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Critique d'album

Lagwagon


Railer


(04/10/2019 - Fat Wreck Chords - Skate Punk - Genre : Ska / Punk)
Produit par Cameron Webb

1- Stealing Light / 2- Surviving California / 3- Jini / 4- Parable / 5- Dangerous Animal / 6- Bubble / 7- The Suffering / 8- Dark Matter / 9- Fan Fiction / 10- Pray For Them / 11- Auf Wiedersehen / 12- Faithfully
Note de 5/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"La cure de Jouvence d'un groupe culte"
Guillaume, le 08/11/2019
( mots)

Imaginez que cela fait 30 ans que Lagwagon berce nos âmes de skaters plus ou moins ratées, ou tout du moins nos désirs refoulés de monter sur un skate. Ainsi écouter Lagwagon en 2019 relèverait à la fois du syndrome de Peter Pan que de l’amour sincère pour une musique passée de mode mais si efficace, le punk rock mélodique ou hardcore mélodique, ou plus simplement skate punk.


Dinosaure du genre en pleine forme, affichant une rémanence juvénile presque insolente tout comme leurs comparses de Milencolin, NOFX ou encore Sum 41, les Californiens livrent ici leur neuvième album. Un disque qui permettra à beaucoup de ressasser des souvenirs d’une époque antérieure à l’apparition de l’internet grand public ou du téléphone portable, une époque où on jouait à Tony Hawk sur Playstation sans dire 1, 2, 3 ou 4. 


Histoire complexe que celle de la bande de Joey Cape. D’abord boulimique de sorties, à peu de choses près un album par an de 1992 à 1998 et leur chef d’oeuvre Let’s Talk About Feelings (1998 - Fat Wreck Chords) puis la mécanique se bloque. Plus rien pendant cinq ans alors que le mouvement skate punk atteint son apogée avec les arrivées de Blink-182 et Sum 41. Les gars qui sprintent depuis si longtemps regardent ailleurs. En déclinant les offres des majors ils se sont mis à la marge de la vague qu’ils avaient pourtant largement contribué à lancer. Ils restèrent ainsi un groupe majeur du genre sans jamais accéder véritablement au mainstream.


Carrière solo de Joey Cape, disparition tragique du batteur Derrick Plourde, le groupe ne sorti véritablement que l’album Blaze (2003 - Fat Wreck Chords) avant un nouveau tunnel de dix ans et un premier retour apprécié avec Hang (2014 - Fat Wreck Chords). 


Mais là où cet album précédent proposait aux fans un rock de qualité mais qui masquait parfois mal les années écoulées, Railer nous ramène à l’énergie des origines.


Finalement, s’il doit y avoir un domaine où Lagwagon fait bien son âge, il faut plutôt regarder dans le texte de "Bubble" où Cape aborde le temps passé et les figures des années 90 avec une nostalgie qui trouvera forcément une résonance chez les fans entre 35 et 50 ans. Mais voilà, les Californiens ont décidé d’utiliser le mélo comme point de départ, pas de s’y complaire. Ainsi quitte à faire resurgir le passé, autant redevenir le groupe de la grande époque, admettant en creux que leur meilleurs disques sont bien les premiers.


Les douze titres présentés sont bouclés en 35 minutes, 3 mid tempo, tout le reste fonce droit devant. Vous attendiez le retour du Lagwagon nerveux et pressé? Le voici. Effectivement Railer sonne vingt ans de moins que les musiciens qui l’ont enregistré. Difficile de croire que les fous furieux qui s’en donnent ici à coeur joie ont passé la cinquantaine, et pourtant!


Rien à jeter, tous les morceaux séduisent, retenons néanmoins "Stealing Light" qui en tant qu’ouverture de bal nous fait immédiatement présumer que ce cru 2019 sera à la hauteur de nos espoirs. Arrêtons nous également sur "Surviving California" qui nous rappelle qu’en plus d’être d’authentiques punks à roulettes, les gars de Lagwagon tiennent leur rang de musiciens précis et talentueux, en témoignent les motifs tranchants presque metal qui jalonnent la chanson, le solo de guitare totalement déjanté, ou l’énorme partie de batterie.


Cette musique débridée n’empêche pas la lutte, et voilà pourquoi nous aimons Lagwagon : la forme fun et défoulante n’empêche pas les chansons d’avoir du fond. "Jini" et "Surviving California" abordent les difficultés du coût de la vie, "Pray For Them" dénonce notre tendance à communiquer plutôt que d’agir.


Mentionnons enfin le bon travail d'appropriation effectué sur Faithfully, reprise d'un tube de Journey, groupe culte aux Etats-Unis. Elle passerait sans problème pour une composition originale. 


Si la musique réussit à sonner comme il y a vingt ans, indéniablement le gars sur la pochette débarque lui aussi tout droit des années 90, voire même d’encore avant. Avec son short en jean et sa visière fluo le pauvre bougre se serait fait bien rembarrer sur les parks de Californie où les skaters avaient plus des looks de surfers que de joggers des années 80 comme lui. D’ailleurs les kids en arrière plan le montrent du doigt à la manière d’un Nelson Muntz, ha ha, tiens, encore un personnage des années 90.


Le mot Railer qui désigne en gros quelque chose de stupide et ridicule se retrouve donc parfaitement illustré sur ce visuel efficace mais hélas pas très beau d’un certain Sergie qui aura - souhaitons lui - la possibilité de faire mieux dans le futur.


Aux manettes du son Cameron Webb que les groupes de punk s’arrachent depuis 30 ans a restitué un son en phase avec cette volonté de flashback. Pas mal de compression mais on ne se fait pas pulvériser par la batterie ou les guitares, un son pop punk plutôt flatteur en somme. Seul le piano semble un peu raté niveau reverb sur "Pray For Them", mais bon ça dure 10 secondes, on va pas en faire une histoire.


Au final, quand on est fan de la première heure d’un groupe qui a connu des évolutions plus ou moins bien accueillies avec une carrière de dix, vingt voire trente ans, on rêve souvent que ce groupe fasse ce que Lagwagon fait avec Railer, un album de retour aux sources. Retrouver la première vibration. 

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