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Critique d'album

Jeff Beck


Loud Hailer


(15/07/2016 - Rhino Records - Le célèbre guitariste des Yarb - Genre : Rock)
Produit par

1- The Revolution Will Be Televised / 2- Live In The Dark / 3- Pull It / 4- Thugs Club / 5- Scared For The Children / 6- Right Now / 7- Shame / 8- Edna / 9- The Ballad Of The Jersey Wives / 10- O.I.L. (Can't Get Enough Of That Sticky) / 11- Shrine
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Jeff Beck se penche sur le rock garage. Et le révolutionne."
Erwan, le 25/08/2016
( mots)

Au même titre qu’Eric Clapton, Jeff Beck est aujourd’hui davantage un guitariste de gala qu’un créateur actif et chevronné. Le passé du bonhomme n’est plus à raconter et lui suffit à remplir les plus grandes salles entre deux cérémonies prestigieuses (monsieur a joué devant Barack Obama à la maison blanche). Ce qui explique sans doute l’aspect un peu fainéant de sa discographie depuis 10 ans.


Jeff Beck nous avait laissé en 2010 avec Emotion and Commotion, un disque à moitié instrumental, très orienté blues. En 2016, l’ancien Yardbirds a décidé de proposer un projet aussi surprenant que réussi, en s’alliant avec deux petites bombes de la scène rock garage pour écrire l’un des albums de l’année, Loud Hailer.


Ces deux petites bombes s’appellent Carmen Vandenberg et Rosie Bones. Elles forment ensemble le groupe Bones, groupe relativement peu connu mais que vous avez pu entendre dans la bande originale de Orange Is The New Black. Jeff Beck les rencontre alors qu’il cherche depuis quelque temps à aborder des thèmes un peu plus crus et d’actualité dans sa musique. Et c’est ainsi que l’un des plus grands guitaristes de l’histoire commence à travailler avec un jeune groupe de rock garage plein d’énergie.


Beck commence à composer chez lui avant de rejoindre en studio les deux jeunes femmes, accompagné de Filippo Cimatti (qui travaille également avec Bones). Et si le guitariste arrive avec un certain nombre d’idées en tête, cette période de travail en commun fait de Loud Hailer un album co-écrit entre Jeff Beck et Bones, quoi qu’en dise le nom en grand sur la pochette. C’est ainsi que les deux façons de faire de la musique vont vraiment cohabiter au sein du disque, et c’est en cela que Loud Hailer devient un disque exceptionnel.


L’univers de Bones et celui de Jeff Beck se rentre dedans pour se compléter parfaitement. On retrouve dès les premiers morceaux la texture garage et l’ambiance post-apocalyptique de Bones, mais les compositions habituellement minimalistes du groupe laissent à Jeff Beck toute la place de faire parler son blues et son merveilleux son de stratocaster. Et ce nouveau décor semble donner à Beck un regain d’énergie, qui le pousse à explorer de nouvelles phrases et façons de jouer. En témoigne son jeu métamorphosé sur "Pull It", morceau à la frontière du rock et de l’électro.


La voix de Rosie Bones est, avec le jeu de Jeff Beck, l’autre atout majeur de Loud Hailer. La jeune femme parvient sur les deux premiers morceaux à prendre un ton à la fois menaçant ("The Revolution Will Be Televised") et aguicheur ("Live In The Dark"), qui donne envie de la suivre la nuit pour détruire du mobilier urbain, une bière à la main, avant de semer la police dans un dédale de ruelles.


Sur "Thugs Club", Jeff Beck singe Hendrix avant de briser brutalement le fil qu’il tisse d’une ligne ultra saturée aux consonances orientales. La première surprend, la seconde régale. En plus de s’approprier les codes d’un genre qui n’est simplement pas de sa génération, Jeff Beck y apporte une touche d’originalité comme on n’en a pas connu depuis longtemps. Allant jusqu’à verser dans la funk en fin de galette avec le délicieusement funky "The Ballad of the Jesrsey Wives".


Le maître va retomber sur ses pattes avec "Scared For The Children", une composition beaucoup plus classique sur laquelle le Britannique déroule un long solo blues que Rosie Bones ne fait qu’accompagner, encore une fois avec talent. On retrouve le même genre d’ambiance dans "Shame", petite piste d’à peine une minute qui a plutôt valeur d’interlude, et "O.I.L. (Can’t Get Enough Of That Sticky)".


Loud Hailer bénéficie d’un mixage et d’une production vraiment parfaite qui donne à chaque élément une place particulière. On a déjà rapidement abordé le travail de remixage fait sur "Pull It", qui transforme un hit garage en un parfait mix pour une boîte de nuit de punk à chiens. Mais le travail fait sur les voix se doit également d’être relevé, notamment sur "Right Now".


Avec Loud Hailer, Jeff Beck vient simplement de donner un énorme coup de pied dans la fourmilière du rock garage, secouant ceux qui pouvaient penser qu’il n’y avait plus rien à inventer. Sa collaboration avec Bones sera peut-être même pour le jeune groupe le coup de pouce qui lancera une belle carrière. Les deux entités ne vont en tout cas pas se quitter de sitôt, puisque Bones va suivre Beck sur l’ensemble de sa tournée américaine.


 A écouter là maintenant, tout de suite, dans la seconde : "Live In The Dark", "Right Now" et "Scared For The Children" (liste non-exhaustive à compléter en vous référant à la tracklist en haut de la page)

Commentaires
Skull, le 18/12/2016 à 20:59
Je suis fan de musique métal et la passion de la guitare me penche sur d autre style et la je suis ......je ne trouve pas les mots sauf........l écouter en boucle.....une bombe
Nicolas, le 26/08/2016 à 14:07
C'est un peu l'impression que j'ai eu en lisant l'interview de Beck dans Rock N' Folk : il a participé au songwriting et il joue sur le disque, mais la base reste quand même Bones qui existait d'ailleurs sans lui avant ça. A suivre, en tout cas
Erwan, le 26/08/2016 à 11:50
En complément à la chronique, une question me vient depuis plusieurs jours et au fil des écoutes (répétées, quotidiennes) de Loud Hailer : quand on voit la façon dont Jeff Beck, sur internet, fait la promo de son disque (très faiblement et discrètement), comparé à ses derniers lives, son travail avec Buddy Guy (dont il parle presque exclusivement), et la façon dont les membres de Bones se mettent en avant comme co-auteurs, je me demande si on a pas finalement affaire à un disque de Bones avec Jeff Beck en featuring. Pour arriver à un tel dépassement de soi de Beck, qui sort vraiment de son domaine, je fini par penser que Bones a pris en main beaucoup de choses (la présence de leur producteur à eux en studio) et que Jeff Beck n'a finalement que mis son nom sur la jaquette (en plus de ses solos sur le disque). Du coup, Bones deviendrait le groupe à suivre. Mais ce n'est que supposition ^^