
Graveyard
Fever
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Joie ! 6 n’était donc pas un simple baroud d’honneur destiné à remuer les cendres pour finalement demeurer sans suite. Les rois du heavy-blues-rock revival et fuzzy sont bel et bien de retour et la Suède, tout comme le monde, pourront compter sur Graveyard pour alimenter les programmations des salles sombres des clubs et des petites salles de concerts. Le temps du climat instable et des séparations vite regrettées semble bien être derrière eux ; le combo est décidé à donner de l’air au second souffle de sa carrière.
Preuve en est de la direction artistique choisie pour Fever qui, bien loin de la mélancolie pesante de son prédécesseur, choisie de retourner aux sources agressives, fuzzy, et brutalement blues ayant fait la gloire du combo. La magnifique pochette célèbre cette énergie météoritique et inflammable qui parcourt l’ensemble de l’opus, et ce dès les premières notes lourdes et intransigeantes de "Back From The Grave" – véritable hommage à leur identité musicale initiale.
Ainsi, la fougue Heavy de "Tongue Tied" parvient à rendre hypnotique son substrat Motörhead-ien, tandis que l’énergie de "Room Tempered" puise dans le garage-rock des 60s ; de son côté, "Year Of The Horse" cuisine un riff maidenien à la sauce action-rock (à l’image d’une version plus lourde des Hellacopters) jusqu’à son final renouant avec les langueurs des premiers albums. Cette apaisement bluesy n’est que rarement évoqué, si ce n’est lors du midtempo brumeux "Time To Tell" et des sept minutes de "Dead Note", un final qui joue avec la puissance et termine l’album dans le pur style de Graveyard.
Retrouvant son univers originel, le combo décline une série d’excellents titres dont la réussite provient en grande partie des performances de Joakim Nilsson : habité sur "A Means To An End", le premier single offert par le groupe, son chant devient sublime sur un "A Better Cut (Note To Self)" déjà resplendissant d’effets quand il ne surprend pas de ses lignes mélodiques donnant une légère teinte pop imparable à "Don’t Shoot!".
Peut-être est-ce avec Fever que Graveyard, enfin débarrassé des acrimonies du passé qui hantaient 6, signe son véritable retour qui lui permet de retrouver sa furieuse envie d’en découdre : par là-même, le groupe met au monde l’un de ses meilleurs albums, en tout cas le plus enthousiasmant depuis une bonne décennie.
À écouter : "Tongue Tied", "A Better Cut (Note To Self)", "Don’t Shoot!", "A Means To An End"



















