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Critique d'album

Joseph Toll


It Might Be Art


(12/06/2026 - - Hard Rock - Genre : Hard / Métal)
Produit par

Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"It's art! For sure!"
François, le 18/08/2026
( mots)

Bien souvent, je découvre une nouvelle formation ou un nouvel artiste grâce à une pochette d’album : malgré le paradigme de la dématérialisation propre à l’ère d’internet et du streaming, l’illustration continue d’être une porte d’entrée privilégiée dans l’œuvre d’un groupe – un peu comme dans les années 1970 et 1980, lorsqu’on papillonnait au hasard des couvertures dans les bacs des disquaires, se laissant séduire par la face hallucinée d’un roi pourpre schizoïde ou par le vert profond d’un Close to the Edge. Il est même possible qu’à l’heure de l’abondance musicale, l’illustration retrouve son importance pour effectuer un premier tri, à une nuance près : il est désormais possible d’écouter immédiatement plusieurs titres, si ce n’est l’intégralité de l’opus, avant de se décider à l’acheter.


Ce dernier point s’avère essentiel dans le cas d’It Might Be Art, car le portrait un peu naïf de Joseph Tholl ne fut pas des plus attrayants pour mon œil habitué aux pochettes chargées du rock progressif ou du Heavy Metal. Or, s’y arrêter aurait été une très grave erreur, tant l’album est un petit chef-d’œuvre de rock saturé aux inspirations éclectiques.


Jeune prodige de la New Wave Of Traditional Heavy Metal suédoise, actif au sein d’Enforcer et désormais de Tyrann, Joseph Tholl regarde également du côté du Metal extrême depuis qu’il a rejoint la formation bien plus installée Tribulation. Un curriculum vitae prestigieux ne comportant que des combos que nous tenons en plus haute estime. Parallèlement, il mène une carrière solo depuis 2019, mais celle-ci ne s’est seulement approfondie en 2026, du fait de ses multiples projets qui lui permettent néanmoins de recruter un certain nombre d’invités pour son second album – qu’ils viennent de Tribulation (Johannes Andersson, Adam Zaars) ou de Tyrann (Tobias Lindkvist). Du reste, Joseph Tholl s’affirme ici comme un multiinstrumentiste capable d’assurer la guitare, le chant, la basse et les synthés, se faisant seulement aider par deux batteurs, Robert Eriksson des Hellacopters et Jakob Ljungberg de Second Sun (un excellent groupe de hard-rock suédois underground dont nous n’avons pas encore eu l’occasion de vous parler).


Deux qualités ressortent immédiatement à l’écoute de l’album : d’une part, l’écriture magistrale de Joseph Tholl et d’autre part, la diversité des registres abordés, preuves d’un compositeur accompli, tant et si bien qu’avec beaucoup de chance, plusieurs titres pourraient être appelés à devenir des pièces à succès. Ainsi vont le magnifique "New Dawn", qui durcit le hard-rock mélodique des Hellacopters pour aboutir à un résultat beaucoup plus Heavy ; l’introspectif "It Might Be Art" dont la langueur 80s tranche avec les lignes à la limite du Power Metal ; "I Syrenens Tid", dont la pop saturée chantée en suédois est digne de celle des compatriotes de The Hawkins. L’association entre l’attaque Heavy et les mélodies pop-isantes avait rarement été aussi harmonieuse – avec quelques nuances, on dresserait volontiers un parallèle avec Blue Öyster Cult.


Les variations stylistiques vont de l’indie-rock ("I’m in A Darkness", une pépite de douceur culminant avec le solo sensuel) volontiers musclé ("On Velvet Waves"), à l’antienne pop cadencée ("Walking"), en passant par le hard-rock moderne ("Invocation of the Evening Star") et l’instrumental planant ("Rebirth"). La lourdeur d’"Oh the Madness" vire au gothique quand arrivent les claviers sur le refrain, une dimension qui se voit encore plus affirmée avec les orgues funèbres de l’excellent "The Burial", qui n’est pas sans rappeler le dernier album de Tribulation auquel on aurait associé des passages action-rock.


Le dicton dit qu’on ne peut pas plaire à tout le monde. Vraiment ? Joseph Tholl semble vouloir relever le défi à l’aide d’un éclectisme toujours pertinent et de compositions saisissantes, desquels résultent un très grand album. Tout simplement.  


À écouter : "It Might Be Art", "I Syrenens Tid", "New Dawn", "The Burial", "I’m in A Darkness"

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