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Compte-rendu de concert

Editors


Date : 13/11/2009
Salle : L'Atelier (Luxembourg-Ville)
Première partie : The Maccabees
Elise, le 19/11/2009
( mots)

On ne va pas se mentir, parmi les fans d'Editors, il y a eu des déçus à l'écoute de In This Light And On This Evening (il y a aussi des chroniqueurs qui maudissent ce choix de titre). Malgré tout, c'est dans un Atelier comble que le groupe anglais est venu défendre ce dernier opus surprenant, et répondre ainsi à cette petite question : Alors, il passe mieux en live que sur la platine, cet album ?

Et comme tout bon groupe qui sait se faire désirer, Editors avait amené dans son gros bus non pas une, mais deux premières parties, et pas n'importe lesquelles. En ouverture, les Canadiens de Wintersleep, déjà forts de deux albums à l'ambiance rock sombre, se sont chargés du chauffage de salle. Une mission toujours ardue face aux Luxembourgeois, dont ils se sont acquittés avec classe, et un potentiel humoristique insoupçonné et involontaire, dû à la motivation très expressive du batteur. Sans être trop proche du style editorsien, le son de Wintersleep s'est révélé à la fois profond et dynamique, une très bonne ouverture.

Et la qualité va crescendo lors de l'arrivée sur scène de The Maccabees, groupe déjà bien connu Outre-Manche, au style en complet décalage avec celui d'Editors. Pourtant, la bande de jeunots tout droit débarqués de Brighton n'a aucunement l'intention de jouer les faire-valoir et propose un set d'une tenue surprenante, alternant morceaux à l'ambiance rétro accentuée par le timbre du chanteur, et titres plus typiques de l'indie-rock à l'anglaise, sautillant et entraînant. La demi-heure semble filer trop vite, et on regretterait presque de ne pas assister à un concert complet du groupe. Sauf que bon, on n'a pas vraiment envie non plus de voir Editors se contenter d'une petite heure de show, alors on approfondira à l'écoute des albums.

 

Ouverture logique

 Autant dire qu'après tout cela, c'est un public très motivé qui attend de pied ferme l'arrivée du quatuor. Sur scène, des claviers en pagaille, le bon vieux piano noir de Tom et un mur lumineux prêt à s'activer. La tension monte. Et la lumière s'éteint. 

A l'entrée sur scène, on frôle le drame quand Russel Leetch loupe une marche et se prend les pieds dans le tapis. Pas forcément très rock'nroll comme entrée, mais il a de la chance, au même moment, Tom souffle un baiser entre ses mains à la foule (pamoisons en série. Réveillez-vous les filles!) et l'accroc passe inaperçu. Sans surprise, les premières notes d'"In This Light"... retentissent, le titre était clairement calibré pour une ouverture, et l'on ne va donc pas s'en plaindre. Le mur lumineux s'agite, la voix de Tom est moins grave que sur le disque, mais toujours aussi juste, et l'on apprécie déjà l'intensité nerveuse qui se dégage.

Elle éclate dès le premier riff d'"An End As A Start", morceau impérial tiré de l'album du même nom, dont la rythmique et les envolées mélodiques garantissent un déchaînement de guitare. Le public est déjà réveillé, un exploit pour les Luxembourgeois, même si le groupe ne le sait pas, et l'ambiance s'échauffe dans les premiers rangs (comment ne pas sauter partout sur un tel titre aussi ?). Sans surprise, ce sont les chansons des deux anciens albums qui remportent le prix du cri hystérique et de la foule qui danse, preuve faite dès "Bullets" et son refrain matraqué qui a raison des plus sages. 

 

Alors, électro ou rock ?

Lorsque les premières notes de "You Don't Know Love" retentissent, on est dans l'expectative, attendant de savoir si les titres du nouvel album auront la même efficacité que les anciens sur scène. A priori, ce n'est pas gagné étant donné la sur-prédominence des claviers. Pourtant, "You Don't Know Love" se retrouve avec des arrangements bien plus péchus, qui transforme un morceau inégal en beau moment électrisant. Mais il faut le reconnaître, cela n'a rien à voir avec l'intensité qui se dégage de "Bones", avec ce frisson de plaisir sur ces riffs violents, et l'envolée vocale de Tom. 

En parlant de Tom, la question essentielle que se pose le spectateur devant les mimiques incroyables et l'attitude complètement introspective du chanteur est la suivante : "Alors, shooté ou pas shooté ?" Oui, ça paraît naïf de se poser la question, mais le fan de rock a toujours l'espoir que tant de talent soit naturel, et que d'aussi belles chansons ne soient pas nées uniquement d'un trip cocaïné. Reste que Tom paraît à la fois très présent et à 10 000 lieux de là, dans une sorte d'état d'immersion à l'intérieur du son. Sa communication avec le public se résume à d'intenses "Thank you", voire à la variante volubile "thank you very much" (avec l'accent de Birmingham le "much"), et l'on ne s'en étonne même pas, tant la musique d'Editors est de celle qui créé un écrin sonore dont on ne veut sortir, même pour parler un peu.

 Sans étonnement, le déchaînement de guitares et de batterie sur "The Racing Rats", "Escape The Nest", "Lights", "Smoker Outside The Hospital Door", ou "Munich" créé de véritables moments de communion musicale, de ceux qu'on voudrait vivre à chaque concert, de ceux qui transportent et vous laisse à bout-de-souffle et donnant l'impression que seule la musique compte. Ces titres, écoutés encore et encore par tous les fans de la salle n'ont plus de secrets, mais se révèle encore plus puissants sur scène, emportant dès la première note pour ne lâcher qu'à l'extinction du mur lumineux.

Les nouveaux titres, s'ils ne créent pas la même ferveur générale, se révèle beaucoup plus rock et efficace rythmiquement. D'autant que Tom évite les effets de voix désagréables que l'on trouve sur l'album. Oubliée la montée dans les aïgus de "The Big Exit", oubliée l'overdose de claviers sur "Like Treasure", place au rythme et retour des guitares, il n'en fallait pas plus pour séduire le public. D'autant que le groupe n'oublie pas les moments d'émotions, sur le magnifique "When Anger Shows", le subtil "The Boxer", ou le très vocal "Walk The Fleet Road" en début de rappel.

Et après 16 titres intenses, on en redemande, forcément. Le groupe ne fait pas les choses à moitié, et revient pour un rappel de quatre titres. On attend le single "Papillon", ce sont les premières notes de "Munich" qui retentissent, créant l'hystérie, puis enfin, voilà le titre attendu, sa litanie sautillante aux claviers, et l'on craint de perdre un poumon dans le déchaînement de la fosse. Malgré tout, les quatre garçons n'abandonnent pas le public ainsi, et sans pitié pour les fans épuisés, enchaîne sur "Fingers In The Factories" pour un final en beauté, puissant, mélodique et intense. A l'extinction du mur, alors que les dernières notes résonnent encore, on se dit qu'Editors a tenu toutes ses promesses. Les anciens titres ont gardé leur saveur et leur fraîcheur, les nouveaux transcendent l'électro dans un style plus rock, et on se prend à espérer que ça recommence. Enfin, après une petite bière bien fraîche...

 

Set-list : 

In This Light And On This Evening

A End As A Start

Bullets

You Don't Know Love

Bones

The Racing Rats

The Boxer

Escape The Nest

Lights

When Anger Shows

Like Treasure

The Big Exit

Eat Raw Meat = Blood Drool

You Are Fading

Smoker Outside The Hospital Door

Bricks And Mortar

--------- 

Walk The Fleet Road

Munich

Papillon

Fingers In The Factories 

 

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VOLA


Witness


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Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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