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Critique d'album

Motorama


Poverty


(26/01/2015 - Talitres - Post-punk - Genre : Rock)
Produit par

1- Corona / 2- Dispersed Energy / 3- Red Drop / 4- Heavy Wave / 5- Impractical Advice / 6- Lottery / 7- Old / 8- Similar Way / 9- Write To Me
Note de 5/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Très bon post-punk exécuté avec un sérieux monacal. "
Pierre D, le 22/02/2015
( mots)

Le post-punk envisagé aujourd'hui est l'histoire d'un traumatisme. Celui provoqué par Joy Division, ce petit groupe mancunien extrait de la cuisse punk par une troupe de Pygmalions (Martin Hannett au son, Peter Saville au visuel, Tony Wilson à la tchatche visionnaire) qui ont aidé à façonner une entité tellement énorme que son esthétique est presque synonyme d'un genre musical tout entier.

Dans ses moments les plus sinistres, la musique de Motorama est un plagiat nécrophile du groupe de Manchester. Le baryton contrit Vladislav Parshin singe le chant de Ian Curtis sur "Dispersed Energy" et se fait le chantre de l'abjection humaine comme Curtis en son temps ("Burnt tongues / Fried bones / Dirty bodies with rotten hairy hearts"). Pas étonnant, vu que le groupe mancunien prend parfois des airs d'Immaculée Conception du monde pop. Conséquence dommageable, les Russes ont l'air rivés à l’œuvre tellement neuve et (en apparence) sans pairs de Joy Division. Basse aiguë et profonde, batterie mécanique et humaine à la fois, tout cela se retrouve sur Poverty, album ajusté aux angles du post-punk.

Poverty : pauvreté des moyens d'abord. Fidèle à une ligne claire, la musique de Motorama est gérée en bon père de famille et l'album n'excède pas les 30 minutes. La pauvreté en question est assumée avec un disque enregistré en une semaine dans l'appartement du chanteur avant d'être mixé avec l'aide du guitariste. Indépendant jusqu'à l'autarcie ? Sans doute pas. Les gens de Motorama ont beau être russes, ils prennent le parti de chanter en anglais pour ne pas se replier totalement sur eux-mêmes. La maîtrise parfois aléatoire de la langue anglaise engendre des textes au dénuement spartiate. Le chanteur va jusqu'à intimer l'ordre à un autre de lui écrire plutôt que de continuer à babiller de sa voix irritante ("Write To Me"). Son accent slave appuie la sensation d'irréalité induite par cette musique née bien loin de Manchester. En substance et comme dirait l'autre, "Nos usages ne sont pas vos usages".

Quand Poverty s'éloigne des zones obsessionnellement grises, il rappelle qu'au temps du post-punk l'heure était aussi à la danse ("Corona"). L'horizon est alors dégagé pour les tintements de guitare ("Old") et les rythmiques éclatées de la new-wave et de la drum n' bass. Motorama ne construit pas qu'une chrysalide misanthrope, il aménage ses espaces selon deux lignes dirigeantes : rigueur et fragilité. Les synthétiseurs infantiles de "Lottery", les arpèges impulsifs de guitare, tout est utilisé avec parcimonie. Poverty est exécuté dans le respect strict des règles de la nécessité. Régulièrement c'est brillant ("Old", "Similar Way", "Heavy Wave").

Vu récemment sur scène au Botanique à Bruxelles, Motorama met un point d'honneur à ne pas verser une goutte de sueur. Tout du long de ce concert monacal, le groupe ne daignera pas jeter un regard au public et portera toute son attention à l'agencement précis et rigoureux de sa musique. C'est parfois ennuyeux mais tant de sérieux force le respect.

Commentaires
Machina, le 15/06/2015 à 10:51
Groupe produit par un label de bordeaux, Talitre. D'un abord répétitif et lancinant, les lignes mélodiques du guitariste prennent peu à peu le pas, la basse nous emporte et oblige instinctivement à remuer la tête, la voix d'outre tombe devient peu à peu magique et fantastique. Superbe album.
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