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Critique d'album

Cosmograf


Heroic Materials


(09/09/2022 - Gravity Dream Music - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par

Note de /5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Robin Armstrong se renouvelle et signe un très beau récit sous les vrombissements des spitfire"
Quentin, le 20/07/2023
( mots)

Robin Armstrong n'est pas un inconnu sur Albumrock, puisque le cas du multi-instrumentiste anglais et de son projet solo baptisé Cosmograf ont déjà été abordés à l'occasion de la sortie de The Unreasonable Silence paru en 2016. Aussi doué soit-il et marchant dans les pas d'un certain Steven Wilson, le Britannique n'a jamais soulevé les foules et c'est dans un relatif anonymat que son neuvième album est sorti en France, toujours autoproduit sur son label Gravity Dream Music. Le manque d'exposition du musicien est pourtant bien inversement proportionnel à la qualité de son œuvre et les amateurs de rock progressif mélodieux auraient tort de passer à côté de l'une des plus belles productions de l'année 2022.


On le sait, le Britannique est abonné aux concept-albums, et ce Heroic Materials ne fait pas exception puisqu'il évoque les états d'âme d'un ancien pilote de la R.A.F. durant la seconde guerre mondiale, ce dernier se réfugiant dans la nostalgie de ses souvenirs pour échapper à l'angoisse d'un présent qu'il ne comprend plus et l'incertitude d'un avenir angoissant. Cette approche de la période historique de la seconde guerre mondiale par les souvenirs d'un vieil homme est assez originale pour mériter d'être soulignée, cette époque ayant davantage fourni une inspiration aux groupes de métal, en particulier scandinaves (Sabaton en tête), qu'il s'agisse de bâtir un message antimilitariste, de louer l’héroïsme des combattants ou, pour les groupes les plus extrêmes, d'afficher une forme de fascination assez complaisante pour l'imaginaire belliciste de 39-45 et son message de violence.


Quoiqu'il en soit, le cadrage retenu par Robin Armstrong pour ce neuvième opus l'amène à prendre le contre-pied de ses deux albums précédents, Rattrapante et Mind Over Depth, plus touffus, plus alambiqués dans leur construction et dont on peinait parfois à relever les aspérités mélodiques les plus marquantes. Exit l'empilement des morceaux-fleuves de plus de 10 minutes, Robin Armstrong a fait le choix sur ce Heroic Materials de revenir à un format plus court et efficace, délaissant en partie ses constructions à tiroir et ses riffs les plus heavy pour se concentrer sur des tempos lents faisant la part belle aux ballades portées par des mélodies gracieuses et nostalgiques. Si l'Anglais est surtout mis à l'honneur pour ses talents de guitariste dans la plus pure tradition gilmourienne, force est de constater que la place donnée au piano et au chant tout au long de cet album lui permet de renouveler son approche musicale et de se rapprocher de l'excellent The Hay-Man Dreams, point culminant de sa discographie.


Fait inhabituel au regard des précédents albums d'Armstrong, l'album est donc parsemé de courtes ballades, à commencer par le titre d'ouverture "I Recall" qui introduit le thème mélodique de l'album en duo piano-voix. Et le style sied bien au Britannique qui met en boite de véritables petites perles comme "Mary", ode à l'amour perdu accompagnée de son orchestration de cordes romantiques ou "The Same Stupid Mistake" et ses belles harmonies vocales.


Que les habitués du son de Cosmograf se rassurent, ils retrouveront également leurs petits. Les influences wilsoniennes sont en effet toujours très présentes, en atteste cet enchaînement "Blinkers"/"If Things Don't Change", que l'on croirait échappé d'un album du natif d’Hemel Hempstead : court intermède piano-voix typique des compositions aériennes de Wilson embrayant sur un titre à la première partie acoustique où l'on jurerait entendre la voix trafiquée de l'Anglais à lunettes. On restera un peu sur notre faim néanmoins à cause d'un chant pas tout à fait maîtrisé dans les aigus sur des refrains qui ne tiennent pas la comparaison avec ceux de son illustre compatriote. Certains tics de production partagés avec Wilson demeurent également, comme cette utilisation (excessive) des samples vocaux type messages téléphoniques ou émissions de radio qui rappellent le psychédélisme progressif des premiers albums de Porcupine Tree. Au titre des influences classiques, Armstrong se fend également d'une superbe ballade floydienne avec "Regretful Refrain" et cette guitare planante qui ouvre le titre sur fond de moteurs d'avions puis qui enchaîne sur une mélodie prenante et un solo qui nous fait décoller plus haut que le spitfire de la pochette.


Mais c'est bien sûr le morceau titre qui justifie pleinement la note attribuée et avec elle l'écoute du disque, petit joyau de sensibilité sublimé par les sonorités du piano classique, de l'orgue et du mellotron qui évoquent l'enivrant sentiment de liberté ressenti par le pilote dans les airs. Le renfort de l'ancien claviériste de Big Big Train, Danny Manners, magnifie les parties aux claviers et "Heroic Materials" constitue sans doute le morceau de référence pour Armstrong au chant, ce dernier évoquant cette fois l'interprétation élégiaque de Steve Hogarth. La seconde partie du titre rappelle d'ailleurs assez directement la mélancolie épique des morceaux de Marillion et justifie bien le titre du morceau. L’enchaînement avec "British Made" et sa mélodie à l'élégie vibrante est également particulièrement réussi. Le titre se voit transpercé à mi-parcours par un excellent solo à la 6 cordes et par un crescendo de tension parfaitement bien amené à la suite d'un pont plus atmosphérique. Une vraie réussite.


Plus concis, plus mélodieux, plus touchant, Robin Armstrong a su se renouveler à travers ce Heroic Materials et ainsi confirmer son statut désormais bien établi de valeur sûre du rock progressif anglais. Avec une carrière définitivement marquée par une forme de constance dans l'excellence, on peut espérer que ce dernier bénéficie finalement de la renommée qu'il mérite et qu'il devrait pouvoir trouver avec ce très bon album. Rien n'est perdu, après tout, Steven Wilson a galéré pendant des années et a dû publier des dizaines d'albums avant de connaître le succès. Ne désespérons pas...


A écouter : "Heroic Materials" / "British Made" / "Regretful Rain"

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