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Critique d'album

Starcrawler


Starcrawler


(19/01/2018 - Beggars - Glam punk - Genre : Rock)
Produit par Ryan Adams

1- Train / 2- Love's Gone Again / 3- I Love LA / 4- Different Angles / 5- Chicken Woman / 6- Pussy Tower / 7- Full of Pride / 8- Let Her Be / 9- Tears / 10- What I Want
Note de 3/5
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Note de 3.5/5 pour cet album
"Le premier disque d'Arrow de Wilde et ses sbires assure, sans totalement honorer la promesse de leurs épatantes prestations scéniques"
Nicolas, le 18/04/2018
( mots)

On ne va pas se mentir : s’il veut survivre, le rock va devoir faire le plein d’icônes, de vraies icônes. Tous les grands frontmen historiques commencent à prendre gentiment de l’âge, et on reléguera bientôt à l’hospice les Ozzy Osbourne, Iggy Pop et autres Gene Simmons dont la date de péremption s’avère tout de même quelque peu dépassée. Et s’il veut survivre, le rock aura aussi besoin de femmes, parce que c’est une évidence, déjà, et parce que le sexisme qui pénétrait encore tous les milieux artistiques dans les années 60-70 a mis trop longtemps à donner à la gente féminine toute la place qu’elle mérite dans la musique à guitare. En ces heures de scandale Weinstein et de MeeToo - n’épiloguons pas sur le phénomène ni ses excès, reconnaissons simplement que la vraie libération de la femme pourrait enfin être en marche -, l’explosion que l’on prédit imminente d’Arrow de Wilde arrive à point nommé, et on ne peut que s’en réjouir.


Brossons tout d’abord le CV de cette grande asperge rouquine au teint blafard de tout juste dix-huit balais. Arrow de Wilde est la fille d’Autumn de Wilde, photographe et clipeuse bien connue pour avoir bossé avec les White Stripes (Get Behind Me Satan, c’est elle), les Raconteurs (Broken Boy Soldiers), Fiona Apple, Beck, Wilco, Death Cab For Cutie, etc, elle-même fille de la photographe Jerry de Wilde (Hendrix at Monterrey) et d’Aaron Sperske (batteur pour Father John Misty et Ariel Pink). Mannequin pour Teen Vogue, passionnée par les maladies mentales en tous genre, Arrow - un prénom comme ça, ça ne s’invente pas - est justement une grande fan d’Ozzy, Iggy et Gene, tout comme une adoratrice des  Cramps et des Runaways. Toutes ces influences, elle les canalise dans des prestations scéniques saisissantes qui la voient jouer les échalas junkies anorexiques, se contorsionnant en tous sens et se livrant à un exhibitionnisme trash à grand renfort de - faux - sang qu’elle se plaît à cracher sur les premiers rangs et à s’étaler sur le corps et le visage. La voir se masser l’entrejambe, la main dans la culotte en position de l’araignée (alors Iggy, on fait moins le malin, hein ?) a quelque chose d’à la fois déroutant et fascinant. Oui il y a du théâtre, du glam, chez cette jeune ricaine provocante qui, pour autant, sait très bien ce qu’elle fait et qui a plus d’une flèche - hin hin - à son arc. Repérée par les Lemon Twigs, de Wilde a bien vite été embarquée avec ses Starcrawler en première partie du duo de LA, au point d’éclipser la tête d’affiche (surcotée, la tête d’affiche, mais c’est un autre débat). Quelques mois ont ensuite suffi à mettre une dizaine de titres en boîte sous la houlette de Ryan Adams, et voilà le carré californien qui débarque dans la cour des grands via Rough Trade.


Alors, Starcrawler sur CD - c’est-à-dire sans ses atours scéniques -, ça donne quoi ? On sait par exemple que les Stooges ont peiné à retranscrire sur disque l’énergie et la folie de leurs concerts, au début en tout cas. Force est de constater que Starcrawler, l’album, s’en sort vraiment bien. À défaut de glam, on préférera voir dans ce groupe le récipiendaire d’un hard rock aux lourds relents de Black Sabbath, aux accents punk bien sentis et que Nirvana n’a pas laissé insensible. Vous voyez que tout cela n’a rien de très glam. Le son de guitare est lourd, abrasif, guttural dès l’introductif “Train” faisant office d’amuse-bouche, au rythme débridé et conclu par un hommage - clin d’œil au “War Pigs” de Sabbath. Un hommage qui reviendra un peu plus tard sur “Chicken Woman”, à la rythmique lente et qui, dans ses derniers retranchements, s’envole en recopiant la ligne de basse de "Paranoid”. Visiblement, De Wilde et ses petits copains connaissent leurs classiques, et on ne peut s’empêcher de songer à “Drain You” de Nevermind sur “Full Of Pride”, la touche nasty chick en plus. Arrow n’est pas la seule à chanter, partageant souvent le micro avec le gratteux Henri Cash qui affectionne les tenues de cow boy et les riffs de bûcheron. Un duo qui s’exprime au mieux sur le minaudeur “Pussy Tower” qui verse dans un bon hard rock ricain bien troussé, la caution féminine ne ménageant pas ses lignes vocales putassières - expérience prolongée un peu plus loin avec le puissant “Let Her Be”. Ailleurs Starcrawler se frotte au punk dévoyé et accueille l’auditeur par de cinglantes coulées de guitare acides avant de lancer la charge de “Love’s Gone Again” à pleine cadence, la hargne des instruments entrant en opposition avec la candeur négligée de sa chanteuse. Les styles se téléscopent, avec la guitare collante et abrasive de “Different Angles” que dynamitent les sautes rythmiques des chanteurs tour à tour nonchalants et fiévreux. Preuve que le carré a de la personnalité, le balade “Tears” est balancée avec une six-cordes englobante toute en échos et coups de fouet, tandis que l’album se voit achevé par un bon blues rock qui décanille sa bière dans le caniveau (“What I Want”).


Le  bréviaire de Starcrawler, finalement, pourrait bien être le single “I Love LA” dont le clip pince-sans-rire soulève sans effort les commissures labiales, et même si la chanson ne se montre pas très représentative du style de la bande, elle constitue un bon ambassadeur à ce premier album brut de décoffrage qui gagnerait certainement à un peu plus d’acuité d’écriture et - sans doute - à lâcher encore davantage la bride, afin que la musique puisse être à l’avenant de cette épatante promesse scénique. Mais le groupe est jeune, et on ne doute pas que l’avenir sourira à belles dents à la silhouette dégingandée d’Arrow de Wilde et à ses camisoles blanches ensanglantées.


 

Avis de première écoute
Note de 3.5/5
Voilà longtemps qu'on avait pas vu percer une telle petite bombe punk. Le groupe emmené par la toute jeune Arrow de Wilde s'amuse à reprendre tout ce qui a fait le glam de L.A. à ses débuts, et c'est franchement amusant de les écouter s'amuser. On fini bien sûr par sentir le côté très théâtrale de ce rôle de petite punkette, qui se retrouve apparemment sur scène à base de giclée de faux sang sur le public. Mais pourquoi le lui reprocher ? Le glam de L.A. était du théâtre, des rôles interprétés par des comédiens qui voulaient foutre la pièce en l'air. C'est tout ce qu'on demande à un tel groupe, et Starcrawler le fait pour l'instant à merveille.
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