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Le Stoner Rock Français


"La France est décidément un drôle de désert. Partout en Europe, de luxuriantes scènes rock accueillent les combos les plus modestes pour que germent leurs stances électriques. Et parmi ces multiples foyers, un trou béant défigure le continent. Bienvenue en Hexagone, patrie des chanteurs existentiels et de l’alterno altermondialiste. Adepte de binaire, tu peux toujours crever de soif, rien ne viendra étancher ton envie de guitares stridentes et de mélodies convulsives, si ce n’est de maigres poches de résistance ici ou là. Et c’est alors qu’on se met à prêter un peu l’oreille. Un lointain grondement traverse le sol. C’est désormais officiel, il semble que notre beau pays se mette enfin à troquer son pot-au-feu et son Bordeaux pour un steak de coyote assorti d’un petit jus de cactus. De Calais à Marseille, de Caen à Nancy en passant par la capitale, des formations locales croisent le fer, donnant naissance à une certaine idée du stoner rock à la française. La France s’est mis timidement au stoner, à la fin des années 90, avec des groupes comme Carn, Space Patrol ou Low Vibes, formations courageuses mais éphémères cantonnées dans un underground austère, fragiles comètes oubliées de tous, vierges de toute postérité. Puis soudain, en plein été 2002, un monolithe en provenance du désert californien s’abat sur la planète. Queens of the Stone Age publie le mémorable Songs For The Deaf et ceux qui avaient négligé la chose tombent des nues. A rebours, on découvre Kyuss, les Desert Sessions, Unida, Masters of Reality, puis Monster Magnet ou encore Nebula. Et les figures s’allongent et les yeux n’en finissent pas de s’écarquiller. Comment avait-on pu laisser négliger ça ? Même en France le phénomène ne passe pas inaperçu. Sur le web les formations pullulent. Qu’elles s’inscrivent ou non dans le sillage de l’œuvre de Josh Homme, peu importe puisque désormais, on sait qu’elles existent, et ce sont de petites oasis qui se mettent à pousser comme des champignons. Des combos hallucinés apparaissent, revendiquant le haut patronage du hard rock seventies tandis que d’autres formations voient affluer un tout nouveau public à leurs concerts. Certes, rares sont ceux qui se revendiquent explicitement du stoner. Encore mal (re)connue, la richesse du mouvement n’est pas encore saisie par tous, y compris par les groupes qu'on désigne comme tels. D'ailleurs, ce dossier montre toute la diversité du mouvement, ceux qui pensent avoir affaire à 15 clones de Kyuss en auront pour leurs frais. Pas de rapprochements faciles et rapides entre l'instrumental volumineux et virtuose de Glowsun, le robot-rock malade de Loading Data ou le garage rock obèse de Zoe. De même, tout un univers sépare les vétérans de Blackstone et les jeunes trublions d'Alcohsonic. La plupart de ces groupes n’ont ni label, ni maison de disques pour les soutenir, et galèrent tous à leur niveau pour obtenir des dates, rament pour trouver un local de répètes. Mais se font plaisir et font plaisir, dans une indifférence quasi-générale. On est loin d’une pépinière ciblée à la Naast-Plasticine ou d’une niche néo-metal ou hardcore. On assiste aux premiers frémissements de la naissance d’une scène heavy rock. Rien de comparable à ce que l’on peut voir en Allemagne, en Angleterre ou dans les pays scandinaves, mais il est désormais de plus en plus fréquent de pousser la porte d’un petit club et de se retrouver nez-à-nez avec une bande de trublions désossant de la Les Paul sous des rythmiques obèses. Et cet embryon commence à bouillonner sévère. On commence à parler de Loading Data à l'étranger, Glowsun va présenter un de ses titres sur la compliation d'un label stoner, Alcohsonic fait grimper sa côte lors des tremplins rock, The Howling prépare un premier album attendu... Ça valait bien un dossier pour faire l’état des lieux de cette poussée ourdie depuis les caves des rades les plus minables : 15 groupes présentés, plus d’une centaine de titres écoutés, des kilomètres de bitume arpentés, un journaliste de Rock & Folk consulté, un patron de label interrogé, bref, un travail de fond de plusieurs mois pour ramener à la surface quelques pépites dormant dans les profondeurs de l’underground français. On retient son souffle. Et on plonge. Illustrations : ADAQ "
Maxime, le 31/07/2007
La France est décidément un drôle de désert. Partout en Europe, de luxuriantes scènes rock accueillent les combos les plus modestes pour que germent leurs stances électriques. Et parmi ces multiples foyers, un trou béant défigure le continent. Bienvenue en Hexagone, patrie des chanteurs existentiels et de l’alterno altermondialiste. Adepte de binaire, tu peux toujours crever de soif, rien ne viendra étancher ton envie de guitares stridentes et de mélodies convulsives, si ce n’est de maigres poches de résistance ici ou là. Et c’est alors qu’on se met à prêter un peu l’oreille. Un lointain grondement traverse le sol. C’est désormais officiel, il semble que notre beau pays se mette enfin à troquer son pot-au-feu et son Bordeaux pour un steak de coyote assorti d’un petit jus de cactus. De Calais à Marseille, de Caen à Nancy en passant par la capitale, des formations locales croisent le fer, donnant naissance à une certaine idée du stoner rock à la française. La France s’est mis timidement au stoner, à la fin des années 90, avec des groupes comme Carn, Space Patrol ou Low Vibes, formations courageuses mais éphémères cantonnées dans un underground austère, fragiles comètes oubliées de tous, vierges de toute postérité. Puis soudain, en plein été 2002, un monolithe en provenance du désert californien s’abat sur la planète. Queens of the Stone Age publie le mémorable Songs For The Deaf et ceux qui avaient négligé la chose tombent des nues. A rebours, on découvre Kyuss, les Desert Sessions, Unida, Masters of Reality, puis Monster Magnet ou encore Nebula. Et les figures s’allongent et les yeux n’en finissent pas de s’écarquiller. Comment avait-on pu laisser négliger ça ? Même en France le phénomène ne passe pas inaperçu. Sur le web les formations pullulent. Qu’elles s’inscrivent ou non dans le sillage de l’œuvre de Josh Homme, peu importe puisque désormais, on sait qu’elles existent, et ce sont de petites oasis qui se mettent à pousser comme des champignons. Des combos hallucinés apparaissent, revendiquant le haut patronage du hard rock seventies tandis que d’autres formations voient affluer un tout nouveau public à leurs concerts. Certes, rares sont ceux qui se revendiquent explicitement du stoner. Encore mal (re)connue, la richesse du mouvement n’est pas encore saisie par tous, y compris par les groupes qu'on désigne comme tels. D'ailleurs, ce dossier montre toute la diversité du mouvement, ceux qui pensent avoir affaire à 15 clones de Kyuss en auront pour leurs frais. Pas de rapprochements faciles et rapides entre l'instrumental volumineux et virtuose de Glowsun, le robot-rock malade de Loading Data ou le garage rock obèse de Zoe. De même, tout un univers sépare les vétérans de Blackstone et les jeunes trublions d'Alcohsonic. La plupart de ces groupes n’ont ni label, ni maison de disques pour les soutenir, et galèrent tous à leur niveau pour obtenir des dates, rament pour trouver un local de répètes. Mais se font plaisir et font plaisir, dans une indifférence quasi-générale. On est loin d’une pépinière ciblée à la Naast-Plasticine ou d’une niche néo-metal ou hardcore. On assiste aux premiers frémissements de la naissance d’une scène heavy rock. Rien de comparable à ce que l’on peut voir en Allemagne, en Angleterre ou dans les pays scandinaves, mais il est désormais de plus en plus fréquent de pousser la porte d’un petit club et de se retrouver nez-à-nez avec une bande de trublions désossant de la Les Paul sous des rythmiques obèses. Et cet embryon commence à bouillonner sévère. On commence à parler de Loading Data à l'étranger, Glowsun va présenter un de ses titres sur la compliation d'un label stoner, Alcohsonic fait grimper sa côte lors des tremplins rock, The Howling prépare un premier album attendu... Ça valait bien un dossier pour faire l’état des lieux de cette poussée ourdie depuis les caves des rades les plus minables : 15 groupes présentés, plus d’une centaine de titres écoutés, des kilomètres de bitume arpentés, un journaliste de Rock & Folk consulté, un patron de label interrogé, bref, un travail de fond de plusieurs mois pour ramener à la surface quelques pépites dormant dans les profondeurs de l’underground français. On retient son souffle. Et on plonge. Illustrations : ADAQ
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Deftones


Ohms


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2000. Après deux albums beaucoup plus bruts de décoffrage, Deftones sort son magnum opus, White Pony, considéré par beaucoup comme l’un des sommets indépassables de ce curieux courant musical aujourd’hui moribond qu’est (que fut ?) le nü métal, fruit de cette improbable alchimie entre les guitares ultra-distordues à la Meshuggah qu’affectionne Stephen Carpenter et la new wave des The Cure, Duran Duran et autres Bad Brain dont raffole Chino Moreno, lequel met dès lors un point d’honneur à tempérer ses hurlements par des phases chantées en apesanteur. Cette union des contraires permet au gang de Sacramento de survivre dignement alors que les Korn, Limp Bizkit, Incubus et autres Linkin Park mordent successivement la poussière, de gré ou de force. Vingt ans plus tard, que reste-t-il de la verve deftonienne, de cet entre-deux si saisissant, de cette bouillonnante association de talents ? Eh bien force est de constater que la machine infernale californienne fonctionne du feu de Dieu, et ce ne sont ni le précédent Gore, ni l’actuel Ohms qui viendront démentir cette affirmation, bien au contraire.

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