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Compte-rendu de concert

The Brian Jonestown Massacre


Date : 25/06/2016
Salle : Aéronef (Lille)
Première partie :
Clément, le 05/07/2016
( mots)

Un mois après la venue des Dandy Warhols, leurs rivaux historiques indépendants du Brian Jonestown Massacre investissent à leur tour la scène de l'Aéronef de Lille. Et honnêtement, on comprend sans mal pourquoi certaines majores tenaient tant à les signer. Verdict d'une comparaison qui dure depuis plus de 20 ans.

Cela ne vous a peut-être pas échappé, mais les Dandy Warhols jouaient à Lille le 18 Mai dernier et Albumrock était de la partie (voir l'article ici). Une prestation qui nous avait laissé sur un sentiment plutôt mitigé. Un mois plus tard, c'est au tour du Brian Jonestown Massacre (BJM pour les intimes) de s'y produire. Une occasion unique de comparer directement l'une des rivalités rock les plus emblématiques des années 2000 depuis la sortie du film DiG ! en 2004.

C'est sur le morceau "Never, Ever!" que le groupe fait son entrée en scène. On retrouve un certain Anton Newcombe muni de magnifiques rouflaquettes et d'une panoplie stéréotypée 70's comme on en voit rarement. Ce sont 7 musiciens qui investissent la scène au total dont un certain Joel Gion, emblématique joueur de tambourin, dont la simple présence sur scène constitue une grande part de l'énergie qui se dégage du groupe. L'ambiance est chaleureuse, la salle n'est qu'à moitié remplie malgré le week-end (à titre de comparaison, les Dandy avaient fait salle quasi-comble un mercredi soir) et le public va et vient avec un verre dans la main tout en échangeant avec ses voisins. Viens alors la fin du morceau, puis rien. Le groupe échange quelques regards et après un petit blanc et quelques raccords de guitare, le voilà reparti sur "Vad Hände Med Dem?", une pépite de leur excellent album Revelation sorti en 2014. Au départ plutôt décontenancé de ne voir aucun travail sur les transitions, l'ensemble donnait presque un charme à la prestation. L'ambiance prête ici davantage au genre du "festival" que du concert à proprement parlé. Une bande de passionnés de musique et un groupe lambda qui joue en tout simplicité. Point de groupies mais seulement des auditeurs avisés ayant préféré l'événement à un certain match opposant le Portugal à la Croatie, et l'ambiance n'en souffre pas le moins du monde.

"Who?", "That Girl Suicide" et le marquant "Nevertheless" s'enchainent de manière toujours aussi élaborée (ironie) mais aussi et tout de même dans une efficacité sans nom. Ce dernier se conclut d'ailleurs avec un jeu de percussions entraînant au possible mené par Joel Gion mais surtout le batteur qui donne toute son énergie dans chaque frappe. Les effets de crescendo sont dignes des plus grandes prestations psychédéliques et les effets s'en font de plus en plus ressentir au sein de la salle.  Anton Newcombe ne communique quasiment pas avec son public et c'est le seul à parler au micro.  Vient malgré tout un échange des plus comiques entre le leader et la régie : "Tu peux nous mettre une lumière rouge devant ? Plus. Plus encore. Attends, non c'est nul en fait. Eteins." Sous les rires de l'audience, le groupe se lance dans une petite conversation sur scène avant d'enchaîner sur le morceau suivant "Government Beard". Point d'album ou de CD pour celui-ci. Ce titre n'a de traces sur le web qu'une simple vidéo sur la chaîne youtube d'Anton accompagné de la mention "Work In Progress" (lien ici). Le public est transporté. Chaque morceau se suit sans enchaînement aucun mais avec une interprétation brillante. Les diverses danses de Joel Gion au tambourin sont mémorables et les différents membres dégustent leur verre de vin rouge entre deux accords.

Il est bien loin le groupe du film DiG ! (où les tensions entre Anton et Matt Hollywood finissaient régulièrement en baston générale) qui était redouté par toutes les salles de San Francisco. Ici nous en retrouvons la version adulte, assagie, mais non moins talentueuse. Sessions de jam improvisées, envolées psychédéliques, thèmes progressifs à rallonge, tout y est. Pour certains morceaux, une partie du groupe nous quitte pour revenir après alors que Joel, lui, continue de battre la maracasse d'une main, sirotant une bouteille de champagne avec l'autre. Le BJM est en train de bouleverser tous les codes du live que j'avais connu jusqu'à maintenant. Point de blabla, point d'artifices, juste de la musique. Et bien que ce point m'avait gêné chez les Dandy Warhols, il y a quelque chose de singulier dans l'attitude de la bande d'Anton qui aurait rendu l'inverse futile.

Le public est plus que réceptif ce soir là. L'ambiance au premier rang est à son comble. A d'autres endroits les gens sont davantage contemplatifs pendant que mon voisin paraît lui complètement possédé, dansant sur place avec son verre à la main. Nos regards se croisent et nous échangeons un sourire. "Je ne connaissais pas avant. Je suis en train de prendre une de ces claques. J'ai l'impression de découvrir le Velvet Underground au 21ème siècle ! Leur son est plus propre sur CD ?" Oh non cher ami. Le son du BJM est tout ce qu'il y a de plus brut et sale, et dans ce domaine, il est vrai qu'ils ne sont pas sans rappeler la bande de petits protégés de feu Andy Warhol. D'ailleurs, ni eux ni les Dandy ne nient cette forte influence. Pendant ce temps, notre joueur de tambourin préféré se paye le luxe de nous démontrer sa maîtrise de l'objet avec un lancé de l'instrument en rythme avec la note finale du morceau sous les ovations lilloises. 

Le reste du concert se vivra comme un crescendo constant dans l'atmosphère si particulière qui a conquis l'Aéronef. Difficile de discerner les jams des différents morceaux tant ces derniers semblent spontanément transformés pour l'exercice du live. Il faut dire aussi que les intéressés ont une discographie relativement dense. On parle ici de pas moins de seize albums studio, sept EP, quatorze singles, et cinq albums live entre 1991 et aujourd'hui. Peu peuvent prétendre la connaître entièrement. Un certain Christophe est ensuite appelé sur scène pour jouer de la mandoline sur le morceau "The Devil May Care (Mom And Dad Don't)", une ballade envoûtante à laquelle l'instrument ajoute une touche orientale des plus intéressantes. Des morceaux comme "What You Isn't", "Open Heart Surgery", "Servo" ou encore "Pish" du dernier CD en date, Mini Album Thingy Wingy, viendront clôturer un set de plus de 2h. Heures durant lesquelles nous avons été plongés dans un univers parallèle entre les 70's et aujourd'hui. Un grand moment de musique partagé dans une ambiance convivial de passionnés. Le public en redemande et insiste comme jamais pour obtenir un rappel. On se souviendra notamment du passage de Christophe venu ranger sa mandoline après la fin du set et qui s'excusera de ne pouvoir rappeler le groupe alors que le public chante son prénom à tue-tête non sans humour.

C'est une prestation débordante de simplicité qui s'est déroulée ce soir là à l'Aéronef de Lille. Simple et magique à la fois, où rien d'autres que la musique ne comptait. Sauf peut-être la bière. BJM 1 - Dandy Warhols 0. Balle au centre.

Setlist : 1. Never Ever - 2. Vad Hände Med Dem? - 3. Geezers - 4. Who? - 5. That Girl Suicide - 6. Nevertheless - 7. Goverment Beard - 8. Days, Weeks and Moths - 9. Whatever Hippie Bitch - 10. Leave It Alone - 11. Anenome - 12. Jam - 13. When Jokers Attack - 14. Sailor - 15. Here Comes the Waiting for the Sun - 16. The Devil May Care (Mom and Dad Don't) - 17. What You Isn't - 18. Open Heart Surgery - 19. Servo - 20. Pish - 21. Yeah Yeah

 

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