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Critique d'album

Knifeworld


Bottled Out of Eden


(22/04/2016 - Inside Out - Psyché - prog - Genre : Rock)
Produit par

1- High / Aflame / 2- The Germ Inside / 3- I Am Lost / 4- The Deathless / 5- Foul Temple / 6- Vision of the Bent Path / 7- I Must Set Fire to Your Portrait / 8- Lowered into Necromancy / 9- A Dream About a Dream / 10- Secret Words / 11- Feel the Sorcery
Note de /5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Un excellent rock psyché assaisonné au saxo et au basson. À découvrir d'urgence."
Nicolas, le 19/01/2017
( mots)

Qui se souvient de The Monsoon Bassoon, ce combo qui réussissait une improbable synthèse de math rock, de punk, de metal, de folk et de musique expérimentale ? Le plus gros souci rencontré par le groupe est certainement d’être tombé au plus mauvais moment, à une période où la britpop régnait en maître dans les charts anglais et alors que le public était friand de mélodies simples et de puissance instrumentale lisible. Contrainte de mettre la clé sous la porte en 2001, la formation aurait néanmoins pu s’engouffrer à l’époque à la suite d’autres acteurs émergents plus atypiques, comme The Coral par exemple. Knifeworld pourrait-il a posteriori réaliser ce trait d’union ?


Le monde-couteau n’est autre qu’un projet initialement solo de Kavus Torabi, leader désœuvré des Monsoon Basson. D’origine iranienne, cet anglais nourri à de multiples influences s’est très tôt efforcé de recréer la folie de son ancien groupe tout en l’emmenant dans une autre direction, moins radicale sur le plan sonore mais tout aussi atypique. Après avoir joué les seconds couteaux (et de la guitare) chez les Cardiacs de 2004 à 2008, date à laquelle ces derniers se sont mis en hiatus, Torabi a donné corps à sa vision d’un rock psychédélique foutraque, aux structures arithmétiques intellectuelles mais jouissant de la chaleur d’un accompagnement à vent constitué de saxophones, clarinettes et autres bassons. Après un premier disque autoproduit et plusieurs années de tournées convaincantes, il a fixé son line-up et signé chez Inside Out, label à accointances plutôt progressives, puis sorti successivement The Unravelling en 2014 et ce truculent Bottled Out Of Heaven en 2016. Ce dernier lui a permis de se faire une vraie place au soleil dans le milieu progressif et accessoirement d’être remarqué par Sel Balamir, lui aussi d’origine iranienne, qui a embarqué Knifeworld en première partie d’Amplifier pour sa tournée européenne.


La comparaison liminaire avec The Coral prend tout son sens à l’écoute d’un troisième album studio qui réalise la synthèse entre fibre pop british, atours saltimbanques contenus et allants psychédéliques barrés. Le plus fort dans tout ça est que Knifeworld reste vraiment rock, même quand les riffs sont balancés au basson : c’est heavy, presque sabbathien par instants (“I Must Set Fire To Your Portrait”). Il est vrai que la guitare n’est pas toujours au premier plan, la basse de Charlie Cawood, volumineuse et groovy, se taillant la part du lion tandis que les claviers entrent en équilibre avec la section à vent qui, étonnamment, ne choque pas plus que ça à l’oreille, au contraire. Là-dessus, le groupe jouit de deux excellents chanteurs : Torabi lui-même, à l’organe souvent grave et prégnant, mais aussi la percussionniste Melanie Woods qui jouit de lead vocaux plus purs et ensorcelants.


À l’image du conclusif “Feel The Sorcery”, direct et balancé, il n’est pas certain que “High / Aflame”, titre ouvrant Bottled Out Of Heaven, soit la pièce la plus marquante du disque, même si elle pose les bases de la formation, tour à tour éthérée et punchy, avec un virage up-tempo en milieu de piste assez saisissant. Déjà sur ce morceau, on ressent les influences bigarrées de ce groupe, ces accointances tour à tour britanniques et orientales, champêtres et désertiques. Mais c’est vraiment “The Germ Inside” qui captive avec ses structures asymétriques, ses lignes instrumentales qui déboîtent, ses cuivres qui dansent et sa mélodie vocale prise de circonvolutions tonales atypiques. Oui, il y a du James Skelly chez Kavus Torabi, dans la façon dont il habite ses morceaux, dans les chausse-trappes par lesquels il nous mène, avec, dans ce germe de l’intérieur, un pont dissonant qui gangrène le thème principal de par son effarante richesse harmonique. Il y a de tout sur cet album : du jazz gigoteur (“I Am Lost”, magnifique Melanie Woods), de l’acoustique orchestral (“Foul Temple”, “Vision Of The Bent Pass”), du rock manouche givré et mathématique (“I Must Set Fire To Your Portrait”, léger par son saxo, lourd par son basson et sa basse d’outre-tombe), de la marche pastorale toute en subtilité de dissonances (“Lowered Into Necromancy”). Et tout est réussi, même lorsque Torabi va explorer une psyché sombre en se lançant dans un chamanisme inquiétant : il se sort de ses tourments extracorporels à la force de son instrumentation (“The Deathless”, résigné avant d’être habité). N’allez cependant pas croire que Knifeworld se complaît dans une inaccessible complexité : au-delà du joyeux bordel instrumental, il y a des thèmes, des points d’accroche mélodiques qui nous font vivre ce rock iconoclaste. D’ailleurs Kavus Torabi est parfois capable de mettre la pédale douce sur ses arrangements, en résulte un “Secret Words” en forme d’hommage à Anathema et Steven Wilson, avec son traitement doux, pur et lumineux. Juste avant, “A Dream About A Dream” nous avait déjà entraînés dans ses contrées oniriques apaisantes qui, au détour d’un chemin, nous ramenaient sans ménagement à une réalité plus que rugueuse.


On le voit au descriptif ci-dessus, Bottled Out Of Heaven est un album riche, foisonnant, bariolé, typiquement le genre de disque qu’on ne peut pas appréhender en testant les trente premières secondes de chaque morceau à une borne d’écoute chez un disquaire. Un disque british jusqu’au bout des ongles, et cependant ouvert sur le monde asiatique, américain voire même sur l’autre monde, celui dans lequel on pénètre en avalant une pilule bleue, en descendant au fond d’un terrier ou en traversant un miroir. Un disque qu’il serait tout aussi ridicule de restreindre à un carcan progressif qui peut souvent effrayer les oreilles les moins cérébrales, tant Knifeworld s’adresse avant tout au cœur et parfois aux tripes. Une réussite transgenre osée et hautement recommandable.

Note de 3.5/5
Du rock progressif travaillé, bien orchestré et sacrément foutraque. On se laisse happer par les cuivres, porter par les claviers, envoûter par les multiples pistes vocales d'un disque qui sort enfin du credo contemplateur dans lequel le genre se complaît trop souvent. Une belle réussite, bien barrée quand même.
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