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Compte-rendu de concert

Shaka Ponk


Date : 16/04/2011
Salle : Le Splendid (Lille)
Première partie : Losers, Nasser
Mathilde, le 23/04/2011
( mots)

Kids electro du soir, bonsoir. Dans le cadre du festival Les Paradis Artificiels, Le Splendid accueille en ce 16 avril trois groupes : Losers, Nasser et Shaka Ponk.

Losers ouvre la danse. Trio d’électro rock londonien, l’un à la basse, l’autre à la guitare/programmation et une jeune fille à la batterie, Losers c’est l’histoire d’Eddy -Dj célèbre sur la radio anglaise X-FM- et de son pote guitariste Tom qui décident à eux deux de faire des remix (d’entre autres Prodigy et Placebo) et de produire des chansonnettes bourrées d’électronique.
Ils sortent leur premier album Beautiful Losers en 2010. Le premier titre "Azan" plonge l’audience dans une ambiance éthérée à la Moby qui s’achève dans un éclat de cymbales et de guitares saturées. Il permet au public de prendre place, pas facile dans le noir et avec des bières à la main. A la fin de chaque chanson une voix venue de nulle part -et comme déjà entendue dans une célèbre émission de télé réalité- présente les différents titres, en envoyant de temps à autre une blagounette bien sentie. Enchaine "DNA" avec un phrasé à la  Gang Of Four puis on sort les gros sons des 80ies pour "Nothing Will Die". "It’s like 1986 again. Some of you were not born then so you don’t know what I’m talking about. I shut up now" commente la grosse voix. Le chanteur  invite le public, un peu circonspect il faut l’avouer, à se déhancher. "Talk To The Hand" résolument Depeche Modien commencera doucement à réchauffer la salle à grands coups de beats synthétisés. Arrivé au titre dubstep "Katana", quelques personnes se risqueront à de timides pogos. Finalement "Sirenna (Today We See Colours)" clôturera le set des Londoniens, face à un public qui attend clairement la suite de la programmation de ce soir. Jamais facile de passer en premier.

Place au phénomène de la cité phocéenne. Car non, Marseille n’est pas seulement la ville d’Akhenaton et d’un célèbre club de foot, c’est aussi le repaire de Nasser (à savoir Nico, Simon et Romain) trio choc électro-rock formé en 2009, qui ont plutôt le vent en poupe ces derniers temps. Entre deux spots de pub et quelques clips, le combo a sorti 3 maxis et vient défendre le 4ème ce soir. Tout le monde est à son poste, l’un à la batterie, le deuxième à la guitare et le dernier à la programmation, pour un savant mélange de sons acoustiques et analogiques. Les phocéens commencent fort en attaquant d’emblée avec le séduisant "Come on", LE tube popesque du groupe,  à base notamment du sample "Come On Eileen"des Dexys Midnight Runners. "Lille : du bruiiiiiiiiiit !!". Le boute en train chanteur-batteur Nico, se charge de réveiller la salle à chaque titre. Ça chauffe. Sa voix, éraillée juste ce qu’il faut, est terriblement adaptée à l’énergie incandescente des morceaux. Une touche de Joy Division pour le troublant "Retrosexual", rugi à pleins poumons, puis suit le glacial "The Shooter" tiré du dernier EP. Du côté des nouveautés, on aura aussi droit au new wave "Century" (avec le "we’re all just a piece of shit" en guise de refrain) et "No Regrets" du même acabit. "Est ce que ça vous plait : oui ou non ? On est des poissonniers, on est de Marseille alors faite encore plus de bruuuiiit". "La Chose" digne du film d’horreur du même nom finira de convaincre le public qui se met à pogoter.
Dans un registre plus traditionnel, "St Mark" ravit les amateurs de post punk façon Franz Ferdinand. Nasser a plus d’une corde à son arc. L’efficacité est leur mot d’ordre. "La chanson suivante s’appelle "Too Loud/ Too Old ", ça veut dire que si tu trouves que le son est trop fort, c’est que t’es trop vieux" traduit Nico. C’est vrai qu’il est préférable de baisser son sonotone, car les Nasser, jouent grand, jouent fort et on l’air de bien s’éclater d’après les œillades complices qu’ils s’envoient régulièrement.  
De solides influences, un talent sans faille et le sens de la débrouille, permet à Nasser de se montrer crédible artistiquement. Une musique explosive à mettre d’urgence dans toutes les boites de nuit ! A la manière de leurs homologues belges Goose ou Soulwax, Nasser sait marier efficacement le côté rugueux du rock classique aux gimmicks catchy électro.  Le temps de jouer un remix de leurs amis Think Twice et Nasser s’en va finir son tour de France. Il réveillera les foules dans plusieurs festivals cet été.

Vient le moment le plus attendu de la soirée, celui de Shaka Ponk. L’écran circulaire sur la scène prend vie pendant que les différents membres du groupe s’installent. Un petit dessin animé pas jojo met en scène des singes dans une banlieue désaffectée.


Mettons tout de suite les choses au clair : au-delà de la musique, Shaka Ponk c’est d’abord un concept. Un collectif, comme ils aiment à se définir. Un peu à la manière de Gorillaz, le groupe a pour mascotte un singe virtuel, le fameux Mr Goz, qui les accompagne sur un écran durant les concerts et dans les clips et qui transmet les craintes et les doutes du groupe quant à notre société, dans un mélange funky d’espagnol et d’anglais. Le projet SHKPNK, c’est aussi une volonté  de sillonner l’Europe (Berlin, Paris et Barcelone)  afin d’y enregistrer les albums dans une sorte de démarche artistico-humaniste, le but étant de rencontrer des gens et des lieux nouveaux, histoire de trouver l’inspiration et de se renouveler sans cesse. Et tout ça en portant une attention particulière au "visuel" (quitte à le surinvestir ?), véritable renforçateur positif de chacun des titres du groupe,  de la pochette d’album jusqu’au live. Précisons au passage que le groupe s'est  fait connaitre avec le tube "How We Kill Stars" qu'ils ont présenté aux Victoires de la Musique 2010.


Cette mise au point était nécessaire pour comprendre l’atmosphère très particulière qui emplit la salle un peu avant 22h. Il n’y a qu’à observer le public incroyablement hétéroclite pour constater à quel point l’esprit Shaka Ponk est fédérateur : des roots, des métalleux, des fluo kids en passant pas quelques bobos, ça brasse large dans l’audience. Après l’introduction cinématique, l’énergie du collectif éclate au grand jour. Ce live est une occasion de présenter quelques titres du prochain album The Geeks And The Jerkin Socks, dans les bacs le 6 juin. C’est le cas de "Shiza Radio" qui ouvre les festivités avec un bon gros rythme ska. Le duo Frah/ Samaha (réels cette fois)  constitue un équilibre intéressant : lui zébulon et elle diva rock’n roll, ils divertissent l’audience sous forme de chorégraphies improvisées. La démarche simiesque est évidemment de rigueur : titubations de jambes, écarquillements des yeux et moulinés des bras à l’appui. Le tout saupoudré d’une voix à la Billy Talent du côté du chanteur et une touche de The Yeah Yeah Yeahs chez Samaha. Le clavieriste fait plaisir à voir, ainsi que le batteur qui fait tournoyer ses baguettes. La section guitare basse tient la route. Un bien joli tableau.
D’autres nouveaux morceaux seront dévoilés tels que "My Name Is Stain", "I’m Picky"et "Let’s Bang". "Vous êtes toujours là, vous êtes toujours caliente ?". Le terme est faible, le Splendid s’est muté en boite de nuit géante, la party de tonight fait danser les crazy ch’timi monkeys. Le contact n’effraie pas les Shaka Ponk, c’est le moins que l’on puisse dire.  Frah et Samaha viendront à tour de rôle prendre un bain de foule. Alors bien sûr -en confèrent les différents looks d’el publico-  les titres s’enchainent et ne se ressemblent pas : de la fusion électro sur "Hombre Que Soy", du funk métal sur "Twisted Mind", une touche d’oriental  sur "Hell’o" … avec pour dénominateur commun l’énergie punk (par ailleurs affichée dans le nom du groupe) et l'intention de faire passer un bon moment au public, loin des tracas de la vie (réelle). Toute autre catégorisation parait vaine tant la musique du groupe foisonne de sons venus d’univers différents, et tant l’accent est donné à l’énergie plutôt qu’à l’intellectualité musicale.  Les images sur l’écran mettent en scène tour à tour Goz, des créatures humaines ou pas et souvent à moitié à poil (notez le jeu de mots), des clips du groupe. On en prend plein les mirettes. Assez pour excuser l’absence de rappel.

Le résultat pourrait s’avérer brouillon voire confus. Que nenni. Le public lillois semble avoir parfaitement digéré la bectée donnée par Mister Goz. Shaka Ponk : tout le monde y trouve son compte. Un collectif aussi perché qu’intelligent à suivre notamment aux Solidays et au Main Square Festival cet été.

Les Paradis Artificiels nous ont offert ce soir une programmation particulièrement riche et dans l’air du temps, un nouveau souffle rock made in 2011.

Crédits Photos: Nicolas Auproux

Setlist de Losers:
- Azan
- DNA
- Nothing Will Die
- Talk To The Hand
- Katana
- Sirenna (Today We See Colours)

Setlist de Nasser:
- Come On
- Retrosexual
- The Shooter
- Century
- No Regrets
- La Chose
- We Don't Understand
- No Regrets
- St Mark
- Too Loud/ Too Old
- Remix des Think Twice

Setlist de Shaka Ponk:
- Shiza Radio
- Reset After All
- Hombre Que Soy
- Twisted Mind
- Hell'o
- Lady
- My Name is Stain
- Sex Ball
- I'm Picky
- Prima scene
- Palabra Mi Amor
- How We Kill Stars
- Let's Bang
- French Touch (Puta Madre)

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Album de la semaine

VOLA


Witness


"

Il leur aura fallu le temps, mais on peut désormais l’affirmer sans fard : sur son troisième album, Vola a trouvé tout à la fois son style et sa force de composition. Si les danois avaient su jusqu’ici faire preuve d’éclectisme et d’ouverture d’esprit dans leur metal progressif à accointances électro-djent, on ne les avait encore jamais vus aussi robustes que sur ce Witness qui jette un très gros pavé dans la mare du milieu, au point désormais d’éclabousser à grosses gouttes les cadors du genre, TesseracT en tête. Carrément.

"
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