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Plein de bougies bougies : Pop Satori, Etienne Daho


Etienne, le 01/04/2016

Par Raphaëlle

Album : Pop Satori - Artiste : Etienne Daho: - Date de sortie : 1er avril 1986 - Producteurs : Etienne Daho, Arnold Turboust, Rico Conning - Label : Virgin - Chronologie : 3ème album studio

Vous avez forcément déjà entendu parler d’Etienne Daho, pas forcément de façon flatteuse. Pour vous, Daho, c’est de la musique ringarde, le pendant français de Depeche Mode pour l’international. En ce qui concerne Pop Satori, force est de reconnaître que cela n’est pas forcément erroné. De la même façon qu’un jour, à Albumrock, on prendra le temps de vous expliquer pourquoi il convient d’accorder un peu de respect à Depeche Mode, prenons le temps de cette chronique pour remettre les points sur les "i". Il est intéressant que sur le même jour sur la home page d’Albumrock, vous puissiez voir le compte-rendu d’un concert de Grand Blanc et la chronique anniversaire de cet album de Daho. Pop Satori jette en effet les bases de la pop française depuis près de 30 ans. Pourquoi ?

Daho a débuté au Transmusicales de Rennes avec un groupe appelé Entre les deux fils dénudés de la dynamo. Rien que le fait d’être monté sur scène avec un nom pareil force le respect, non ? Après le succès colossal de La notte, la notte en 1984, Daho se doit de proposer un disque à la hauteur des espérances du public. Il part donc en Angleterre pour collaborer avec William Orbit, leader du groupe anglais Torch Song (et futur producteur de Ray of Light de Madonna). Leur collaboration est notoirement houleuse, ce qui laisse Daho finalement seul avec son producteur Arnold Turboust (déjà aux manettes de La notte, la notte).

Si Pop Satori est resté culte, ce n’est probablement pas grâce à son charme suranné. Soyons honnête, il n’a pas très bien vieilli. La première piste, "Satori Theme", résume à elle seule l’étendue du carnage : tous synthés dehors, Daho scande des paroles improbables ("Mais la pop Satori n’est pas un plat qui se danse froid"). Pourtant, c’est là tout le génie de cet album : l’écouter, c’est assister à l’éclosion solaire d’une pop française à l’anglo-saxonne. Daho arrive avec un charme désarmant à adapter les canons de la musique eighties à la chanson française. Il ose des jeux de mots sacrément osés pour l’époque ("Je ne sais ce qui se passa, Suzy, dans le vice et versa" dans le single "Épaule Tatoo"). Le français se mêle à l’anglais dans la décomplexée "Pop Egérie O.", les synthés guerriers cachent une inventivité folle dans les arrangements et les rythmes (4000 années d’horreur). L’album porte en lui la légèreté des années 80, l’outrance des nuits en boîte, les débuts de la musique de club, l’insouciance avant les années sida, alors que ce monde-là ne tarderait pas à disparaître. Et pourtant, toutes les chansons véhiculent aussi cette distance ironique propre à Daho, comme le single que vos parents ont déjà braillé en voiture en écoutant RTL2 dans les bouchons, "Si tu viens n’attends pas que je sois tombé pour la France". Danser, faire danser et chanter au passage le manque, la distance, le doute. Toute l’ambiguïté de Daho est là, entre danse et tristesse.

Plus tard, Daho connaîtra une relative traversée du désert dans les années 90 avant un retour en force avec l’exceptionnel Réévolution et plus récemment les Chansons de l’innocence retrouvée. Il délaissera un peu la pop new wave (et tant qu’à faire, tant mieux) pour tisser des chansons pop majestueuses ("Le Brasier", sur Corps et Âmes en 2000, "Obsession" sur l’Invitation en 2007). 

Si elle est de qualité, la suite de sa carrière importe finalement peu pour le reste de la pop française car Pop Satori est la pierre angulaire sur laquelle la suite des groupes n’aura plus qu’à se raccrocher. Son créateur peut donc revendiquer son influence en adoubant la nouvelle génération. Ainsi, en 2014, Daho investit la Cité de la musique et convoque une ribambelle de talents que son coup de génie aura contribué à désinhiber. En 2015, il pose sa voix distante sur l’électro rêveuse de Rone : le petit prince de l’electro française est venu lui demander de poser son auguste voix sur l’une de ses chansons, le consacrant définitivement comme le père de la pop francophone. Et comme à Albumrock, on aime quand les boucles sont bien bouclées, on trouve ça plutôt cool qu’en même temps on vous parle du premier vrai disque de pop française et des petits nouveaux qui en portent l’héritage avec panache. 

Allez, un peu d’"Épaule Tatoo" pour conclure...

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