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Critique d'album

Kaleo


Surface Sounds


(23/04/2021 - - Blues - Genre : Rock)
Produit par

Note de 4/5
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Consultez le barème de la colonne de droite et donnez votre note à cet album
Note de 3.5/5 pour cet album
"Nouvelle éruption du volcan rock islandais"
Quentin, le 06/02/2023
( mots)

En Islande, il n'y a pas que l’Eyjafjallajökull (prononcez "ei-ya-fia-tla-yeu-koutl"), dont l’éruption et les imposants cumulonimbus de poussières et de cendres avaient cloué au sol une partie du trafic aérien mondial en 2010, qui provoque des coulées de lave incandescentes. Des entrailles de la terre nordique en ébullition a également jailli il y a maintenant 10 ans un blues-rock puissant et tellurique, acte de naissance d’un des groupes les plus bouillants de ces dernières années.


Formé par quatre gars de Mosfellbær, dans la banlieue de Reykjavik, Kaleo ("le son" en hawaïen) fait paraître en 2016, soit trois ans après un premier album éponyme peu remarqué en dehors de leur pays natal, un véritable succès critique et commercial propulsé sur le devant de la scène en France par le titre "Way Down We Go". Ce matraquage en règle sur les ondes radio a d'ailleurs pu mener certains auditeurs un peu trop pressés à classer ce groupe dans le seul registre du "commercial" sans daigner lui prêter une oreille plus attentive. Il est vrai qu'avec 1,5 millions d’exemplaires vendus, l’album A/B a su trouver son public et nous offrir un mélange rafraîchissant de blues/rock très organique et de balades folk légères mettant en relief le charisme de la voix rocailleuse du chanteur, JJ Julius Son. On vous invite en passant à jeter un coup d’œil aux nombreux clips vidéo du groupe, tournés dans des endroits particulièrement impressionnants célébrant les magnifiques paysages sauvages de leur île nordique.


Toujours est-il que la suite de A/B était fortement attendue. Annoncé à grands renfort de singles, Surface Sounds et sa magnifique pochette faite de feu et de glace devait initialement sortir en juin 2020 avant que la pandémie ne vienne chambouler l'ensemble des agendas de l'industrie musicale. Finalement paru en avril 2021, le groupe s'est renforcé avec un cinquième membre à l’harmonica et aux claviers sans changer les ingrédients de sa recette gagnante, à commencer par le timbre toujours aussi magnétique de Julius Son, qui accède sans peine à la moindre de ses intonations aux tréfonds de votre âme.


L'album s'ouvre avec le très cinématographique "Brother Run Fast", ses accords de piano délicats qui rappellent "Way Down We Go" et sa mélodie planante qui monte en crescendo pour mieux célébrer les liens fraternels avec émotion. Le groupe enchaîne avec du blues/rock qui tâche et un combo "Break My Baby"/"Alter Ego" imparable. Un riff dantesque pour le premier morceau, évoquant les Arctic Monkeys période AM (lorsqu'ils faisaient encore du rock), le tout saupoudré de chœurs qui résonnent comme des alarmes et un dédoublement jouissif de guitares criardes en conclusion. Des accents plus stoniens pour le second titre avec une rythmique qui déménage, un larsen sulfureux et les hurlements habités de son chanteur. La veine bluesy très typée delta du Mississippi et son break façon The Black Keys (quand ils sortaient encore de bons albums) ressort quant à elle particulièrement sur "Free The Slaves" évoquant les luttes contre le racisme et l’esclavagisme.


On notera la petite sortie de piste de "Hey Gringo" qui dénote avec le style habituel du groupe. Le titre est un hommage au "Miss You" des Rolling Stones avec sa basse entraînante, son tempo chaloupé et son harmonica mais il se prend un peu les pieds dans le tapis avec des refrains qui sonnent assez disco et qui lorgnent finalement plutôt du côté de Maroon 5 (avouez qu'on est pas très loin de "Sugar"...). Rien de rédhibitoire, car le reste de l'album reste d'une grande cohérence.


C'est en particulier sur le plan des ballades que l'album marque une réelle progression avec une production bien plus fouillée. Toujours influencé par l'indie folk américaine (on se rappelle d'un "All The Pretty Girls" qui marchait dans les mêmes pas que Bon Iver), Kaleo signe avec "My Fair Lady" une superbe balade dépouillée guitare acoustique/chant et avec "I Want More" un véritable feel good song qui nous réchauffe avec ses cordes chaleureuses et que l'on sifflote en regardant défiler les paysages. Plus mystique, "I Walk On Water" déroule lentement sa partition sur une nappe de violons et de guitares cristallines avant d’accélérer le tempo pour un final grandiloquent nimbé de chœurs féminins. Le titre rappelle d'ailleurs de manière assez surprenante dans sa construction (chœurs lyriques en fin de morceau, sonorité du riff de guitare) l'excellent "All These Things That I've Done" des sudistes de The Killers (la comparaison entre les deux groupes s'arrête là).


Enfin, citons les deux meilleurs morceaux de l'album. Tout d'abord, "Skinny" et ses refrains bâtis à coup de hurlements rageurs et guitares crépitantes dénonçant la tyrannie du regard des autres et les multiples injonctions au paraître qui reposent notamment sur les artistes féminines. Ensuite, la mélancolique "Backbone" traversée par ses chœurs élégiaques et sa fureur électrique faisant office de déversoir émotionnel en fin de morceau.


On terminera cette chronique en même temps que l'album sur le troublant "Into My Mother's Arms", magnifique ode à l'amour maternel capable de nous réconforter et de nous accepter tels que nous sommes réellement, défaits de tous nos artifices et faux-semblants. Armé de quelques notes de piano, Kaleo n'a certainement jamais été aussi sincère et puissant que sur ce morceau.


Les islandais prouvent donc une fois de plus qu'il est possible d'obtenir un beau succès commercial tout en puisant dans les racines du blues et du rock pour offrir un album habité, plein de relief et d'authenticité, à l'image de leur terre natale. Une vraie réussite qui nous donne particulièrement hâte de retrouver le groupe perché en haut d'un phare, perdu sur un glacier ou niché dans le creux d'un volcan pour de futurs accomplissements musicaux détonants.

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Kaleo


Critique d'album

Kaleo


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