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Critique d'album

Bandit Bandit


Tachycardie


(25/06/2021 - Dirty Boots - Indépendant - Genre : Rock)
Produit par

1- Néant / 2- Dimension / 3- Désorganisée / 4- Siamese Love / 5- Tachycardie
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Bandit Bandit n'en est plus au stade d'une banale révélation française"
Julien, le 03/08/2021
( mots)

Si le Rock proposait un classement des nations, comme c’est le cas en cette période de Jeux Olympiques, nul doute que les Français se trouveraient bien loin dans une hiérarchie ultra dominée par le combo USA et Angleterre et dans laquelle les Scandinaves ne font plus désormais office de surprise mais bel et bien de confirmation et ce depuis maintenant une bonne dizaine d’année. La première moitié de la décennie 2010 a peu à peu vu disparaitre l’outsider Belge et nos Frenchies se consumer à grand feu.
Excepté les exploits localisés dans le rock progressif, les performances de cette époque du rock indépendant et alternatif made in France sont réduites à néant : Phoenix a entamé sa mue après son Wolfgang Amadeus Phoenix et ne semble auditivement pas encore prêt à renaitre de ses cendres ; la machine Luke / Deportivo, pourtant si prolifique qualitativement parlant, est à bout de souffle. Le chaland se doit de patienter avec le marketing prononcé de Shaka Ponk jusqu’au soubresaut venu d’Alsace, en 2015 , avec le quatuor Last Train.
Un vent du renouveau pour le rock alternatif qui gagne en épaisseur avec l’apparition en 2019 de Bandit Bandit


La croyance au destin s’oppose résolument à la notion de hasard, pourtant, pour le duo montpelliérain, l’antagonisme de ces mots disparait au vu de l’enchaînement sans fin des causes et effets qui ont conduit à l’émergence du groupe.
La relation entre Maëva Nicolas (chant) et Hugo Herleman (guitare,chant) a débuté au travers de l’application qui a transformé la spontanéité d’une rencontre entre deux personnes en une sélection de la plus belle tomate dans un étalage de supermarché : Tinder. C’est lors d’un covoiturage où le téléphone de la chanteuse passait en “shuffle” les premières démos de Bandit Bandit que le chauffeur déclare vouloir être leur manager.
La suite nous amène à l’automne 2019 et la parution du premier EP éponyme du groupe.
L’écoute du single “Maux” synthétise parfaitement le propos musical de Bandit Bandit: une disto qui en met plein les oreilles, soutenue pour la lourdeur écrasante de la basse, accompagne la voix enivrante de Maëva Nicolas qui nous transporte sur des textes en Anglais ou écrits avec une plume française des plus radieuse. 


On ne va pas feindre la surprise devant ce cru 2021 intitulé Tachycardie qui forme le second opus des montpelliérains. Un nouvel EP qui ne bouleverse pas une recette qui a largement fait ses preuves deux ans auparavant. Bandit Bandit peaufine ses couleurs, retouche ses ambiances à la marge en électrifiant un tantinet plus leur son.
Habilement choisi pour représenter ce second chapitre sonore, “Néant” s’avance dans un paysage hypnotique rendu captivant par l’interprétation de sa chanteuse qui ajoute ici une forme angoissante de désinvolture à l’air ambiant. Un titre saisissant dès les premiers instants qui va devenir épique au fil de son avancée en déroulant sa structure articulée autour du jeu de guitare proposé par Hugo Herleman tout en montées vertigineuses, alternance d’effets générateurs de point rupture pour amorcer les explosions. On saluera la production qui, par le biais de quelques nuances très bien senties (ce léger trémolo rajouté à la voix sur la fin du pont), met impeccablement en valeur le remarquable travail de composition réalisé sur ce titre.
“Siamese Love” sera l’unique titre chanté en Anglais de cet EP. Une nouvelle fois l’architecture du morceau est une vraie réussite avec une mention spéciale au break de guitare superbement amené par une section rythmique voix avant l’explosion d’un riff d’une saisissante férocité. Alors, bien sûr, quand notre duo propose des titres chantés dans la langue de Shakespeare le parallèle avec The Kills devient encore plus évident : oui la voix de Maëva Nicolas a quelque chose à voir avec celle d’Alisson Moshart, entre fragilité charismatique et colère désinvolte. Oui le jeu et les sonorités de Hugo Herleman se rapprochent de celles de Jamie Hince dans cette capacité à générer cette glaciale épaisseur totalement mise au service des mélodies balancées par leurs muses respectives qu’ils accompagnent de quelques chœurs délicatement posés çà et là.  Pour autant ces similitudes ne sont en tout cas dommageables à Bandit Bandit -après tout il y a pire que le duo Britannique comme source d’inspiration- et puis c’est au travers de cette influence que les montpelliérains vont se forger une identité propre grâce à leur texte en français : une authentique signature et un véritable tour de force.
Si la langue française est un trésor inépuisable de poésie elle peut vite tourner en ridicule celui qui n’en maitriserait pas les si particulières subtilités : Bandit Bandit en jouait parfaitement en 2019 avec ces “maudits maux qui me font mal”. Sur Tachycardie le groupe continue d’exprimer ces mêmes imperfections et tourments que ce soit dans “Néant” : “j’ai la vie devant moi mais je lui tourne le dos” ou encore dans la magnifique plume de “Dimension” : “Paralysée dans mon sommeil, mon corps tout entier est en veille. Paranoïa en plein éveil, mon cœur tout entier se rappelle”.


On notera des nuances sonores plus poussées dans le psychédélisme sur le titre éponyme “Tachycardie” qui permettent à l’EP d’éviter une forme de redondance dans les ambiances. S’il fallait s’en convaincre “Désorganisée” s’avance comme la vraie touche novatrice sur ce disque : plus apaisée, la composition, choisie comme second single, puise dans des inspirations gainsbourdiennes portées par la chaleureuse indifférence du chant de Maëva Nicolas. 


Si la parution d’un véritable premier album se fait toujours attendre, voyons le verre à moitié plein : Bandit Bandit choisit la qualité plutôt que la quantité. Le groupe affirme ses convictions dans une musique sauvage et chamanique menée par une chanteuse d’exception et portée par le talent d’un guitariste en pleine maitrise de son propos.
En deux EP le duo montpelliérain s’avance comme une vraie révélation sur une scène rock française qu’ils n’ont de cesse de promouvoir. Derrière eux les MNNQNS, Lysistrata et autres The Psychotic Monks trépignent, tandis que d’autres, plus anciens, comme Paerish continuent de confirmer tout le bien que l’on pensait d’eux en attendant patiemment leur tour.
Comme quoi la qualité du rock indépendant Français est bien là : Bandit Bandit n’a plus qu’à le confirmer avec leur premier « vrai » album pour finir de raviver une flamme éteinte depuis trop longtemps maintenant.   

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