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Critique d'album

Angel


Angel


(27/10/1975 - Casablanca - Hard rock Glam progressif - Genre : Rock)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Si les anges volent, c’est parce qu’ils se prennent à la légère - G.K. Chesterton"
Daniel, le 14/05/2021
( mots)

Deux vérités peu connues :


• alors que le Vatican pense que les Anges vivent dans le Ciel (au sens biblique du terme), il y a en a quelques-uns qui ont séjourné sur Terre dans les années ’70,


• contrairement à une croyance répandue qui veut que les être ailés soient immortels, ils ont été détruits. 


Comment tuer un Ange ?


Première méthode : l’asservir. C’est Gene Simmons, le bassiste de Kiss, qui découvre Angel dans un club de Washington. Il menace de cracher du feu et de vomir du sang partout si sa firme de disques – Casablanca – ne signe pas le groupe. C’est aussitôt fait. Mais, les conditions sont drastiques : Angel devra se soumettre à l’autorité du management qui va tout décider à sa place. Liberté zéro. Contrairement à Kiss, Angel ne compte aucun caractère fort dans ses rangs. Trop heureux d’être là, les anges se comportent en béni-oui-oui. Quand le Dieu Casablanca parle, les musiciens s’exécutent. Mais le management de Casablanca est composé de gugusses peu compétents qui vont accumuler les erreurs stratégiques et commerciales. Jusqu’à brûler les ailes de leurs propres créatures. Ce n’est pas un hasard si, en 2016, le guitariste Punky Meadows a intitulé son dernier effort solo en date Fallen Angel


Deuxième méthode : créer une polémique. En 1976 à New-York, Frank Zappa règne en maître à penser. Lors d’une jam, son batteur Terry Bozzio improvise un texte où il déclare spectaculairement sa flamme à Punky Meadows. Le morceau prend petit à petit de l’ampleur jusqu’à devenir "Punky’s Whip", un véritable numéro de cabaret rock de près de 11 minutes. Cette pièce maîtresse des concerts de la troupe oscille entre moquerie et pornographie ; elle devient la principale attraction du célèbre double-live Frank Zappa In New-York. L’histoire amuse Punky qui rejoint Frank Zappa sur scène. Mais Casablanca ne rit pas du tout ; la firme veut conserver ses anges immaculés. Avocats, menaces de procès, scandale, … Finalement, en 1978, le titre est retiré du pressage de l’album In New-York dont la toute première face, amputée de "Punky’s Whip", est réduite à une misérable peau de chagrin. A partir de cet instant, chaque fois que le petit monde du rock abordera le sujet Angel, ce sera pour parler de l’incident et de Frank Zappa. Le groupe angélique va s’effacer derrière la controverse.


Pourtant, quand l’album Angel débarque dans les bacs des disquaires européens en 1975, il se retrouve classé dans la rubrique "Eurock", cet épiphénomène foutraque, supposé rassembler les groupes progressifs exclusivement européens de toutes origines et obédiences. A l’exception incompréhensible des insulaires de Grande-Bretagne.


Angel, pour sa gloire éternelle, restera à jamais le seul groupe anglo-saxon (et non-européen) du monde à avoir publié un album d’Eurock. Rien que pour cette particularité, il mérite d’être salué bien bas.


Le simple salut se mue en respect quand on écoute attentivement Angel. Le groupe comporte trois personnalités musicales très peu communes :


• Edwin "Punky" Meadows, biberonné aux accents de Sgt Pepper Lonely Hearts Club Band, est un guitariste énervé qui ne jure que par le rock anglais. Le gaillard est doué, inventif, précis et rapide. Pour la petite histoire, après la débandade d’Angel, il refusera platement la proposition de Kiss qui voulait le recruter pour remplacer l’ingérable Ace "Cold Gin" Frehley ;


• Gregg Giuffria n’a rien à envier à ses contemporains américains et européens. Il a probablement été un des claviéristes le plus versatiles de sa génération. Le son de ses synthés et pianos a littéralement illuminé tous les titres du groupe. Après la débandade des Anges, il a dirigé de main de maître deux groupes musclés qui ont sorti quelques albums marquants (Giuffria et House Of Lords) ;  


• Frank DiMino fait partie de cette race de vocalistes qui ont réellement un timbre, un souffle et une identité. Sa voix est encore intacte à ce jour et il continue d’assurer une présence attachante sur scène aux côtés de son complice guitariste à qui il laisse, comme aux premiers temps, le plaisir de lui voler le show à chaque solo.  


Le trio est crédité sur l’essentiel des huit titres d’Angel qui contient d’authentiques perles eurock-hard-prog : l’emblématique "Tower" (un classique absolu), le britannique "Long Time", le puissant "Broken Dreams", le contrasté "Sunday Morning" puis, au-delà de toute mesure, le sublissime "Mariner" (une des plus pures mélodies des années ’70). Les trois plages non nommées sont objectivement plus dispensables.


Sous l’emprise de Casablanca, l’aspect progressif du groupe va rapidement s’estomper au profit de compositions hard-pop plus commerciales, chaque nouvel album étant moins bon que son prédécesseur. 


Malgré un logo ambigramme unique, malgré des producteurs d’exception, malgré des litres de laque, malgré une chanson de Noël belle à pleurer, malgré des dépenses marketing sans fin, les anges finalement vont disparaître, évaporés dans l’enfer du rock après un double live en guise de testament. 


Jusqu’à renaître en 2019…


Cela dit, Angel vaut vraiment la peine d’être écouté. Pour l’anecdote, il a été co-produit par le fabuleux musicien anglais Big Jim Sullivan, l’homme qui a accompagné Eddie Cochran et Gene Vincent, qui a appris la guitare à Ritchie Blackmore, qui a soufflé à Jim Marshall l’idée de fabriquer des amplis, qui a enregistré les Zombies, Serge Gainsbourg, les Small Faces et Dusty Springfield… 


Le bonhomme avait traversé spécialement l’Atlantique pour enregistrer le premier disque d’Angel. N’est-ce pas là un signe biblique évident ? 

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