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Critique d'album

Lindisfarne


Fog on the Tyne


(00/10/1971 - Charisma Records - Folk rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Meet Me On The Corner / 2- Alright On The Night / 3- Uncle Sam / 4- Together Forever / 5- January Song / 6- Peter Brophy Don't Care / 7- City Song / 8- Passing Ghosts / 9- Train In G Major / 10- Fog On the Tyne
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"L'essor de la scène folk de Northumbrie commence avec Lindisfarne"
François, le 07/02/2021
( mots)

Parcourir le passé musical permet aussi de se rendre compte de la réalité de la scène rock d’une époque. Pour ce qui est du début des années 1970, nous le rappelons assez souvent, les deux grands phénomènes sont le hard-rock et le rock progressif : en termes de quantité comme de qualité, mais surtout en termes de postérité (d’une façon plus large pour le premier), ils semblent être les courants dominants. Pourtant, il y a là un biais qu’il faut réviser. Nous avions signalé Patto ou Stray étaient des groupes en vue dans le Londres de 1970, alors que ces formations sont passées dans l’oubli : la réception du passé par rapport à ce qui est resté à travers les décennies (Black Sabbath, Deep Purple et autres) possède bien des angles morts. Entre mémoire et histoire, il y a donc un fossé. 


Il en va de même pour la scène folk-rock britannique qui jouit d’une grande popularité dans les 1970’s alors qu’elle a presque disparu des radars. Phénomène international mais bien spécifique dans le contexte européen, puisqu’il s’émancipe de la figure du songwriter (homme ou femme) à guitare pour préférer le groupe et surtout, les inspirations issues des musiques traditionnelles (et Renaissance), il revisite ces répertoires dans un format rock sans pour autant négliger une riche instrumentation acoustique. Sensible en Bretagne (Alan Stivell, Malicorne …) en Irlande (Horslips) mais surtout au Royaume-Uni, cette scène est très populaire. 


Pour ce qui est de l’Angleterre, deux aires se distinguent : d’une part celle du sud, autour de Fairport Convention (mais aussi Pentangle ou Steeleye Span), dans les environs de Londres, d’autre part celle de Northumbrie (au nord-est, vers l’Ecosse) avec Lindisfarne puis Jack the Lad ou Hedgehop Pie. Celle-ci fut, à notre sens, plus inventive. Preuve de cette influence, le renouveau folk anglais irrigua les autres courants, notamment le rock progressif, comme en témoignèrent Jethro Tull ou Gryphon


Lindisfarne, du nom d’une abbaye devenue symbole du début des invasions nordiques, est la tête de proue de la scène de Northumbrie, plus spécifiquement de Newcastle, et illustre bien la volonté esthétique de cette scène dans sa version initiale (on peut dire que les successeurs, à partir de 1973, seront plus émancipés dans leur interprétation de la musique traditionnelle – et souvent plus pertinents). En effet, malgré cette alliance avec le rock, le courant traditionnel demeure puriste (voire dogmatique, mais ce n’est pas le cas ici). En tout cas, elle gagne à mettre en avant ses racines, que ce soit un climat (le brouillard), un cours d’eau (Tyne) et des sonorités issues d’un répertoire séculaire. De même, les instruments utilisés – violon, mandoline, mais également partage du chant entre les couplets ou en chœur, aux répétitions parfois interminables (alors que le renouveau folk breton préfère un chant en question/réponse inspiré des bagadoù). Mais l’instrumentions moderne et résolument rock est bien présente avec ses guitares électriques, basse, claviers et batterie. 


D’ailleurs, le principal écueil de cet album est de ne pas s’engouffrer à fond dans le registre traditionnel et de se laisser porter par la formule chant/guitare, relativement répandue et manquant un peu de relief, même si de nombreuses mélodies (entêtantes) évoquent bien cette Angleterre du fond des âges et tournée vers la mer. Plus inspiré de la pop anglaise ou du folk moins axé sur les musiques traditionnelles ("Meet Me on the Corner") ou puisant dans les sonorités américaines à tendances folk ("Alright on the Night", plus encore "Together Forever" qui est proche de la country) ou du blues ("Uncle Sam" "Train in G Major"), Lindisfarne est donc loin d’être mauvais dans le registre mais pas original non plus, sauf exception sur des titres inspirés ("January Song", très Bob Dylan ou "City Song" où l’alliance douze-cordes/mandoline/électrique fonctionne bien). Les plus grandes réussites demeurent celles qui sont le plus imprégnées du registre folk comme l’entêtant "Fog on the Tyne" ou "Scotch Mist", pur moment de trad’ offert en bonus. Rythmée, le morceau-titre offre de belles parties de mandoline, une bonne idée dans le partage des couplets entre les membres du groupe puis un refrain en chœur porté par le violon donnant envie de participer à cet hymne des Georgies. 


Fog on the Tyne est un album fondateur à défaut d’être exceptionnel, puisqu’il manque le coche de la fusion pleinement assumée entre musique traditionnelle et rock. Plus tard, Jack the Lad (en partie issu de Lindisfarne) et plus encore Hedgehog Pie relèveront le défi avec maestria. Il n'en reste pas moins un bon voyage dans le temps, et l'espace. 


 

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VOLA


Witness


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Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

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