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Critique d'album

Eagles


Eagles


(01/06/1972 - - Rock US - Genre : Rock)
Produit par

1- Take It Easy (LP Version) / 2- Witchy Woman (LP Version) / 3- Chug All Night (LP Version) / 4- Most Of Us Are Sad (LP Version) / 5- Nightingale (LP Version) / 6- Train Leaves Here This Morning (Remastered LP Version) / 7- Take The Devil (LP Version) / 8- Earlybird (LP Version) / 9- Peaceful Easy Feeling (LP Version) / 10- Tryin' (LP Version)
Note de 5/5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"Country-rock opportuniste"
François, le 06/08/2022
( mots)

Quand on observe les années 1970, on ne peut que plaindre les nombreux groupes, parfois talentueux, qui n’ont jamais obtenu le moindre succès à l’époque (une quasi condamnation à la disparition et au retour à l’usine), ou d’autres qui ont dû s’acharner pour avoir les grâces du public après plusieurs opus. Rien de tout ça pour les Eagles, combo formé par quatre Californiens suite à une beuverie (d’après la légende …) qui ne s’attendaient pas à une aussi longue gueule de bois. En effet, à peine venu au monde, le groupe composa et enregistra un premier album à succès, première étape d’une décennie pavée de marbre et d’or (et de platine) pour les aiglons.


Il faut dire que rien n’avait été laissé au hasard : un beau budget, un enregistrement aux studios Olympic à Londres (alors que le groupe est américain) et un producteur de choix, Glyn Johns (Led Zeppelin, Rolling Stones, Clapton …), qui s’avéra être un excellent directeur artistique, aux sources du son des Eagles. C’est ainsi que la country-rock et l’Americana apparaissent dans les charts avec un nouveau porte-drapeau au nom et à la pochette typiquement US. Pensez aux illustrations adoptées par le Marshall Tucker Band ou les Outlaws, dans un registre plus sudiste mais parfois assimilable à celui des Eagles, et vous trouverez tout un univers visuel commun à ce genre de musique.


Ce choix musical s’explique avant tout par le passé des musiciens : Glenn Frey et Don Henley, les fondateurs du combo, jouaient pour Linda Ronstadt, une chanteuse à cheval entre la country et le rock. Adaptée à leur propre groupe, la recette s’enrichit surtout de guitares cristallines et d’harmonies vocales forcément attachantes mais, il faut bien l’avouer, un peu kitsch. Néanmoins, il n’est pas très compliqué de comprendre comment "Take It Easy" et sa belle ligne de banjo sur le solo ou le slow un peu plus électrique "Witchy Woman" ont pu devenir des tubes radiophoniques. Au côté de ces succès, on aurait tort de négliger d’autres vrais bons titres, notamment "Take the Devil" où l’alliance entre la guitare acoustique et un riff très Heavy pose une ambiance de désert nocturne assez chouette.


Le genre hélas, peine à se renouveler et tourne un peu en rond. On évite ainsi facilement la catastrophe mais on tombe aussi rapidement dans le lassant : citons le mélancolique "Peaceful Easy Felling", le slow sans relief "Most of Us Are Sad" ou encore "Train Leaves Here in the Morning". Pourtant le groupe savait proposer des choses plus originales comme un "Earlybird" très country et réellement réussi. Même les titres plus électriques pèchent par des plans de rock’n’roll un peu recyclés, et des refrains par trop grand public : il y avait du bon sur "Chug All Night" ou sur "Nightingale" qui finissent un peu gâchés, et "Tryin’" prouve qu’ils peuvent faire des choses intéressantes dans ce registre électrique.


La principale critique qu’on pourrait faire au groupe est de mettre en place un rock US générique, facile bien que parfois mélodiquement pertinent, avec des biais de composition grand public efficaces pour percer mais assez vite désuets (des slows à la pelle, des chœurs surfaits). De plus, le fait que la seconde face soit musicalement plus émancipée, non plus dans la seule séduction, semble indiquer un certain opportunisme dans leur country-rock. Bien que ce soit un opus qui se laisse apprécier, surtout quand il s’insère dans un registre où il est moins attendu, on en arrive à se dire qu’Eagles est un groupe de rock pour ceux qui n’aiment pas ça, et le regard dans le rétroviseur sent légèrement la naphtaline.  


A écouter : "Take It Easy", "Take the Devil", "Earlybird", "Tryin’"

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