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Critique d'album

Steeve Estatof


A l'envers


(24/08/2004 - BMG/M6 Interactions - Rock selon Endémol - Genre : Pop Rock)
Produit par

1- Garde Moi / 2- Je m'en foutre / 3- Un peu de nous deux / 4- Ma vie devant toi / 5- Le succès rend con / 6- Stella / 7- Enfin / 8- Le temps, Le héros / 9- Je n'entends rien / 10- Si je reviens / 11- 1977
Note de 3/5
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Note de 1.5/5 pour cet album
"Le rock casté par M6? On en rit jaune..."
Maxime, le 15/04/2005
( mots)

Parlons de Steeve Estatof sans détour. Je sais bien que dès qu'il pointe le bout de la mèche, le grungeux permanenté de M6 subit les foudres du public rock, du gamin de 14 ans qui croit que Linkin Park est un "vrai" groupe de rock (j'en rigole encore) au lecteur des inrocks. Steeve, c'est la tête de turc rêvée. C'est si facile de lui en foutre sur la gueule qu'on peut mettre sur ses frêles épaules tous les maux dont souffre le rock actuel. Sauf que... l'homme a oublié d'être crétin. Il sait qu'en passant par la télé-réalité, le gratin alternatif lui pissera à la raie. Oui mais, il s'en fout Steeve. Il joue, il a un album, une tournée en préparation, bref, musicalement, il existe.
J'avais vu une de ses prestations l'année dernière à Top of the Pop (où il a refusé d'interpréter son single pour jouer une chanson inconnue de son album) ainsi que des bouts de son passage à la nouvelle émission live de Canal. Et c'est clair qu'il s'en fout, le bonhomme, de nos insultes, de notre mépris, de notre bon goût. Il nous emmerde, même. Il faut le voir dodeliner de la tête au son de sa musique, s'escrimer sur son manche pour se rendre compte que lui, il joue, quand d'autres en restent aux mots. Il vit le truc et tant pis si Rock Machin refuse de chroniquer son disque. Il y croit, et ça se voit qu'il est un peu plus qu'un Jérémie Chatelain shampooiné au Dop ou une Emma Daumas "lavignée". Et voilà-t-y pas qu'un lecteur de Rock & Folk pose LA question à 0,2 euros : "Et si être rock en 2004, c'était Steeve ?" Ajoutons à cela ses deux singles, pas si mal foutus que ça (en tous cas pas plus que ceux de Kyo), et voilà que le type a fini de me plonger dans la plus profonde perplexité.
Je me suis donc fait prêter son 1er album par ma voisine d'en face en échange de Nevermind, histoire de voir ce qu'il a dans le ventre. Alors, bien sûr, on se retrouve vite à faire un sérieux écrémage : on vire d'emblée une grosse moitié de l'album, lisse et indigeste (signée en partie par David Hallyday et Axel Bauer, fallait pas chercher plus loin). Reste une poignée de chansons un peu plus intéressantes, signées comme par hasard par Steeve lui-même et non composées par un quelconque disciple de Valéry Zeitoun. Ainsi, ça démarre sec par son 1er single, "Garde moi", au riff de guitare putassier mais sacrément efficace comme seul Lenny Kravitz sait en trousser (cette phrase est évidemment à prendre au second degré). On se rend compte que Steeve gueule plutôt bien. Il a une petite voix rocailleuse qui ne demande qu'à s'épaissir avec l'aide de moult litres de whisky et autres hectogrammes de nicotine. Puis on enchaîne avec "J'm'en foutre" (traduction de Nevermind ?), à la structure rock éculée, qui laisse les guitares éclater au refrain. Le titre suit son cours, quand soudain, on sursaute : le bel éphèbe imite l'illustre chanteur d'Alice in Chains. On rigole au début en se demandant ce que ça fout là , mais bon pourquoi pas ? On sent qu' "Enfin" aurait pu être meilleure, si on avait lâché la bride au cou d'Estatof. Peut-être risquait-il de se prendre 4 heures de colle à la Star Ac'... Même la ballade "Le Temps, le Héros" a la vertu d'être presque potable. Mais le meilleur se trouve à la fin, dans ce furieux single qu'est "1977". Là, Steeve lâche tout : guitare saturée, verbe ordurier, rythmique en roue libre. Le rockeur trouve même le temps d'imiter les hurlements biscornus de Mike Patton avant de clore l'affaire sur un pastiche de la fin de "Stay Away". Ecoutez, ce morceau est tout simplement hallucinant ! Estatof termine cet album pas terrible tout de même sur quelque chose d'inédit.
Alors, oui, ça reste "made in M6": production qui lisse le son au possible, textes mielleux quand ils ne versent pas dans une pseudo rébellion absurde, vu le contexte ("Le Succès Rend con", si tu le dis, mec). Il n'empêche, si au prochain album, la gars prend de la bouteille, compose tout lui-même, ose une production aux guitares plus tranchées (ça fait beaucoup de "si" quand même), il se peut qu'on obtienne alors un disque étrange : à la frontière floue entre produit marketing et furie rock. Oui, c'est possible, nous dit Steeve en relevant sa mèche, attendez un peu.
On est pas pressé.

PS : Faut quand même que j'aille récupérer mon Nevermind, parce que, bon, faut pas déconner non plus.

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