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Critique d'album

Wolf Parade


Apologies To The Queen Mary


(27/09/2005 - Sub Pop - Indie Tabernacle ! - Genre : Rock)
Produit par Isaac Brock

1- You Are a Runner and I Am My Father's Son / 2- Modern World / 3- Grounds for Divorce / 4- We Built Another World / 5- Fancy Claps / 6- Same Ghost Every Night / 7- Shine a Light / 8- Dear Sons and Daughters of Hungry Ghosts / 9- I'll Believe in Anything / 10- It's a Curse / 11- Dinner Bells / 12- This Heart's on Fire
Note de /5
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Note de 5.0/5 pour cet album
"Un bon plat de fèves au lard en culotte de velours"
Mathilde, le 14/08/2020
( mots)

Il y a des groupes comme ça qui auraient dû être d’emblée cultes, des fers de lance reniés, des Rush pas assez considérés, des Manic Street Preachers pourtant ambassadeurs du rock en Caerdydd à coté de qui on (je) passe. Pourtant pas mauvais les mecs. Il y a des fois comme ça où on se dit qu’on va bien finir par réussir à connaitre au moins une page, un petit bout, une décennie, une petit part, un sous genre peut être de ce fameux phénomène Rock. Eh bien non, maudit livre d’histoire que ce courant dont on ne fera jamais le tour et qui recèle d’arcanes, de souterrains, qui comporte des celliers avec des millésimes connus parfois, mais aussi souvent des chemins qui sentent la noisette, et qu’on omet ainsi d’emprunter. Est ce que Wolf Parade fleure bon le fruit à coque? Peut être. Est ce qu’il est ambassadeur de quoi que ce soit? Un peu madame, puisque le quatuor montréalais a marqué de son empreinte indé la scène canadienne et bien au delà encore. Est ce qu’on s’en mord les doigts de ne pas avoir connu Apologies To The Queen Mary quinze ans (littéralement) plus tôt? Assurément.


La meute de loups montréalaise a éclos à un moment où le monde de la musique n'avait que sur les lèvres et les platines Franz Ferdinand, Bloc Party et bien sûr les cousins germains Arcade Fire. Fort de plusieurs EP en 2003, Wolf Parade sort pourtant ATTQM en 2004 qui sera même récompensé en 2006 par le Polarize Music Prize. Why that? Telle Loïs Lane, et aussi telle Lane dans Gilmore Girls (aura la réf qui osera bien se l’avouer) il fallait donc dig-er un peu autour de ce groupe. Car c’est dans le plus grand des calmes de la no fame que les Wolf Parade égrainent des concerts sans qu’on s’intéresse vraiment à eux. Heureusement qu’un mec avec un bon flair est passé par là, qu' Isaac Brock du groupe Modest Mouse les a repérés lors d'un concert, a produit leur album et leur a permis de signer avec Sub Pop. Le moins que l’on puisse dire c’est que le mec a eu le nez fin. Le groupe de l'ombre était prêt à radier.


Le premier titre de Apologies To The Queen Mary "You Are A Runner And I am My Father’s Son" éclate à coup de cymbales (l'album en comporte beaucoup). Difficile de ne pas rapprocher la voix du lead singer Dan Boeckner de celle de Bowie, un organe qui serait couplé à la décadence d’une Dresden Dolls et des mélodies irrévocablement à la Arcade Fire (mais sans doute plus pointues). Aucune sortie de route pour aller cueillir des pâquerettes sur cette intro vivifiante. S’enchaine très vite le deuxième morceau "Modern World", ballade mélancolique parfaite, comme une série d’échos genre Girls In Hawaii ou dEUS dans la complainte mineure qui tire la larmichette tant elle est lourde et à la fois rassurante: la litanie est en boucle "I’m not in love with the modern world" jusqu’au point d'orgue "Modern love I’m not pleased to meet you, you just bring me down" répété à l’envie dans cet outro luminescente sur laquelle Spencer King (le clavieriste) plaque des "ouh ouh" aériens et des accords de piano Eno-niens sur les temps. Ils seront repris sur "We Built Another World", comme un lien cardiologique.


Arrivés là, on est déjà face à un bon plat de fèves au lard en culotte de velours. Reste à voir la suite. Les Wolf Parade nous prennent par les bretelles avec "Grounds For Divorce" (à ne pas confondre avec le titre d’Elbow ), interrogatif et pleins de synthés happy ever after. On capte des fois des accents des Sparks, un sens arty et artistique forcément d’envisager les choses sous un oeil acéré et plutôt journalistiquement politique, sur fond de voix qui tirent vers les aigus étranglés. Ces vocals sont partagées donc par les deux protagonistes du groupe. D'un côté le guitariste Dan Boeckner, grand échalas séducteur à la Jamie Hince (The Kills), et de l'autre Spencer Krug, gentil nerd qui n’aime pas se faire remarquer. Les deux se partagent le job du chant sur des rythmes lourds et solitaires, et un vrai goût pour l’isolement, redondant dans les paroles "Hang ghosts from the trees that’s what I saw". Des histoires de fantômes aussi qui reviennent sur la complaignante "Same Ghost every night": "How we love the seasons that hide in our stomach/ and that howl (…) as if dropped from a great heigh" et sur le morceau qui fait comme un résumé de l'album "Dear Sons And Daughters of Hungry Ghosts".


Passés à la limite l’épileptique "Fancy Claps" et le un peu trop tonitruant "I’ll Believe In Anything", c’est gouleyant comme du sirop d’érable, on est vraiment dans une cabane à sucre tant ça coule tout seul. Pour tout mélomane en quête de sensations acoustiques poussées et précises, c’est la régalade. Le label Sub Pop s’y connait en mélodie, avec en son sein des groupes tels The Shins et Iron and Wine et Wolfparade ne déroge pas à la règle. Si le rythme est soutenu et les voix singulièrement névrosées, l’album se finit sur des touches plus douces, histoire de calmer le trop plein d’envolées mélodiques. "Dinner Bells" fait atterrir  et "This Heart’s On Fire" conclut l’album sur un ton plus sage et moins torturé, tirant sur du Fountains Of Wayne.


Tu crois tu qu'on est face à un album qui pèse sérieux dans le game? Absolument, Apologies To The Queen Mary est une bombe indé pop et pourrait même vite devenir incontournable pour qui s’y intéresse (et aime le genre). Trois albums et un hiatus plus tard, Wolf Parade a sorti en janvier Thin Mind mais aucun ne  parviennent à surpasser son premier effort. Qualifié de "super group in reverse" (car chacun des membres comme le guitariste Dante De Caro qui fait partie de Hot Hot Heat), et considéré comme "Canada’s best new band" selon GQ, la parade du loup est fascinante et a secoué les critiques et les internautes en 2006, ces derniers ayant largement contribué à son émergence. Des hymnes pulsatives qui restent en tête telle une persistance rétinienne mais pas rétienne, -canadienne à la limite- ATTQM est présentement magnifique. Parmi les Wolf de la musique (comme Powerwolf, Wolfgang Amadeus Mozart, vraiment un goût pour les extrêmes), Wolf Parade est sans conteste la meute la plus lumineuse. 


 


 


 

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