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Compte-rendu de concert

White Lies


Date : 30/10/2009
Salle : L'Atelier (Luxembourg-Ville)
Première partie :
Elise, le 02/11/2009
( mots)

Groupe en vogue côté cold-wave Outre-Manche ces derniers mois, White Lies souffre encore en France d'un anonymat persistant. Aussi, pas étonnant que la première tournée européenne du quatuor anglais snobe royalement l'Hexagone... Mais le fan français a l'habitude de l'absence de réactivité côté populace, et apprend rapidement à guetter les dates frontalières. Cette fois, il fallait lorgner du côté de Luxembourg, où White Lies faisait son premier passage dans l'ambiance cosy de l'Atelier. Sur place, autant d'Anglais que de Français, de Belges ou de Luxembourgeois, prêt à savourer un concert aux airs d'exclusivité. 

 

En première partie, un groupe de Californiens au son diablement rétro. Darker My Love a proposé une ouverture de qualité, dans un style très différent des Anglais. Dommage, comme souvent, une basse saturée couvrant complètement le chanteur et sa guitare gâchait nettement des compositions pourtant inspirées. Parfois très tendance, dans un style sixties rappelant les Beach Boys, Darker My Love a également su jouer la douceur, et séduire finalement des Luxembourgeois souvent très détachés. 

Mais au premier rang, les underages (parce que maintenant, on ne dit plus "ados" ou "teenagers") anglaises à franges commencent à s'impatienter, et la tension monte. Mais la précision horaire est une vertu très luxembourgeoise, et c'est presque en avance que les lumières s'éteignent pour laisser quelques spots bleus illuminer la batterie aux futs transparents qui trône en hauteur. C'est discrètement et l'air de rien que les quatre garçons montent sur scène et saisissent sans plus attendre guitare et basse. Clavier à gauche, chanteur légèrement excentré et bassiste à droite, à peine le temps d'apprécier la disposition que résonnent les premiers accords de "Farewell To The Fairground". 

La grande interrogation en suspend depuis que l'on a réservé les billets va bientôt trouver sa réponse. Alors, il a vraiment cette voix de malade Harry, ou merci les arrangements ? La réponse amène un immense soulagement et une excitation supplémentaire fasse à ce qui attend le public ce soir-là. Profonde et juste, la voix d'Harry McVeigh transcende un son étonnamment bien balancé. Et le titre se révèle un choix particulièrement intelligent. Avec son ouverture aux claviers dans les aïgues, on note immédiatement qu'il faudra tendre l'oreille pour les discerner. La rupture en milieu de morceau permet de tester les capacités du batteur, et le bassiste prouve dès lors son rôle de pilier. 

 

Stress et maîtrise 

 

Malgré tout, on sent une certaine retenue, que l'on espère résulter d'un stress, plutôt que d'une attitude prétentieuse. Les trois premiers morceaux montrent un chanteur très renfermé, qui s'applique et offre une belle prestation, mais à la limite de l'autisme (Ian Curtis n'est pas loin). Au fil du concert, on découvre que c'était bel et bien de la timidité ou de la peur, après tout, ce n'est que leur première tournée en solo hors des frontières britanniques. Petit à petit, Harry prend possession de l'espace, lance regards et sourires en coin, parle avec les mains, et surtout, sert un poing rageur sur les temps forts. Une vraie intensité se dégage des morceaux, et l'amplitude du son s'aligne progressivement sur l'amplitude de la voix.

Le déclic a lieu sur "The Price of Love", magnifique morceau à la progression lente, jouée avec précision. On arrive à passer outre le côté encore un peu "scolaire" des interprétations, très fidèles aux enregistrements, pour apprécier l'intensité qui se dégage alors de la montée en puissance vers le refrain éclatant. Le "So is this the price of love ? " semble alors autant venir de la scène que de la salle, et si le morceau n'a rien de drôle, on voit un sourire de joie pure sur les visages des quatre musiciens. Ainsi, lorsque résonne les accords de "You Still Love Him" ancienne composition, c'est avec la même ferveur que l'on reprend un refrain qui n'avait pourtant rien de connu.

Le vrai plaisir de découvrir White Lies en live est sur les morceaux qui ont fait leur succès, ces perles de cold-wave très rock, aux ouvertures presque a-cappella et aux finish flamboyants. Alors, quand sans prévenir, Harry McVeigh se jette sur son micro et entonne "He said to lose my life or lose my love", l'excitation monte d'un cran, car on sait déjà quelle explosion arrive. Mais une pointe d'anxiété demeure, parce qu'à tant avoir écouté ces morceaux sur des hauts-parleurs au max, on aimerait qu'il ressorte quelque chose de plus, que tout celà soit veritablement un cran au dessus... Et heureusement, c'est bel et bien le cas. Et ce malgré un vrai handicap pour le groupe, un batteur au sens de la pulsation très... approximatif. La bonne nouvelle étant qu'il s'en rend compte. En espérant qu'il parvienne à se corriger, ou que ce soit une erreur de parcours dû à un excès quelconque... Mais la roue de secours était bien là, et la bassiste se transforma en métronome pour remettre les morceaux sur le droit chemin.

 

Des montées explosives 

 

"A Place To Hide" s'enchaîne à merveille, avant un intermède de douceur, finalement pas vraiment désiré. Mais on les comprend. Place donc à "50 on our Foreheads", un peu plombant, et "Nothing to Give", plus intense et mieux porté par une base musicale forte. L'avantage est que lorsqu'Harry entonne les premières paroles de "Unfinished Business", on est encore plus heureux de l'entendre. Le morceau prend alors une nouvelle ampleur, encore plus fort en émotion, il galvanise et transporte le public pour un temps finalement beaucoup trop court.

Et c'est déjà l'heure de dire faussement "au revoir". Le rappel est véritablement enthousiaste, et l'on croise les doigts ne pas avoir que deux morceaux en dessert. Visiblement touché de l'accueil luxembourgeois, les quatre garçons remontent sur scène avec le sourire, et beaucoup de merci relayés par Harry. Le groupe offre alors "Heaven", un de leur dernier titre, que McVeigh interprète tel un petit choriste, les mains croisées dans le dos. On attend la conclusion avec "Death", mais ce sont les premières notes de "From The Stars " qui résonnent. Un morceau particulier, assez lent dans sa mise en place, et qui semble narguer le public, le faisant patienter encore et encore avant la délivrance finale. L'intensité des rythmiques à la basse et aux claviers sont impressionnantes, le mauvais côté étant que les subtilités de contre-chant aux claviers passent un peu à la trappe. Enfin, il est temps de dire au-revoir sur "Death", tube synonyme de déchaînement dans les premiers rangs, et symbole d'un pari réussi. La foule reprend le refrain avec une clarté incroyable, et l'on se prend à espérer que ce ne soit pas vraiment fini. Mais la mort est sans-retour, et vous laisse triste et désemparé. Oui, maintenant, y'a plus qu'à rentrer.

 

Track-list :

Farewell To The Fairground

Taxidermy

E.S.T.

The Price Of Love

You Still Love Him

To Lose My Life

A Place To Hide

50 On Our Foreheads

Nothing To Give

Unfinished Business

Heaven

From The Stars

Death 

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