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Compte-rendu de concert

The Who


Date : 26/05/2015
Salle : Barclays Center (Brooklyn)
Première partie :

The Who hits 50 ! Et pour l'occasion, Roger Daltrey et Pete Townshend, à qui l'on doit déjà une ribambelle de standards du rock aussi cultes qu'exquis, livrent actuellement ce qui sera sans doute leur baroud d'honneur au travers d'une tournée qui, avant de fouler le vieux continent, passe par l'Amérique pour célébrer les cinquante ans d'un groupe lui aussi devenu culte. Retour sur ce soixante-septième - oui oui - concert new-yorkais des Who qui se tenait au Barclays Center de Brooklyn ce mardi 26 mai. Who who ! Who who !

Alan, le 30/06/2015
( mots)

S’est posée aujourd’hui à la rédaction la question du classic rock dans les années 2010 : en effet, au-delà du simple fait de transmettre un bagage musical fondateur à une nouvelle génération de non-initiés, le classic rock apporte-t-il encore quoi que ce soit de concret au rock au sens large ? Plus des masses en réalité, seuls quelques uns des mastodontes des l’époque se rappelant encore à notre bon souvenir : un Pink Floyd revenu d’entre les morts pour ressortir un ultime album, une semi-contrefaçon de Queen qui continue à tourner de temps à autre sans son leader charismatique ou encore des Stones à l’âge canonique qui poursuivent actuellement une tournée anniversaire venant couronner cinquante années de carrière - exactement comme les Who, en fait.

Enfin, là encore une semi-contrefaçon, Roger Daltrey et Pete Townshend restant les seuls membres de l’équipage à ne pas avoir passé l’arme à gauche. Toujours est-il que c’est bien sous l’étiquette de The Who que les deux frontmen, accompagnés d’un backing band incluant, entre autres, Simon Townshend, frère de Pete et Zak Starkey, fils de Ringo… Starr, continuent de prêcher la bonne parole à un public, selon les propres mots de Townshend, plus jeune qu’il ne l’a jamais été : c’était donc à la nouvelle génération que les auteurs de “My Generation” s’adressaient ce mardi.
 
Une ancienne génération décidément à l’honneur puisque ce n’est nulle autre que madame Joan Jett, fraîchement intronisée au Rock ’n’ Roll Hall of Fame le mois dernier, qui ouvrait les festivités ce soir - comme ce fut déjà la cas en 1982 pour ce qui devait être la tournée d’adieu des Who. What goes around comes around. Accompagnée de ses Blackhearts, la fougueuse Joan, dont les traits du visage semblent inaltérables malgré le passage des années, a su conquérir l’ensemble du Barclays Center en moins de temps qu’il n’en faut pour dire “I love rock ’n’ roll”, enchaînant les tubes tels que “Bad Reputation”, “I Hate Myself for Loving You” et le classique des Runaways “Cherry Bomb” - en plus de la chanson précédemment citée, cela va de soi. Trois quarts d’heure de set pour la dame qui a su recueillir une standing ovation de la part d'un public conquis et chauffé à bloc pour l'entrée sur scène du duo Daltrey-Townshend.
 
An amazing journey
 
Après un entr’acte retraçant toute l’histoire qui lie étroitement le groupe à la ville et un hommage de circonstance à feu monsieur B.B. King, les lumières s’éteignent et annoncent l’imminente entrée sur scène de Townshend & co. Les musiciens prennent place un à un avant que le duo de vénérables septuagénaires ne fasse son entrée et initie un “I Can’t Explain” bien senti, faisant retentir une sono gargantuesque comme à la bonne époque. Malgré ses récentes déclarations stipulant que le live n’était pour lui plus qu’une pénible routine à laquelle il était néanmoins nécessaire de se plier, Pete Townshend s’impose pourtant comme véritable chef d’orchestre de sa formation, dictant à chacun le rythme à suivre à grand renfort de moulinets toujours aussi énergiques sur sa Stratocaster rouge vif.
 
De même, Roger Daltrey se prend au jeu et s'amuse, faisant virevolter son micro en l’air entre deux lignes de chant puissantes et maîtrisées, celui-ci ayant su préserver tout son coffre ainsi que toute sa prestance - et ce même malgré sa paire de lunettes. The Who délivre ainsi avec autant de hargne que de précision un set conséquent sous forme de best of, incluant en plus au milieu des “Who Are You”, “My Generation” et autres “Love, Reign O’er Me” des morceaux plus confidentiels à l’image de “Slip Kid”, “Bargain” ou “Sparks” : “hits, picks, mixes and misses” avait déclaré Pete Townshend en amont de la tournée, soit exactement ce que le groupe propose ici.
 
Triturant les cordes de sa guitare à souhait, ce-dernier assène ses power chords en rafales à un volume défiant toute raison, comme pour rappeler au public que bien que les places soient toutes assises, The Who reste avant tout un groupe bruyant, un groupe qui cogne - en bref, un groupe de rock. C’est d’ailleurs debout qu’une grande majorité du public s’est déhanchée au rythme de la frappe furieuse mais non moins rigoureuse de Zak Starkey, dont le jeu époustouflant s’avère être grandement à la hauteur de celui de son illustre prédécesseur - sans toutefois parvenir à l’égaler, cela va de soi.
 
Teenage wasteland
 
Au cours des deux heures qui constitueront le set, les deux frères d’armes n’hésiteront pas à prendre la parole, parfois avec émotion, souvent avec humour, mais toujours avec passion : c’est ainsi entre deux vannes sur son âge avancé que Pete Townshend exhorte néanmoins son public à célébrer ce “putain de cinquantième anniversaire”, se remémorant à plusieurs reprises les débuts du groupe à Monterey ou ici-même, à New York, contemplant ainsi tout le chemin parcouru durant ces cinq décennies.
 
Le public ne se fait pas prier et exulte, acclame, applaudit, tout en se délectant des différentes saveurs que prend le spectacle au fil des morceaux : noble et majestueux sur “Love, Reign O’er Me”, cool et funky sur “Eminence Front”, ou encore théâtral et décalé sur le mini-opéra qu’est “A Quick One (While He’s Away)”, agréable surprise qui n’a cependant pas su conquérir un public assoiffé n’hésitant pas à déserter les lieux pour refaire le plein de malt fermenté durant les quelques dix minutes au cours desquelles se succèdent les différents tableaux de la pièce.
 
À mesure que le set approche de sa fin, The Who revient à ses fondamentaux, initiant le rush final avec un superbe “Pinball Wizard” auquel suit de but en blanc “See Me, Feel Me”. C’est une fois celui-ci terminé que l’atmosphère s’électrise et que le public s’impatiente, bien conscient des deux morceaux qui sont supposés suivre. Ce-dernier jubile alors que résonnent les premières notes de “Baba O’Riley”, puissant et fédérateur. C’est un solo d’harmonica, interprété par Roger Daltrey himself - en lieu et place du solo de violon de Dave Arbus - qui vient clôturer le morceau avant que le tout premier accord de “Won’t Get Fooled Again” ne fasse rugir la sono. Le morceau suit son cours avec panache avant que Daltrey ne rugisse à son tour de toutes ses foces lors du climax, assénant à son auditoire un “Yeah!” surpuissant et imparable.
 
Ainsi s’achève cette rétrospective de près de deux heures, intense et électrisante. Deux heures de classic rock qui attestent du statut de groupe culte que The Who a atteint au fil de ces cinquante années, donnant au rock ses lettres de noblesse et marquant son histoire au fer rouge, Roger Daltrey et Pete Townshend ayant pleinement fait honneur au nom sous lequel ceux-ci sont venus se produire ce soir. Une célébration en forme d’adieu, Daltrey déclarant dans une dernière allocution qu’il était maintenant temps pour lui de laisser place à “la nouvelle génération” avant de prodiguer à son assemblée un ultime conseil de vie qu’il paraîtrait bon de suivre au vu de la vitalité dont celui-ci fait encore preuve à maintenant soixante-et-onze printemps - “Be happy, be healthy, be lucky.
 
Setlist : 1. I Can’t Explain - 2. The Seeker - 3. Who Are You - 4. The Kids Are Alright - 5. I Can See for Miles - 6. My Generation - 7. Behind Blue Eyes - 8. Slip Kid - 9. Bargain - 10. Join Together - 11. You Better You Bet - 12. I’m One - 13. Love, Reign O’er Me - 14. Eminence Front - 15. A Quick One (While He’s Away) - 16. Amazing Journey - 17. Sparks - 18. Pinball Wizard - 19. See Me, Feel Me - 20. Baba O’Riley - 21. Won’t Get Fooled Again
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De parangon du death-metal suédois à inclinaisons progressives, Opeth est passé en moins de dix ans à coqueluche du monde progressif tout court avec ses albums mélodiques et techniques typés 70’s. Gloire permise aussi par une esthétique affirmée ; il y a bel et bien un « son » Opeth qui est né depuis Heritage(comme il y a avait une identité claire dans la première période du groupe), et celui-ci n’est pas du tout renié dans ce nouvel opus tant attendu. En effet, In Cauda Venenum est dans la claire lignée des albums précédents, dont le dernier en date était le chef-d’œuvre Sorceress aux qualités exceptionnelles. 

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