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Chronique Livre

Sing Backwards and Weep


"Chanter à reculons et pleurer : l'autobiographie sans fard de Mark Lanegan"
Maxime L, le 05/10/2021
( mots)

Souvenez-vous, à l’occasion de la chronique du dernier album en date de Mark Lanegan, nous espérions que sa récente autobiographie soit un jour traduite en français. C’est désormais chose faite depuis la rentrée, avec une superbe édition (même si on dénote quelques légers soucis de "casse" au niveau de l'utilisation des apostophes), au format A5, aux Publications Du Crépuscule, chez Camion Blanc.

480 pages franches, et abruptes de la part du vieux grizzli américain, qui pose un regard froid et sans concessions sur toute une vie de musique (en solo mais surtout avec les Screaming Trees) mais aussi de défonce et d’addictions. Car « Sing backwards and Weep » (Chanter à reculons et pleurer) n’est pas tant le livre d’un musicien, mais plutôt celui du parcours d’un homme qui traverse les ténèbres pied au plancher, sur l'autoroute à contre-sens et sans ceinture.

De son enfance dans sa ville paumée d’Ellensburg, à la découverte des Sex Pistols, « la révélation qui a changé ma vie », la première partie du livre explore son adolescence, sous le prisme de son éducation, qui comme tout un chacun, va intimement conditionner sa vie :

" La seule chose qui ait jamais semblé apporter du plaisir à ma mère, cétait de me rudoyer et de me ridiculiser moi, et tout ce qui présentait de l'intérêt à mes yeux. L'une de ses rengaines favorites, tout en me giflant, était « Tu nes pas mon fils ! »

" J'aurais tellement aimé que ce soit vrai. A l'âge de six ans, elle avait vu son père se faire assassiner sur la pelouse de la maison familiale, puis elle avait grandi dans des camps forestiers plein de bûcherons, où sa mère travaillait comme cuisinière, ce qui avait fait d'elle une adulte aigrie et pernicieuse ".

Voilà qui pose les bases de la vie du jeune Mark Lanegan.

De son alcoolisme adolescent à ses crises de manques au beau milieu de sombres rues d’Amsterdam, Mark Lanegan nous emmène avec lui dans les tréfonds de ce que peuvent provoquer ses différentes addictions ; et lire ses mots crûs, poisseux et parfois franchement repoussants peut rendre certains passages pénibles et vous tordre l’estomac, mais l’artiste s’y livre sans détours, et on ne peut s’empêcher de penser au gâchis immense que fûrent ses années d’errance où les courbes de sa dépendance aux drogues et de sa production artistique se sont inexorablement croisées.

Son autobiographie est aussi l’occasion de découvrir sa rencontre avec tous les personnages qui ont fait le rock US des nineties : de Courtney Love, dont le rôle fut capital pour lui, à Layne Stayley, son fidèle partenaire de débauche, et bien évidemment son ami Kurt Cobain, dont il ignora les appels de détresse un certain jour d'avril 94. Au rayon des inimitiés, un long chapitre est consacré à Oasis et plus particulièrement à Liam Gallagher, qui confirme tout ce que ses détracteurs peuvent penser de lui (à juste titre) : un frimeur doublé d’une parfaite tête à claques, toujours prêt à en découdre, à condition d’avoir ses deux gardes du corps à ses côtés.

« Sing Backwards and Weep » plaira aux passionnés de Mark Lanegan et des Screaming Trees, mais pas uniquement, puisqu’il est aussi un témoignage puissant, d’un quidam du Nord-Ouest américain, absolument pas prédestiné à être chanteur de rock, avec les conséquences que l’on connaît, qu’il raconte sans détours, et qui ferait passer Trainspotting pour un Pixar inoffensif.

On le sait, le chanteur est maintenant guéri et débarrassé de ses addictions, mais ces victoires (quasi inespérées) narrées dans le livre sont empreintes d'une vraie mélancolie qu'on entendra désormais encore un peu plus à l'écoute de son excellente discographie, qu'on va s'empresser de (re)découvrir.

En savoir plus sur Screaming Trees
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Album de la semaine

The Killers


Pressure Machine


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Pressure Machine est à l’opposé d’une production grandiloquente bâtie pour partir à la conquête des ondes FM ou des stades. Le dernier album de The Killers se veut contemplatif et raffiné. Un disque délicat qui, comme souvent dans ce genre de concept, comporte quelques lacunes que nous allons évacuer d’emblée avec le titre “Desperate Things” et sa lenteur agrippante qui enferme l’auditeur dans une mélodie pompeuse dont l’auditeur n’arrivera jamais à se défaire, un passage fait de larsen finit d’anéantir tout espoir de trouver une étincelle et ce morceau constitue le seul véritable loupé de l’album. 

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