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Critique d'album

Steven Wilson


To The Bone


(18/08/2017 - Caroline - Rock progressif - Genre : Rock)
Produit par Steven Wilson

1- To the Bone / 2- Nowhere Now / 3- Pariah / 4- The Same Asylum As Before / 5- Refuge / 6- Permanating / 7- Blank Tapes / 8- People Who Eat Darkness / 9- Song of I / 10- Detonation / 11- Song of Unborn
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
""Un "SW pour les nuls" qui nous en met jusqu'à l'os""
Nicolas, le 02/09/2017
( mots)

Qu’est-ce qu’on peut se marrer en glandouillant sur les réseaux sociaux. À ce compte-là, si vous aimez le rock progressif, on ne peut que vous conseiller de vous abonner aux threads Facebook de World Prog-Nation, Proggers ou Progressive Music Planet, entre autres. Vous y lirez (en fouillant bien parce que ça commence à dater) que Steven Wilson n’y est plus en odeur de sainteté après avoir osé se compromettre dans le mainstream, avoir vendu son âme au dieu dollar, s’être vautré dans la “pop” avec un petit p comme celui de “pétasse”, sentiment haineux exacerbé par l’interface-exutoire propre à ce mode de communication. L’accueil fait à des titres comme “Pariah”, “The Same Asylum As Before” - là, ça passe encore - mais surtout “Permanating” a plus que dépassé les bornes de la bienséance. Il y a de cela quelques semaines encore, des hordes de progueux en colère annulaient vertement leurs précommandes de To The Bone sans faire mystère de leur désarroi et de leur désamour, tandis qu’un journaliste espagnol très remonté prenait spécialement l’avion de Madrid pour aller dire en face à Wilson à quel point son album était “merdique”. Nous vivons vraiment dans un monde formidable.


Pour en revenir à des moutons plus courtois, il y a deux éléments fondamentaux à prendre en compte avant d’aborder ce cinquième album solo du natif d’Hampstead. Le premier, c’est que l’intéressé commence à en avoir marre de demeurer un inconnu auprès du grand public, et que désormais, il ne s’en cache plus. Interrogé quant à la signification de son précédent - et sublime - opus Hand.Cannot.Erase., concept album traitant d’une jeune fille à ce point abandonnée par son entourage que l’on n’a découvert son cadavre chez elle que trois ans après sa mort, Wilson ose la métaphore entre cette pauvre femme invisible et lui-même, ayant utilisé son disque pour exulter son malaise face à cette idée que, bien que reconnu internationalement comme l’un des plus grands songwriters actuels et remplissant des salles de plus en plus grandes - tel l’Hammersmith Odeon de Londres -, Wilson était désespérément boudé par les médias mainstream et demeurait un parfait inconnu pour le britannique - et l’humain - lambda. À ce compte-là, sa signature chez Caroline International n’a rien d’un hasard, et on notera au passage que cette stratégie s’est avérée payante puisque le prog-rockeur à mèche jouit désormais d’une tribune médiatique conséquente et populaire (BBC, Rolling Stone, Kerrang! and so on) et que son disque a pu se hisser jusqu’à la troisième place des charts anglais, la seconde des allemands et la première des hollandais. Surréaliste mais vrai.


Second élément de l’analyse… faut-il vraiment que certaines personnes aient la mémoire courte ? Alors comme ça on reproche à Steven Wilson de faire de la pop ? Sans rire. D’une, To The Bone n’est certainement pas un disque pop, faudrait peut-être voir à arrêter de déconner cinq minutes. D’accord, “Permanating” se place clairement à part, tellement inspirée par ABBA que c’en est presque amusant (et en plus le morceau est bon, so what?), mais pour le reste, mince alors, faites écouter ce disque au quidam moyen et demandez-lui ce qu’il en pense. Ça reste quand même un tantinet plus touffu que le dernier Ed Sheeran, non ? Eh quoi, il y a des mélodies, des refrains mémorables, des mélodies qui vous trottinent dans la tête ? Mais bon sang, c’est le propre de quasiment TOUS les albums de Wilson, à commencer par ceux de Porcupine Tree (et à ce titre on ne saurait trop vous conseiller de vous replonger dans des merveilles passées comme Lightbulb Sun, Voyage 34 ou Up The Downstairs) et ceux de Blackfield. De deux, l’homme ne prend personne en traître, j’en veux pour preuve les premiers disques qu’il a sortis sous son nom propre, des 45 tours de reprises depuis rassemblés au sein du recueil Cover Version et revisitant ABBA (tiens donc), Alanis Morissette, The Cure ou encore Prince. Plus encore : dans toutes ses interviews, SW ne cesse de rappeler depuis deux décennies le paradigme de sa jeunesse, sa fibre prog - Pink Floyd héritée de son père et celle pop - Donna Summer héritée de sa mère, deux penchants qui se sont toujours mélangés dans sa musique à des degrés plus ou moins inégaux selon les périodes. Bref, ce procès en popisation du maître du prog rock a de quoi laisser pantois, mais laissons cela de côté.


Dans les faits, To The Bone se pose comme une porte d’entrée idéale à l’univers de Steven Wilson, à son rock fusionnant la liberté structurelle à l’ancienne de Pink Floyd et la mélancolie moderne de Radiohead, et si le coup a été prémédité, il a été bien prémédité. Le disque se montre en effet accessible, du moins autant que possible. “Nowhere Now” s’avère à ce compte assez finaud dans ce genre d’office, aussi radieux qu’un Blackfield d’antan mais légèrement plus gaillard, avec cette voix à la fois empruntée et chaleureuse, affable et mystérieuse qui caractérise l’anglais, mais aussi ses soli simples, nerveux et personnels. C’est la deuxième bonne nouvelle de ce LP 5 : on retrouve enfin Wilson à la guitare, et si l’on pourra quelque part regretter le départ du virtuose Guthrie Govan qui officiait sur les deux précédents disques, nul doute que le jeu original de l’auteur-compositeur sied quelque part mieux à sa propre écriture. Par ailleurs To The Bone est une réussite du début à la fin, même s’il est vrai que “Permanating” et sa dance pop 80’s, quoique sympathique, peine à s’intégrer de façon cohérente à l’édifice. Les autres titres, bien que divers et ne cherchant pas à s’apparier aux autres - on est loin ici du concept album -, respectent pour le moins une certaine cohérence avec la production wilsonnienne. Si les tics d’écriture sauteront aux yeux des connaisseurs, l’anglais a au moins le mérite, sans éviter certaines répétitions mélodiques par rapport à son œuvre antérieure - mais comment pourrait-il en être autrement en sachant que le bonhomme frise la cinquantaine d’albums à son actif ? -, de rester pertinent, intéressant et sensible à tout instant. Les duos masculin-féminin apportent d’ailleurs une belle bouffée de fraîcheur à l’ensemble, même si Wilson s’y était déjà essayé sur son disque précédent. On appréciera ainsi la force contenue de “Pariah” et son final irradiant en tous sens, la douceur exquise du magnifique “Blank Tapes” (émouvante Ninet Tayeb), et le malaise trouble qui émane du trip hop “Song Of I” (parfaite Sophie Hunger), une chanson qui n’est pas sans rappeler certains détours glauques de Grace For Drowning. Mais si la lumière manque parfois et si le disque traite de sujet graves (le Brexit, la crise des migrants avec le stratosphérique "Refuge" ou le fondamentalisme religieux par exemple), il le fait la plupart du temps avec un regard beaucoup plus serein et optimiste que par le passé, et si nombreux seront ceux à regretter l’absence récurrente de cette mélancolie si bien sublimée par son auteur sur ses livraisons précédentes, d’autres se réjouiront d’un disque clairement plus diurne que les autres et, par certains côtés, plus “agréable”, notamment pour les oreilles qui avaient déjà goûté par le passé aux émanations désenchantées de SW sans y avoir pris plaisir.


Et puis To The Bone est un album où Wilson s’expose, où il ose des choses, comme cette voix aiguë sur les couplets de “The Same Asylum As Before”, exemple type du refrain qui vous poursuit partout et à toute heure de la journée. Il s’expose même sur la jaquette, et ce pour la première fois (ou quasi) depuis ses débuts sous divers noms d’emprunts, ce qui fait de ce LP un disque très personnel où l’intéressé écrit, arrange, chante, joue de la guitare, reflet de son seul être et non de ses illustres collaborateurs d’antan. Oui, il y a du Porcupine Tree 90’s - donc solo - dans le morceau éponyme, simple en apparence mais n’hésitant pas à s’évader par des chemins détournés au gré de ponts instrumentaux à rallonge. C’est encore plus vrai pour le superbe “Detonation”, pour le coup un vrai titre progressif moulé dans l’ADN de Wilson, avec cet up-tempo tendu et crépusculaire qui se lance dans des circonvolutions angoissées, entre rêve et cauchemars, avec de petites pointes d’“Anesthetize” en soubassement. Et puis il y a “Song Of Unborn”, une merveilleuse conclusion, tranquille mais teintée de tristesse, aussi douce que puissante, parfait point d’orgue d’un disque certes formaté à dessein mais qui n’a en rien vendu son âme. En espérant que To The Bone permettra à Steven Wilson de se faire un nom... à défaut d’ajouter un autre immense disque à son répertoire. Mais s’il n’est pas immense, il n’en est pas moins solide comme un roc, et c’est déjà beaucoup.

Note de 4/5
Un vrai coup de coeur pour ce nouvel album d'un Wilson qui s'affirme totalement. Pourtant tout n'est pas parfait (attention la cohérence) et on peut parier que To The Bone recèle de moins de richesses que les deux précédents opus du maître. Mais il a d'autres atouts, notamment celui de toucher immédiatement là où ses prédécesseurs s'apprivoisaient à mesure des écoutes. A l'instar de sa pochette, Wilson se met à nu, dévoilant des facettes étonnantes comme cet attrait étrange (quoi qu'intéressant) pour la dance/pop ("Permanating") et en assumant des compositions plus fleuves, moins intellectuelles et fatalement plus touchantes. Et surtout, Wilson épate par un jeu de guitare absolument superbe, fin et tranchant, dans la droite lignée du Gilmour fin 70's, et revient à ses premiers amours adolescents (la guitare, donc) avec la sagesse du musicien accompli. Grandiose.
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Commentaires
loic_d, le 21/09/2017 à 20:04
Excellent album et excellente chronique :) Cet album continue de me ravir chaque jour dans ma voiture, même si je préfère le précédent, pas tant pour sa virtuosité que pour son côté émouvant (je n'ai pas peur du mot) et mélancolique. Hand. Cannot. Erase. reste pour moi l'album culte de ces 10 dernières années!
Florencioo, le 03/09/2017 à 15:39
Exactement le même ressenti que Nicolas sur cet album. De toutes les sorties de l'été, c'est celui que j'écoute le plus et réécoute avec plaisir, et ça contraste avec les vraies déceptions récentes (mettre les noms des groupes en question ici)
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