Dave Raun (batterie) issus de Lagwagon, Chris Shiflett (guitare) en tant qu’ancien No Use For A Name ayant depuis rejoint les Foo Fighters, Spike Slawson (chant) en provenance des Swingin’ Utters et l’incontournable Gros Mike de NOFX (basse) afin d’être vraiment certain du second degré de l’entreprise. Et depuis 97, ces cinq énergumènes ont pris le parti de revisiter les classiques de la musique grand public avec comme seul objectif, mis à part celui de faire souvent pire que les originaux, de ne se limiter qu’à un genre par disque. Si Have A Ball refaisait le portait aux hits des années 60-70, si Are A Drag martyrisait les comédies musicales ou si Take A Break se chargeait de la soul et du R&B, leur principal méfait reste encore Blow In The Wind, album vomissant sans retenue sur les pompes du rock FM des 60’s.

Et comme à son habitude, ce gang de joyeux branleurs ne fait pas dans la dentelle. Tout le monde en prend pour son matricule. De Cat Stevens qui voit son "Wild World" prendre un cours de débauche, jusqu’aux Beatles dont les oreilles des survivants doivent saigner dès que cette version de "All My Loving" débute. Scott McKenzie ne doit surement pas se rappeler avoir écrit "If you're going to Stinky's peepshow, Summertime is nice with wild wild hair" sur le dernier couplet de "San Francisco" et si Dusty Springfield était encore de ce monde, elle aurait du mal à reconnaître sa niaiserie phare "I Only Want To Be With You". Au fond, chaque titre est l’occasion de sourire un peu. "Runaway" débute sur des airs de surf music avant d’accélérer le tempo comme il se doit alors que "Who Put The Bomb" doit sûrement être un choix de soir de cuite. Et même si cela semble difficile à croire, vous en connaissez beaucoup qui arrive à mixer le "London Calling" des Clash sur "Elenor" de The Turtles ?

Après un rapide tour du propriétaire, on se rend rapidement compte que le groupe ne s’est pas formé pour faire étalage de ses talents de composition. Non. Me First And The Gimme Gimmes n’est qu’une bonne grosse blague qui a bien tourné. Tout le contraire d’un Chickenfoot. Car les types ont bien compris que tant qu’ils nous garantirons une bonne tranche de rigolade, leur petite aventure pourra continuer. Et pour le moment, on reste bel et bien partant.
Jérôme
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