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Critique d'album

Fugazi


In On The Kill Taker


(01/09/1993 - Dischord Records - hardcore (East Coast - old sch - Genre : Ska / Punk)
Produit par

1- Facet Squared / 2- Public Witness Program / 3- Returning the Screw / 4- Smallpox Champion / 5- Rend It / 6- 23 Beats Off / 7- Sweet and Low / 8- Cassavetes / 9- Great Cop / 10- Walken's Syndrome / 11- Instrument / 12- Last Chance for a Slow Dance
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Délires bruitistes et engagement politique au menu du 3ème opus du quatuor de DC"
Didier, le 02/10/2010
( mots)

Quand sort, en 1993, In On the Kill Taker, troisième opus des Américains de Fugazi, le monde se trouve en pleine déferlante grunge. Seattle rayonne sur le monde et le gros son de Nirvana, Alice in Chains et autres Soundgarden s’impose sur les ondes de bon nombre de radios des deux côtés de l’Atlantique. C’est en toute discrétion et sans réelle couverture médiatique que le quatuor de Washington (la capitale, pas l’état qui abrite l’auto-proclamée nouvelle capitale du rock U.S.) propose enfin le successeur de 13 Songs et de Repeater. Et en guise de nouveauté, l’auditeur va surtout se prendre une grosse claque. Aiguisé comme du fil barbelé, ce nouvel album donne pour la première fois la priorité aux guitares. A l’inverse des premiers efforts du groupe qui s’appuyaient essentiellement sur des bases rythmiques basse/batterie, Ian MacKaye et Guy Piciotto, les deux gratteurs du groupe, s’affichent pour la première fois au tout premier plan. Guitares hurlantes, corrosives, corrodées et finalement omniprésentes permettent à In On The Kill Taker de s’offrir dès sa sortie une place de choix dans la discographie de Fugazi.

L’album s’ouvre de manière presque infantile sur "Facet Squared". Le chant semble renfermé, les guitares ronronnent tout en douceur et le morceau offre une certaine continuité face aux précédents travaux du groupe. Mais bien vite, "Public Witness Program", une chanson hautement critique du système judiciaire américain, annonce la couleur : premières accélérations, un chant plus nerveux, scandé, qui saute au visage, le tout ponctué d’un chœur qui fait honneur aux plus grand classiques du punk, Sham 69 et les Cokney Rejects en tête. Le tempo est donné, place à la montée en puissance, alternée de nombreux contre-breaks, de "Returning the Screw". Un morceau parfois aux limites de l’audible et au final assez anecdotique tant la plage qui suit s’avère être une véritable bombe thermonucléaire : "SmallPox Champion" est incontestablement LE morceau de cet album. Un véritable concentré de rage, engoncé dans une rythmique démente où les silences succèdent à de véritables délires guitaristiques qui laissent à peine la place au chant possédé de Piciotto.

Passée l’explosion, retour au calme en quelque sorte avec "Rend It" qui, malgré une intro guitare/batterie particulièrement plombée, nous offre une sorte de ballade romantique emmenée de manière musclée par Piciotto : paroles évoquant une histoire d’amour qui finit mal, ponctuées par un refrain du plus haut mélancolique, c’est le retour du Fugazi qui prend intellectuellement aux tripes. Trip intello également pour "23 beats off", qui vire rapidement au délire cacophonique, sorte de mash-up de plusieurs morceaux en devenir transformé en récréation pour la section rythmique du groupe. Et puisqu’une vraie récréation ne prend jamais vraiment fin, le bassiste Joe Lally reste aux commandes pour l’instrumental "Sweet and Low", morceau tristounet qui se place presque comme un entracte au beau milieu de l’album. Une fois tout ce petit monde calmé, place au deuxième grand morceau de l’album : "Cassavetes", véritable hymne anti-Hollywood en hommage au cinéaste du même nom. Un morceau étonnamment gracieux et funky, basé sur un riff de guitare simple et direct, qui se profile finalement comme un vieil ami oublié de longue date, la définition même du to the point à la Fugazi. In On the Kill Taker s’élance alors dans un long final, au travers de quatre morceaux ("Great Cop", "Walken's Syndrome", "Instrument", et "Last Chance for a Slow Dance") finalement assez uniformes : courts, nerveux, bruitistes, saccadés et revendicatifs à souhait. De ce long sprint vers la ligne d’arrivée, on retiendra surtout "Walken’s Syndrome" et son approche très mélodique, véritable bouffée d’oxygène dans un album qui frise parfois la saturation sonore.

Au final, l’album s’impose de loin comme le LP le plus agressif et le moins aisé d’accès des sept opus du quatuor de DC. L’histoire prouvera pourtant qu’ In On The Kill Taker contient tous les éléments classiques de ce qui deviendra avec le temps la marque de fabrique Fugazi : une tension omniprésente, une approche parfois désordonnée mais laissant toujours une place de choix à la mélodie, des changements de tempo toujours surprenants et surtout des paroles lourdes de sens, politiquement engagées et collées à la réalité de l’Amérique des années 90. Loin des clichés américains de l’époque, Fugazi s’affirme comme un groupe nerveux et savamment lourd mais qui évite toujours soigneusement les fautes de goût dont de trop nombreux artistes hardcore ou assimilé se rendront coupables dans les années suivant la sortie de IOTKT.

Tel un énorme bloc monolithique, basé sur une constante alternance entre envolées bruyantes et breaks inattendus, In On The Kill Taker n’offre, à priori, pas le moindre morceau aisément accessible à un auditeur non-préparé. A l’image de la pochette du disque, surchargée de notes écrites à la main et de collages réalisés à la va-vite, cet album s’avère dense, trop dense au premier abord. Ce n’est qu’après quelques écoutes que la production, perçue d’emblée comme trop peu présente et trop désordonnée, se dévoile en fait comme dynamique et fichtrement bien dosée. Les subtilités de l’album apparaissent peu à peu, cachées qu’elles étaient par l’aspect violent, agressif, engagé, anarchique  et volcanique du chant de MacKaye. Un album pour oreilles averties donc, partie intégrante de l’histoire d’un certain hardcore américain. Fugazi s’impose ici comme la bande originale d’une certaine anarchie humaine, au sens le plus noble du terme.

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