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Critique d'album

Whoopie Cat


Illusion Of Choice


(16/06/2018 - Indépendant - Blues Rock - Genre : Rock)
Produit par

1- Ophidian / 2- Tell Me You'll Stay / 3- Dissolution / 4- Gentle Goodbye / 5- Sweet Jane / 6- Sun Don't Shine II / 7- Fear Is Blind / 8- Cicada
Note de 4/5
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Note de 4.5/5 pour cet album
"Un album dont la qualité est tout sauf illusoire"
Julien, le 17/01/2022
( mots)

Isolé au bord du monde, le chat se promène guidé par les fils d’argents des cordes de guitare et la caresse délicate des touches noires et blanches du piano. Malgré la nuit, malgré le froid, il ne craint pas la chute, guidé par la lune il avance progressivement dans son environnement flou. L’heure approche qui dévoilera son regard hypnotisant, ses griffes acérées - atouts contraires mais indissociables de son allure luxuriante… 


A Melbourne, en 2016, un quintet composé de la pianiste Jo Eileen, du chanteur-guitariste Dan Smoo, de Josh Brandon et Jaksen Juzwin (respectivement à la basse et à la batterie) et enfin Jesse Juzwin pour la guitare lead, publie un premier EP éponyme sous le nom de Whoopie Cat. L’ensemble des six titres porte une merveilleuse combinaison de blues-rock feutré à la technique instrumentale relativement soutenue couplé à une voix charismatique. Un style qui n’est pas sans rappeler celui de Rival Sons voire Kaleo (l’acoustique en moins). Mais les Australiens gagnent en originalité et en personnalité grâce au clavier qui apporte un coté jazzy absolument exquis. Fort de cette réussite et d’une tournée massive au pays des Kangourous, le groupe se lance dans le crowdfunding pour publier son premier album. Deux années pendant lesquelles Whoopie Cat travaille et fait mûrir son registre des sons et ambiances pour proposer l’album qui nous intéresse aujourd’hui : Illusion Of Choice


Un titre à l’opposé du contenu musical de ce disque tant celui-ci navigue dans une multitude de registres : du blues au doom en passant par des instants rocks progressifs au détour de leur signature jazzy. Le quintet offre, tout du long des huit pistes de la galette, un large éventail stylistique mené par un maître mot : harmonie. L’utilisation massive, impeccablement maîtrisée, des chœurs souligne ce crédo à la perfection comme on peut l’entendre sur “Gentle Goodbye” quand la superposition de la férocité du chant de Dan Smoo est propulsée à un niveau supérieur par la douceur des échos vocaux de la pianiste Jo Eileen. Le travail de cette dernière, au-delà de son accompagnement au chant, est un atout majeur dans la qualité de cet album. Le piano est le dépositaire de cet ADN jazz, dans sa forme explicite la plus pure, qui se manifeste dans la délicieuse introduction de “Fear Is Blind”. L’instrument se charge aussi de faire le lien entre les différentes sections atmosphériques dévoilées au sein même de l’album. C’est ainsi que, sur le dernier tiers du blues/hard-rock délivré sur “Sun Don’t Shine II”, un inquiétant pont joué au son de l’orgue amène l’auditeur au-devant d’un sinistre manoir : les portes s’ouvrent sur le cri du maître des lieux pour nous plonger dans le tourbillon d’un outro doom enivrant jusqu’à la conclusion de l’une des pièces majeures de ce Illusion Of Choice


L’approche vocale de ce morceau fait irrémédiablement penser à celle du chanteur de Witchcraft (Magnus Pellender) et nous amène à regarder d’un autre œil les influences qui se cachent derrière nos Australiens. Dan Smoo démontre ici toute l’étendue de son talent en personnifiant la capacité du groupe à se transporter habilement d’une sphère musicale à une autre. C’est ainsi qu’après un départ guidé par les notes d’une flute hypnotique, la piste d’ouverture “Ophidian” voit le chanteur de Whoopie Cat évoluer aisément entre un chant fragile, presque aux bords de la rupture, vers une voix ferme et souveraine qui épouse les accents instrumentaux distillés tout du long des onze minutes d’un morceau qui devrait ravir les mordus de rock progressif. 


Illusion Of Choice est un album qui peut s’envisager sur une écoute centrée sur la guitare au vu des performances réalisées par Jesse Juzwin. Technique, précise et mélodique sa maitrise de l’instrument à six cordes est sensationnelle. Ses deux minutes de solos sur “Fear Is Blind” sont le point culminant de son œuvre : son touché impressionnant n’a jamais pour but de faire la pure démonstration de son talent mais bien d’apporter un élan supérieur à l’ensemble du morceau. Le guitariste se régale du festin rythmique proposé sur “Tell Me You Stay” avant de s’effacer pour laisser les notes de piano conclusives emporter le titre dans des sphères aériennes. Sa science du riff sur “Dissolution” vient rajouter la dernière corde à celui que l’on peut, en un album, qualifier de guitariste mâture et accompli. 


Enfin, impossible de terminer cette chronique sans évoquer la pièce centrale de l’album, “Sweet Jane”, synthèse explicite de l’alchimie produite par le quintet. Si, au sein de ce morceau, chacun des protagonistes se trouve en mesure de laisser parler son art, le tout est bâti comme un édifice grâce au talent de ces Australiens qui nous emportent dans la folie d’une composition dont on ressort ébahi. On s’y replongera allègrement en se délectant à chaque fois des subtilités contenues dans ce titre prodigieux. 


 Si le premier « vrai » album de Whoopie Cat pêche par sa longueur (quasiment une heure pour un total de 8 pistes) alourdi par quelques transitions atmosphériques qui ne s’imposaient pas, Illusion Of Choice forme un album qui chamboule l’esprit et les tripes. Les Australiens ne doivent rien à personne, bien au contraire. Ce groupe est composé de passionnés de la musique en pleine maîtrise de leurs propos grâce à leur approche technique qui ne laisse en rien deviner un premier opus. Il semblerait que la suite ne fera pas trop attendre, le groupe étant, à l’heure où ces lignes sont écrites, en plein mixage de leur prochaine création.


 

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