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Critique d'album

Patto


Patto


(00/11/1970 - Vertigo - Hard rock, jazz rock - Genre : Rock)
Produit par Muff Winwood

1- The Man / 2- Hold Me Back / 3- Time to Die / 4- Red Glow / 5- San Antone / 6- Government Man / 7- Money Bag / 8- Sittin' Back Easy
Note de /5
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Note de 3.0/5 pour cet album
"L'expérience Patto, entre jazz et rock conventionnel"
François, le 18/11/2020
( mots)

La toute fin des 1960’s et le début des 1970’s marquèrent la rencontre entre le rock et le jazz. Mouvement réciproque qui entraîne les jazzmen vers le rock (surtout aux Etats-Unis mais pas seulement, à travers le jazz-fusion) et les rockeurs vers le jazz (de King Crimson à l’Ecole de Canterbury en passant par Colosseum, au sein du rock progressif), il est rarement apparu mêlé à une musique plus brute et directe, plus proche du blues-rock ou du hard-rock. 


Patto constitue ainsi une exception, un ovni. Groupe maudit s’il en est, entre le destin de ses membres et le succès jamais rencontré, la formation du nom de son leader (Mike Patto) est devenue un peu culte désormais pour son originalité, qui exprime de façon inattendue l’écosystème esthétique de son époque. Leur premier album, sans être fabuleux, demeure incontournable pour bien comprendre les enjeux stylistiques du rock du moment. 


"The Man" est ainsi rythmiquement chaloupé avec ses nombreux contretemps, et emprunte un certain minimalisme duquel ne sort que le solo de vibraphone. Mais la guitare comme le chant donnent un soft-rock à la Free ou proche des sonorités américaines (surtout pour la seconde partie). Il illustre donc parfaitement cette hybridation entre jazz et classic-rock. D’ailleurs, beaucoup de titres demeurent dans un rock assez conventionnel pour l’époque : "Hold Me Back" est une pièce saturée teintée de blues, "Time To Die" un titre dominé par la guitare acoustique parfois country, le bon "Red Glow" regarde du côté de Creedence Clearwater Revival. Sur ce dernier titre, Ollie Halsall témoigne d’une dextérité rare et d’une totale maîtrise de sa guitare, et d’affirme comme un musicien indéniablement sous-coté. C’est, avec le légendaire Mike Patto, la grande révélation de l’album. 


Evidemment, nous sommes à l’ère des trente-trois tours qui nécessitait une première face plus accrocheuse : ainsi, à cette première moitié un peu classique succède une seconde plus aventureuse. "San Antone" est bien plus subtil qu’il n’y paraît et mélange son boogie-rock presque daté pour les 1970’s avec des dissonances et des ruptures rythmiques audacieuses. De même, le plus direct "Sittin’ Back Easy", véritable réussite, alterne phases légères et moments plus puissants et hard-rock, le tout bercé par une rythmique complexe. 


Bien sûr, l’expérimentation touche à son comble avec "Money Man", dans un registre presque free-jazz, entre la rythmique difficile à suivre (aussi bien à la basse, très présente, qu’à la batterie) et les élucubrations guitaristiques … Introduction chaotique avant une partie chantée jazz-rock cotonneuse, pour une transition surprenante. Néanmoins, et c’est, au-delà de l’intérêt certain qui présente ces tentatives musicales, ce qui pèche le plus souvent dans l’album : un manque de titres vraiment mémorables ou d’audaces accomplies. 


En définitive, la courte aventure Patto mérite réellement qu’on s’y intéresse ne serait-ce que pour percevoir l’esprit d’une époque. Sa position à l’intersection de nombreux genres sans jamais complètement y toucher – d’aucuns diront le cul entre deux chaises – le rend aussi original que bancal, mais lui donne tout son charme. 


 

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