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Chronique Livre

Hipgnosis: les pochettes mythiques du célèbre studio


Auteur: Aubrey Powell
Adaptation française: Christian-Louis Eclimont
Edition originale: Thames & Hudson Ltd.
Editeur français: Gründ
Date de publication: 22 octobre 2015
EAN: 978-2324011153 ISBN: 2324011158
Nombre de pages: 288 Format: 31 x 26

"L'image du rock"
Etienne, le 03/05/2016
( mots)

On a tous un jour posé nos yeux sur le travail de titan des studios Hipgnosis. Sans forcément le savoir d'ailleurs. C'est sans aucun doute la marque d'une réussite si parfaite que les images tirées des studios de Storm Thorgerson, Aubrey "Po" Powell et Peter Christopherson qui ont habillé les disques de Pink Floyd, Led Zeppelin et tant d'autres, sont aujourd'hui indissociables de ces albums mythiques du rock. A leur manière, ces trois énergumènes, géniaux libres-penseurs, ont élevé le rock bien au-delà du simple cadre musical. Ils lui ont offert une postérité, une seconde vie. Car après l'écoute répétée à outrances, il restera toujours cette joie de contempler un disque juste pour le plaisir des yeux ou pour ses reminiscences personnelles. A la vue d'une simple pochette, même si vos oreilles se taisent, votre coeur lui saura quelle musique y associer et quel sentiment y attacher. C'est aussi à ça qu'on reconnait un grand disque. Et pour ça, les studios Hipgnosis y sont pour beaucoup.

Ce livre n'a pas vocation à présenter les dessous de la conception de chaque pochette. Ces détails ont été maintes fois racontés au travers d'autres ouvrages propres aux artistes en question. Il présente en revanche de nombreuses photographies jusqu'ici inédites, découvertes par Aubrey Powell lors de ses recherches en 2012 alors que Thorgerson et lui commençaient la rédaction de celui-ci. Christopherson, décédé en 2010, n'a pas participé à ces découvertes souvent inopinées au milieu d'une montagne d'archives. Thorgerson, décédé en 2013, n'a pas vu le livre paraître. Il s'exprime malgré tout dans un court chapitre où il évoque sa vision du travail artistique qu'il a mené de 1967 à 1982. Il aborde d'une manière poétique la manière dont il aboutissait à cet incroyable oeuvre picturale. Powell, lui, se fend d'un plus long commentaire, louant la gentillesse des groupes sans qui Hipgnosis n'aurait jamais connu le succès. Il y raconte avec un amusant sens du détail son retour au sein des studios au moment de mettre la main sur les archives présentées dans ce livre. "Un joyeux bazar" selon lui. Les anecdotes fourmillent et parmi elles on retiendra les grandes empoignades entre le studio et les maisons de disques. En 1979, Peter Grant, manager de Led Zeppelin indique à Powell que les prestations du studio sont trop chères: "Je vendrais Led Zeppelin dans du papier kraft ! " affirme-t-il. Devinez dans quoi Hipgnosis a choisi d'emballer le dernier album du groupe ?

Cette défiance quasi-permanente à l'égard des labels était le passe-temps favori de Thorgerson qui, selon l'apprenti Richard Evans, se révélait parfois blessant. Il se serait notamment fâché avec Paul McCartney au cours d'un appel téléphonique durant lequel Thorgerson prenait un malin plaisir à imiter John Lennon. Outre ses quelques plaisanteries un peu lourdes, Storm Thogerson, Aubrey Powell et Peter Christopherson formaient un trio d'une incroyable synergie. C'est de leurs différences mises en commun que sortait tout le brio et le génie des propositions artistiques des studios. Les trois hommes pouvaient enchaîner une "banale" série de portraits, comme ces superbes clichés des Rolling Stones refoulés pour Goats Head Soup, et dans la foulée proposer à un cascadeur de s'immoler par le feu au milieu des studios de cinéma hollywoodien tout en serrant la main à un homme en costume (Wish You Were Here de Pink Floyd). La diversité des images proposées par Hipgnosis fascinaient les artistes et nombre sont ceux qui témoignent d'une totale adhésion à la suite d'un seul coup d'oeil, Roger Waters pour Dark Side of The Moon ou Didier Marouani de Space pour son deuxième album Delivrance. Ce dernier, qui signe la préface du livre (avec Robert Plant), reste le seul artiste français à avoir bénéficier des services du célèbre studio. A la lecture de ce livre, il n'y a aucun doute qu'Hipgnosis a autant participé à des grands moments de l'Histoire de la musique que les musiciens eux-même.

L'ouvrage évite pourtant l'écueil d'une rétrospective pompeuse et propose pour chaque artiste des images inédites et un court commentaire ou une anecdote qui avec les mots bien choisis de Powell prenent un tout autre sens. Ne vous attendez pas à y voir la pochettes de Meddle. Mais vous y verrez Roger Waters suant après une partie de squash ou David Gilmour grimpé sur une chaise au milieu des toilettes pendant la tournée américaine de 1975. Ces moments captés pendant la seconde où l'obturateur est ouvert sont uniques, intenses, chargés d'une histoire passée qui a vu le rock devenir un art à part entière. Car Powell montre un temps où le travail était humain, où Thorgerson traversait tout Londres en vélo, ses tirages sous le bras, pour les présenter en urgence aux maisons de disques. Il n'est pas question d'être critique envers le travail numérique effectué aujourd'hui, bien sûr que non. Mais à la lecture de ce superbe ouvrage, on ne peut s'empêcher d'avoir le coeur pincé par ce brin de nostalgie picturale qui nous renvoie à une époque si près et, à la fois, si loin de nous. "Welcome to the machine..."

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Commentaires
Etienne, le 13/09/2016 à 21:13
Autant pour moi. Didier Marouani du groupe Space indique dans le livre, je cite: Je crois avoir été le seul français qui se soit adressé à Hipgnosis, fin de citation. Il n'est donc pas le seul puisque Manset a eu droit à sa pochette Hipgnosis. Mais la liste ne doit plus être bien longue...
Etienne, le 25/08/2016 à 16:01
Effectivement la pochette de Manset est signée Hipgnosis. Une enquête est en cours pour déterminer le pourquoi de mon affirmation visiblement erronée. Mes excuses
jjeffvierzon, le 24/08/2016 à 00:34
Vous dites que Didier Marouani fut le seul français à bénéficier d'une pochette signée Hipgnosis. Et j'ai pourtant devant les yeux l'album de Manset, 2870, pochette signée également Hipgnosis, en 1978...
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