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Critique d'album

The Black Keys


Brothers


(18/05/2010 - Nonesuch - Blues Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Everlasting Light / 2- Next Girl / 3- Tighten Up / 4- Howlin' For You / 5- She's Long Gone / 6- Black Mud / 7- The Only One / 8- Too Afraid To Love You / 9- Ten Cent Pistol / 10- Sinister Kid / 11- The Go Getter / 12- I'm not The One / 13- Unknown Brother / 14- Never Gonna Give You Up / 15- These Days
Note de 4/5
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Note de 4.0/5 pour cet album
"Le sixième LP des Black Keys frappe (très) fort..."
Thomas, le 05/06/2010
( mots)

Quelque part entre la fin des 90's et le début des 00's, une poignée de groupes s'était mis en tête de remettre le blues au goût du jour, comme nos voisins d'outre-manche l'avaient fait à l'époque de la "British invasion" dans les 60's. Ainsi les Blues Explosion de New York ou les Gories et les White Stripes de Detroit, s'étaient attelés à raviver l'héritage des grands pionniers du blues à leur façon ; en donnant un bon coup de pied dans ce tas de cendres qu'avaient laissé lentement s'éteindre les pontes du genre ces trente dernières années, Clapton en tête. Et en prenant soin d'établir leur propre vision du genre, dynamité par une approche punk, noyé dans le fuzz, enregistré sur un matériel vintage avec une production "crade" propre au garage, qui convenait parfaitement au rythme rugueux et primaire du blues.

C'est dans ce cadre qu'on avait vu débarquer les Black Keys, deux jeunes blancs-becs sortis de nulle part (Akron, Ohio). Beaucoup plus proches des racines du blues que leurs concurrents, le duo guitare/batterie formé par Dan AuerBach et Patrick Carney distilla le temps de trois premiers albums un blues minimaliste, authentique et furieux, à situer quelque part entre le boogie endiablé des Canned Heat, les expérimentations saturées de Hendrix et le raffinement des Cream, rien de moins, et le tout avec un respect quasi-religieux des grands fondateurs du genre à qui ils empruntent d'ailleurs quelques titres (Robert Pete Williams, R.L Burnside, Junior Kimbrough). Un départ sans fautes, qui leur vaudra une signature sur l'excellent label blues Fat Possum. Trois perles produites par le groupe lui-même sur un enregistreur 8 pistes dans le garage du batteur ou dans une vieille usine de caoutchouc, selon une éthique "Do It Yourself".

Seulement voilà, en 2006 le groupe prend la décision de quitter Fat Possum pour une une filiale de la Warner, NoneSuch Records. S'ensuivent un album à l'efficacité moins immédiate, Magic Potion, qui remet en question la viabilité de la recette miracle au long terme, puis, en 2008, Attack and release, constitué de compositions initialement destinées à Ike Turner (il cassera sa pipe entre temps) et produit par le très hype Brian "Danger Mouse" Burton, qui voit le style du groupe se diluer dans des influences et instrumentations diverses et douteuses (banjo, flûtes, claviers divers...). Une réelle surprise et une déception absolue pour ceux qui suivaient le groupe pour son approche puriste du blues.

La sortie de Brothers le mois dernier était donc plus qu'attendue, et notamment par ceux qui espéraient un retour en grâce des jeunes apôtres du blues nouveau. Autant le préciser d'emblée, le duo a résolument décidé d'étendre son horizon musical et de faire éclater le carcan stylistique dans lequel s'étaient bornés leurs premiers enregistrements. Ce Brothers, bouclé dans les studios de Muscle Shoals en Alabama, réputés pour avoir accueilli par mal de pointures soul dans la fin des 60's, lorgne du côté de la pop, se risque dans la Soul 60's de Motown, flirte avec le hip hop et l'électro, en bref, fait dans l'expérimentation décomplexée et signe une réelle révolution dans le style du duo, pas moins.

L'album s'ouvre sur "Everlasting light". Batterie calibrée comme une boîte à rythme et riff de basse robotique, cœurs féminins en arrière plan et chant en falsetto d'Auerbach, le morceau évoque le garage électro des Kills et ne ressemble à rien de ce qu'avaient pu faire les Black Keys jusque là. Mais surprise, la sauce prend immédiatement. Outre les progrès techniques du chanteur (visibles sur l'ensemble de l'album), l'évolution stylistique, contrairement au précédent opus, semble ici parfaitement maitrisée. "Next Girl", qui prend la suite, ne surprend pas moins ; basse ronronnante, effets wah wah et guitares stridentes suivent un beat diabolique martelé par Patrick Carney. Le morceau sonne comme une rencontre fortuite entre un beat hip hop et un blues tranchant, et contre toute attente, le résultat est d'une efficacité absolument imparable.

Une entrée en matière qui force un constat : les Black Keys tels qu'on les a connus ne sont plus. A croire que les  récentes aventures des deux larrons (projet solos respectifs, collaborations avec des artistes hip hop au sein de Blackroc...) ont définitivement transformé leur projet commun. Les compositions du duo, libérées des contraintes que celui-ci s'était imposé dans ses précédentes sorties (exception faite d'Attack and Release) font ici preuve d'une inventivité nouvelle. L'usage régulier de la basse et des claviers notamment, instruments  jusqu'ici bannis de leurs compositions, semble avoir ouvert de nouveaux horizons au groupe et permis l'écriture de titres aux antipodes de leurs efforts passés. "The Only One" ou "Too Afraid To Love You", au style pop et électro, reposent  ainsi essentiellement sur des lignes de basse (procédé courant dans l'electro), et la guitare se fait parfois étonnamment discrète, comme sur le planant "I'm Not The One", basé sur une association piano électrique/basse.

La production, assurée pour l'essentiel par le groupe, rappelle par moment celle de la précédente galette, délaissant le minimalisme des premiers opus pour des enregistrements plus riches et étoffés, plus aventureux aussi. Si une production si chiadée étonne parfois, comme dans "Too Afraid To Love You" ou "The Go Getter" aux orchestrations surprenantes et complexes, elle ne fait plus ici, contrairement à son prédécesseur, office de gadget sonore et sert des compositions qui tiennent franchement la route. Le duo se permet un peu tout, de la ballade funky "Tighten up" aux clavecins du très electro "Too Afraid To Love You", en passant par une reprise aux accents Motown de "Never Give You Up" de Jerry Butler. Difficile de trouver un fil conducteur à cet album, comme le blues l'avait été pour les précédents, si ce n'est une qualité d'écriture étonnante confirmant le talent de composition du duo.

Et le blues dans tout ça ? Pas besoin de chercher loin pour en trouver des traces encore chaudes sur ce Brothers. Le contraire eut été surprenant. Mais le blues des frangins subit ici un lifting franchement décapant; il n'est plus ici question de traiter le blues en puriste mais bien d'en offrir une lecture nouvelle et surprenante, quitte à décevoir les passéistes que le groupe avait courtisé à ses débuts. Destructuré, maltraité, intégré dans un mélange des genres souvent détonnant, le blues de Carney et Auerbach rappelle ici celui du Blues Explosion de Jon Spencer. Sur "Sinister Kid", porté par un duo basse/batterie au rythme syncopé et funky, le phrasé d'Auerbach titube entre hip hop, funk et blues sur un texte qui ne dépareillerait pas dans un morceau de Robert Johnson ("That's me, thats me/The devil wont Let me be "). Une symbiose étonnamment réussie, illuminée par un solo de guitare explosif. "Howlin for you" sonne quant à lui comme si l'on avait enfoui un blues des plus classique, tant dans sa composition que son texte ("Little girls/Gotta hold on me/Like glue/Baby Im howlin for you"), sous des arrangements très electro (surtout dans son final) et une basse saturée à l'extrême. Très réussi, "Howlin For You" est certainement, malgré son traitement si particulier, le morceau le plus à même de satisfaire les aficionados de blues. Enfin si l'intro de "She's Long Gone",  l'une des réussites du disque, laisse croire un temps à un retour à une formule "Garage-Blues" plus classique, le morceau a tôt fait de se transformer en groove hypnotique, porté par un beat des plus classieux assuré par Carney qui confirme ici une forme et un talent exceptionnels, sans lesquels le duo n'aurait d'ailleurs probablement pas pu voguer avec tant de facilité entre les genres.

Force est de constater que les deux musiciens livrent ici une collection de titres d'une très grande qualité. Les Black Keys se paient le luxe de démontrer avec ce nouvel album leur capacité à faire exploser les limites de leur style passé et à évoluer avec fluidité et réussite entre des influences soul, électro, rock, blues et hip hop sans pour autant mettre en danger la force de leurs compositions. Un petit exploit pour un groupe qui avait fait de son imperméabilité stylistique sa force de frappe. On pourra toujours reprocher à l'album d'être (un peu) trop long, il est vrai qu'il aurait pu être amputé de quelques pistes (dont le dispensable instrumental "Black Mud"), mais ce Brothers n'en demeure pas moins un véritable coup d'éclat, preuve de l'extraordinaire qualité d'écriture des deux jeunes blancs-becs. Chapeau.

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