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Compte-rendu de concert

The Jim Jones Revue


Date : 07/11/2009
Salle : La Tannerie (Bourg-en-Bresse)
Première partie : Liquor and Poker
Fred, le 29/12/2009
( mots)

Faire du neuf avec du vieux. C’est cela que l’on appelle du plagiat ? J’ai un doute. D’après le dico, le plagiat « consiste à s'inspirer d'un modèle que l'on omet délibérément ou par négligence de désigner. »  Pourquoi soulever le thème du plagiat lors de la première ligne d’un compte rendu de concert me direz vous ? Pour la bonne et simple raison que lorsque j’ai monté le volume de « Good Golly Miss Molly » par The Jim Jones Revue au volant de ma Volkswagen Camaro 57’, mon pote embarqué dans cette galère s’est exclamé : « elle a morflé ta cassette de Little Richard, non ? »

 

Little Richard. Nous y voilà. Dans les années 50, au fin fond de l’Amérique puritaine, Richard Wayne Penniman de son vrai nom, hurle pour chanter, maltraite les pianos, est noir et homosexuel. Autant de caractéristiques qui définissent le fondement de sa rébellion, et plus largement la base du Rock n'Roll. Cet artiste hors normes a enregistré les morceaux de rock les plus fous dans les années 50, et c’est comme si le Boogie Woogie n’avait plus existé depuis.

The Jim Jones est un groupe Anglais, composé de musiciens pas vraiment jeunes, qui ont vu passer les années 50 de loin.   Mais il y a du Little Richard dans leur veines. Leur Album, The debut Album, est un souffle de Boogie Woogie punk, échappé du coffre d’un vieux piano, de la caisse d’une vielle Gibson, du fond d’un rade de la Nouvelle Orléans. Un Album supersonique, crépitant et déglingué qui au fil de 10 titres (dont 2 reprises) repose les bases du Rock avec un grand R. Leur son vintage, leur relans rock n rollesques, et leur hargne 60’s n’ont pas laissé indifférents les gens de l’association Blue Monday 01. Ils ont décidé, en collaboration avec la Tannerie (excellente sale de concert de Bourg-en-Bresse), de faire venir le groupe d’énervés Boogie afin de le montrer que la Bresse n’est pas seulement la contrée du Poulet (Cher lecteur, pour ta gouverne, la Bresse est au poulet ce que fût San Francisco pour les hippies : “the place to be”). En première partie, ce sont les Rockabillesques Liquor and Poker qui ont la lourde tâche de chauffer une foule très eclectique. Mais Skippy, Crazy Eddie Strings et Flying Jimmy s’en sortent de manière plus qu’honorable. Les excellents “Rockababy” et “Brugundy boogie” font monter la température plus vite que le V8 d'une Bel-Air 57’.

 

 

Puis c’est autour des Anglais de Jim Jones. Leur set démarre sur les chapeaux de roue, dans un bruit semblable au vrombissement d’un hot rod et de toute une époque. On est scotchés, et l’on sait déjà que l’on en sortira pas indemnes (en tout cas pas des oreilles).

Le délirant Princess and the frog est un des morceaux qui incarne Jim Jones, et Jim Jones incarne la folie. Elliot Mortimer emmène la bande avec son piano psychotique, et le groupe entier semble prêt à se faire interner dans un studio capitonné. Le morceau Rock N’ Roll Psychosis en témoigne. Tout au long du set, on s’imagine facilement à un concert de Jerry Lee Lewis, à l’époque où il mettait le feu aux pianos. Le public, à la fois figé et habité, écoute le père Jim Jones qui ne se prive pas de communier avec ses nouveaux fidèles. The Meat Man continue de pousser le spectateur dans les sphères les plus démoniaques de l’histoire du Rock. Jim Jones est possédé, le son est possédant.  Musicalement, The Jim Jones Revue fait dans le « classique efficace ». Riffs endiablés, Rythme enlevé, Piano effréné. Le Piano justement. La vraie nouveauté est qu’il soit dilué dans le vin de messe du père Jones.  Et cet instrument est responsable en grande partie de cet aspect Boogie Woogie du son. Mais ça existait déjà il y a 50 ans, non ? Oui, c’est vrai. Mais qui ose le faire en 2009 ?

 

Revenons au sujet épineux du plagiat. Jim Jones est un routard, un habitué de la scène, un mec à qui on ne la fait pas (ou plus). Il est passé par deux groupes Thee Hypnotics, puis Black Moses, restés inconnus du grand public. Jusqu’au jour où, il a, selon ses propres termes, « pris le taureau par les cornes ». Monsieur Jones déclarait récemment dans une interview : on a parlé de ces moments qui paraissaient perdus, on se demandait : « Où est passé Little Richard ? ». Dans la plupart des genres, tu as des préférences, et tu peux aller à un concert pour voir un groupe qui a ce feeling. Dans notre cas, ce feeling paraissait passé à la trappe. Little Richard. Encore lui. Et c’est là que la notion de plagiat, unique arme des détracteurs, n’a plus de sens. The Jim Jones Revue revendique ses références, les exploite, mais surtout les assume. Et le clin d’œil/hommage des reprises Good Golly Miss Molly et Hey, Hey, Hey, Hey en est un bon exemple. Pour l’anecdote, Hey, Hey, Hey, Hey était en face B du disque Good Golly Miss Molly en 1958.

 

Oui, The Jim Jones Revue sonne comme du Little Richards électrocuté. Oui, le son du Piano Boogie Woogie n’est pas nouveau. Oui The Jim Jones Revue ne réinvente pas le Rock N’ roll. Mais il lui redonne vie, et ça, c’est déjà pas mal.

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