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Discorama 2000's : les incontournables punk/hardcore


Maxime, le 04/10/2010

2002-2003


Transplants : Transplants
octobre 2002

Que se passe-t-il lorsque deux gros clients du punk américain décident de collaborer sur un nouveau projet musical ? La réponse est simple et s’appelle Transplants, soit l’un des meilleurs disques de rock hybride des 10 dernières années. D’un côté Tim Armstrong, leader des énervés Rancid, de l’autre Travis Barker, batteur acclamé de Blink 182, groupe de punk-rock pour midinettes. Lassés de leurs aventures musicales respectives, les deux hommes s’associent à un troisième, Rob Ashton, roadie de Rancid, pour une nouvelle expérience qui change à jamais la face de la musique. Du punk des origines il ne reste pas grand chose, sinon la démarche. Essayer de créer un son rock’n’roll nouveau, comme un pont entre le hip-hop, un rock dur et une électro tapageuse.

La recette peut paraître simple au premier abord et a été maintes fois utilisée par Run DMC, Rage Against The Machine ou Limp Bizkit. Transplants bouleverse la donne grâce à un éclectisme sans pareil qui fait de chacune des pistes de cet album éponyme un univers à part entière, avec ses propres règles. Il y a par exemple un fossé entre "Diamonds And Guns", le tube pop trop utilisé par les publicitaires, et "One Seventeen", morceau presque métal, d’une urgence rare. Cette rage propre au disque, le groupe la doit en partie au phrasé de Rob Ashton, inconnu jusque là, d’une virulence incroyable, à croire que le monsieur est vraiment très énervé. A cela s’ajoutent les rythmiques toujours justes de Travis Barker, et le chant de Tim "patate chaude dans la bouche" Armstrong. A travers douze tableaux, l’album dépeint un monde profondément urbain, où des guitares aiguisées s’accordent aux boucles électro froides, tout en intégrant ici et là des éléments hip-hop. De "Quick Death", brûlot punk underground, à "Down In Oakland", qui revisite la country, l’auditeur voyage d’un titre à l’autre sans se soucier des frontières musicales. Un classique qui, dix ans après, procure toujours la même impression d’assister à un défrichage du paysage rock à grands coups de machette. Chapeau messieurs !
Pierre

lire la chronique de l'album


Lofofora : Le Fond et la Forme
janvier 2003

Si nos compères anglophones nourrissaient l’envie de s’intéresser à notre culture musicale d’aussi près que nous la leur, ils seraient tout autant bluffés par la teneur de cet album que nous l’avons été avec les Ramones. Pas vraiment du punk, pas exactement du metal, peut être un peu de hardcore, mais Lofofora est sans aucun doute la valeur la plus sure de la fusion hexagonale. Un style incisif, des paroles à couper le souffle et un chanteur au charisme dantesque, fascinant quiconque choisit de s’imprégner de la musique du quatuor. Avec cet album, Lofofora change un peu la donne et se dirige vers des sphères plus personnelles, continuant à cracher son venin tout en y conférant une valeur introspective et viscérale. Deux nouveaux musiciens y font leur introduction en les personnes de Daniel Descieux et Pierre Belleville, respectivement guitariste et batteur, faisant ainsi évoluer le son dans une direction plus lourde, plus puissante mais aussi plus technique.

Une intro triballe d’une précision redoutable une déferlante de saturation soutenue par un chant grave et direct ("Le Fond et La Forme"), suivie d’une structure lente propice aux phrasés hip-hop ("Série Z") montrent que Lofofora a porté à maturité tout ce qu’il a construit cette dernière décennie. On se rapproche d’un metal teinté de passages plus subtils qui n’oublient nullement le groove d’antan et les parties sensuelles qui font de Reuno Wangermez l’un des chanteurs les plus incroyables de la scène rock française. Une touche d’espoir s’insinue dans des textes courroucés, d'abord explicites et soudain imagés, une teneur plus poétique enlaçant une renaissance mélodique touchante dans des envolées intenses et éthérées ("Autopilote"). La basse de Phil Curty est agressive et mélodieuse, ses doigts se déplaçant sur le manche avec une fluidité dingue et complétant parfaitement le rythme mis en place par Pierre Belleville ("Alarme Citoyens"). Comme toujours, la rythmique sait se faire de plomb, ravageant tout sur son passage à coup de riffs coupants et de paroles déchirées, témoins d’un renouveau sonore et d’une verve qui n’en démord pas ("Psaume Cac 40", "Carapace"), mais apprend également à se faire calme et réfléchie, permettant à Reuno d’user de sa voix suave et lascive sous des guitares aux notes charnelles ("Histoire Naturelle"), voire de s’essayer aux accents ragga, jouant la mélodie sur un rythme simple et basique ("Comme A La Guerre").

Plus rentre dedans qu’auparavant, jouant plus sur l’atmosphère peut être, en tout cas toujours acerbe et acide, Lofofora change la forme mais pas le fond, faisant de cet opus un véritable pavé dans le paysage sonore français. Si vous passez outre le mur de son et la grande gueule de Reuno, vous pourriez facilement tomber dans la fougue d’un groupe humble et humain à la gamberge des plus respectables qui vous fera vibrer de toute sa puissance et virulence. Une parfaite harmonie entre violence et sensibilité
Geoffroy


NOFX : The War On Errorism
mai 2003

Considéré par certains comme une vulgaire bande de clowns alcooliques et amateur de blague potache, NOFX n’a jamais été réellement reconnu pour ses engagements politiques ou ses idées révolutionnaires. Forcément, jusqu’à présent, les sujets de conversation préférés de Fat Mike semblaient être d’un tout autre niveau : potes, défonce et lesbiennes. Rien de choquant venant d’un des rares groupes survivants de la scène punk californienne de la fin des années 80, débuts des années 90, mais pas non plus de quoi leur filer le prix d’intellectuels de l’année. Mais pourtant, il faut croire qu’en ce début des années 2000, quelque chose a fini par germer dans cette grosse tête boursouflée. Après un Pump Up The Valuum mou du genou et formaté comme ce n’est pas permis, les quatre compères semblent avoir enfin décidé de s’exprimer sur la politique de leur pays menée par leur grand (sic) président de l’époque. Et si on peut toujours se demander si cette prise de position n’est pas qu’un moyen de surfer sur la vague contestataire, reconnaissons au moins que Mike, Melvin, Erik et El Hefe ne font pas les choses à moitié.

Rapidement alpagué par le FBI pour un t-shirt à l’effigie de Georges W mentionnant "Not My President", le groupe n’est pas du genre à se laisser intimider. Le mot d’ordre de The War On Errorism est même plutôt clair. "Somewhere in Texas, there is a village without its idiot". Pour leur premier opus sur la structure Fat Wreck Chords, le passage à l’âge adulte est de mise et il est temps de pointer du doigt certains dysfonctionnements : l’ignorance de masse du peuple Américain sur un "Idiots Are Taking Over" balancé toutes cordes en avant, la politique globale du pays sur le tube en puissance "Franco Un-American" ou sur "Re-gaining Unconsciousness" dont les paroles ont dû faire réfléchir les derniers rétracteurs. Mais pas seulement. Fat Mike souhaite également régler ses comptes avec la scène punk actuelle avec l’excellent "The Separation Of Church And Skate" et égratigner au passage certains groupes qui se reconnaîtront dans "Medio-core". L’écriture est d’une rare finesse et, sans non plus se prendre pour Chomsky, le type montre qu’il est tout à fait capable d’aborder certains thèmes sensibles sans dénaturer la force d’impact de NOFX, ni cette capacité à pondre des hymnes punk basés sur l’urgence et les mélodies.

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la côte de popularité du groupe ne cesse de croître depuis 1988. Avec The War On Errorism, les types auraient pu être taxés d’opportunistes si les événements qui suivirent ne montraient pas une structure toujours plus engagée avec la sortie des compilations Rock Against Bush volume 1 et 2 suivies de la tournée du même nom. Reste que si le virage pris par le groupe a pu en surprendre certains, cette petite pointe de renouveau n’est vraiment pas pour nous déplaire.
Jérôme


The Distillers : Coral Fang
octobre 2003

La parité est rarement de mise dans le rock’n’roll. La faute à un milieu ultra viril, où la pose, les tatouages et les excès ont souvent valeur de code d’honneur. Quelques demoiselles parviennent heureusement à prouver le contraire. Brody Dale, leader des Distillers, appartient à cette catégorie de femmes insoumises. Ecorchée a vif, tatouée, elle s’échine avec son groupe à construire un son violent et à brailler son mal être. Les deux premiers albums sortis en 2000 et 2002 en sont la preuve. Coral Fang, troisième opus du groupe, voit le jour en 2003, dans une période tourmentée. Brody est alors en instance de divorce avec Tim Armstrong, chanteur de Rancid, plus ou moins correct avec la demoiselle, partie entre temps se réfugier dans les bras du grand Josh Homme. Les insultes fusent. Parallèlement le groupe signe sur une major, symbole de compromission. Attitude que les fans pointent violemment du doigt. Comme pour leur donner raison, la maison de disque censure vilainement l’artwork ornant la pochette du disque. La vierge éventrée suspendue à une croix est remplacée par une troupe de gentils animaux pour un résultat volontairement kitsch.

Tant bien que mal, la galette fini par arriver dans nos platines. Le rageur "Drain The Blood" ouvre la danse et donne immédiatement le ton d’une évolution surprenante. Terminé le bruit, les membres du groupe s’évertuent désormais à livrer un son, plus rock que punk, construit et riche en mélodie. Certes, Brody Dale sait encore cracher ses tripes, mais elle a su parsemer la galette de chœurs aguicheurs et de ponts très efficaces. Et ça fonctionne. Cette plus grande lisibilité dans les morceaux permet à l’auditeur de (re)découvrir une des voix les plus sexy que le rock ait jamais enfanté. Nourri à la cigarette et à l’alcool, le timbre éraillé de Brody est une ode à l’insurrection et à la sensualité. Furieux sur "Deathsex", puissamment érotique sur "Love Is Paranoid" ou déprimé sur "The Gallow Is God", il est la pièce maîtresse de Coral Fang. Autour de lui, guitares saturées, basses rondes et rythmiques punk s’affairent à électriser l’air. La richesse des arrangements et la qualité des mélodies apportent une belle profondeur à l’ensemble. L’auditeur en recherche de sensations fortes en redemande, depuis sept ans.
Pierre


The Mummies : Death By Unga Bunga!!
novembre 2003

Aucun groupe n'a jamais aussi bien incarné l'esthétique "Do It Yourself" chère aux punks rockers de la première heure que le quintette californien The Mummies. Remettant le "gimmick band" au goût du jour au début des 90's en s'affublant de costumes de momies, ces apôtres du budget rock (un terme de leur invention) redonnent à l'amateurisme musical tout son sens. Enregistrements lo-fi sur matériel bas-de-gamme, tournées chaotiques, attitude scénique impertinente au possible, tout est mis en œuvre pour rejeter toute tentative d'un quelconque professionnalisme. Une véritable piqure de rappel pour les oublieux de la chose rock en somme. S'inspirant de la surf music, du frat-rock, du garage rock des 60's et du punk originel comme du garage-punk des Mighty Caesars de Billy Childish, alors précurseurs du garage punk cru 90's, le groupe sort au début des années 90 une poignée d'EPs et deux LPs sous-produits et enregistrés dans divers entrepôts, fonctionnant sur l'association explosive des guitares fuzz, de l'orgue et du chant psychotique de l'excentrique Trent Ruane (également organiste du groupe), et acquiert un important succès d'estime chez les amateurs de garage punk, chez qui les 45 tours du groupe s'arrachent.

Seulement voilà, le groupe se sépare dès 92. A partir de là, il ne se réunira que pour donner quelques concerts épars (dont un à Paris en juin 2009), et ne sortira qu'un unique album, Death By Unga Bunga!!, en 2003, sur le label Estrus Records. Portant l'inscription "Fuck Vinyl" au dos de la boîte, l'album sort, chose inédite chez ces ardents défenseurs de l'acétate, sur format CD. Alors bien sûr, c'est indiscutablement moins "hip" d'écouter les Mummies sur CD, mais au moins les enregistrements déments du groupe deviennent tout à coup franchement plus accessibles. Pour ce qui est du contenu de la providentielle galette, pas de surprise majeure à l'horizon (et à vrai dire, on n'en attendait pas moins). Le groupe navigue entre ses influences habituelles, du garage rock de "Your Love", chouré aux Troggs, au frat rock ("A girl like you", "Doin' The Kirk") ou au garage punk énervé ("I'm gonna kill my baby Tonight", "Stronger Than Dirt"), en passant par le très stoogien "(I should better Be Looking For) Dangerman". Gorgées de fuzz, expédiées plein pot sur le beat du batteur Russel Quan, les compositions du groupe, qui ne dépassent que rarement les 2 minutes (l'album compte 22 pistes en l'espace de 44 minutes), font mouche à chaque coup. Une acquisition indispensable donc, d'autant qu'outre ce Death By Unga Bunga!!, les enregistrements du quintette momifié sont quasi-introuvables. Vous voilà prévenus.
Thomas
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