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Compte-rendu de concert

Zodiac


Date : 04/10/2016
Salle : Laiterie (Strasbourg)
Première partie : Honeymoon Disease, Raveneye

300% Rock 'N Roll

Etienne, le 19/10/2016
( mots)

Le 4 octobre était une soirée rock 'n roll aux quatre coins de la France. Alors que Mars Red Sky s'affichait au Petit Bain avec Yeti Lane, Fatso Jetson et Greenleaf, Zodiac posait ses valises non loin de son Allemagne natale, à Strasbourg, en compagnie de Honeymoon Disease et Raveneye. Trois groupes, trois mots, un seul credo: Rock 'n roll.

Lune de miel

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A l'automne dernier, les suédois de Honeymoon Disease balançaient leur hard rock bourru sur fond de décor psychédélique jaune moutarde et brun écorce le temps d'une première galette forte honorable intitulée The Transcendence. Un rock 'n roll binaire, percutant, déclinant variations bluesy acides et riffs concassés, le tout interprété par un quatuor mixte volubile et avenant. Particulièrement énergique, le groupe déploie une puissance brute de décoffrage, un son abrupt qui tape fort. Leur dernier album subit un traitement live abrasif ôtant toutes les aspérités alourdissantes du studio pour mieux envoyer le bois sans demi-mesure. "Gotta Move" ou "Imperial Mind" sentent le bitume fraîchement goudronné avec leurs riffs explosifs et leurs refrains entêtants. Du reste, l'énergie intarissable du duo féminin et l'espièglerie des jeunes femmes, jamais avares d'un sourire et d'une pitrerie, emportent largement l'adhésion de l'assemblée en une courte demi-heure amplement suffisante pour entrevoir le potentiel d'une formation qui ravive la flamme 70's avec brio. Hautement recommandable.

Oeil du tigre

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Avant de monter sur scène, le trio britannique Raveneye soulève quelques interrogations. Voilà plusieurs mois que "le groupe que Slash adore" sillonne les routes européennes en préambule du lancement de son premier album NOVA, paru quelques jours avant le concert du soir. Déjà en juin, Raveneye avait accompagné Halestorm dans cette même Laiterie, mais Albumrock n'était pas de la partie - parce que Halestorm, voilà. Le trio a pourtant subit un changement majeur entre-temps puisque son batteur Kev Hickman a pris la poudre d'escampette, tout juste remplacé au mois d'août par Adam Breeze. Impossible de vraiment effectuer un parallèle entre les deux concerts mais qu'importe, Raveneye est bien décidé à montrer qu'il est toujours prêt à en découdre. Quitte à en faire beaucoup trop.

Énorme point noir que la sono du soir: la basse monopolise tout l'espace sonore de la Laiterie et absorbe la distorsion d'une guitare sourdement active. On imagine les riffs, on devine les mélodies, mais rien, absolument rien ne permet de discerner sensiblement les morceaux les uns des autres. Comble de la soirée, Oli Brown lâche sa six-cordes pour entonner un morceau imbitable sur fond de jam basse-batterie totalement foutraque et bordélique que seules les frasques d'un leader en proie à une bougeotte névrosé sauvent du naufrage. Exception faite d'un dernier titre tonitruant où la guitare - miracle - surgit du grondement assourdissant infligé depuis près d'une heure, la prestation de Raveneye aura plus tenu du supplice que d'un réel plaisir. Heureusement que l'entrain communicatif du trio et sa sympathie naturelle empêchent de fustiger une prestation manquée, énergique mais pas dynamique, effrénée mais pas endiablée, acclamée mais pas réussie. La trio cultive malgré tout un authentique esprit rock 'n roll et s'affranchit des codes policés pour y affirmer une véritable identité. Car même si cette fois Raveneye n'a pas été au sommet de son art, il a marqué les esprits. Et c'est déjà ça.

Le signe des grands

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Une fois les trublions britanniques repartis en loge, la scène est évacuée et dévoile un environnement sobre pour la tête d'affiche du soir: Zodiac. Le groupe allemand jouit d'une popularité grandissante, de chaque côté du Rhin d'ailleurs. La faute à un rythme discographique soutenu (4 albums, 1 EP et 1 live) depuis 2011, sans jamais raboter la qualité de ses efforts. Son dernier-né Grain Of Soul révèle d'ailleurs des qualités croissantes au fur et à mesure des écoutes, et se veut un disque très travaillé, plus varié, plus mesuré dans ses intentions que ses prédécesseurs. Là où la bande à Nick Van Delft allait chercher à tout prix l'impact du riff-qui-tue dans ses précédents efforts, Grain Of Soul développe des ambiances plus voluptueuses, des influences plus variées, bien moins enfermées dans le carcan rock-blues 70's, en allant lorgner vers la pop efficace ("Follow You") ou le metal rauque de Black Label Society ("Grain Of Soul"). Et Nick Van Delft chante enfin autrement que Mark Lanegan - il était temps. Vraiment, ce dernier album de Zodiac est une franche réussite, moins évidente et immédiate à apprécier qu'un Sonic Child, mais du même acabit, voire meilleur. Et il est aussi admirablement bien défendu sur scène.

Lancé par un "Rebirth By Fire" tonitruant, le show fait la part belle à une musicalité virile et sauvage, pleine d'une fougue largement entretenue par des guitares en feu ("Animal") et une section rythmique colossale ("Free"). Avec une setlist composée exclusivement de morceaux de son dernier et de son premier album - ba alors, sont pas bons les autres disques ? - Zodiac s'amuse à effectuer le grand écart entre des compositions allègrement blues ("Diamond Shoes"), plutôt tempérées, et des titres volcaniques, bourrus ("Ain't Coming Back"). Les allemands prennent le temps de construire de belles pièces musicales évolutives pour happer l'attention progressivement ("Coming Home") et attendent le bon moment pour porter l'estocade finale, celle qui stupéfait par sa justesse d'exécution. Que ça soit lors du final supersonique de "Animal", du solo effrayant - mais de rigueur - de "Horrovision" ou de l'ultime refrain de "Down", Zodiac maîtrise le temps. Autant que l'espace.

Le groupe dégage sur scène une sérénité rare et, à l'inverse d'un Raveneye, exclut la débauche d'énergie pour mieux concentrer son effort. Quelques regards, quelques paroles - en français du bassiste Ruben Claro - voire quelques gestes de satisfaction face aux acclamations, les allemands cultivent une certaine sobriété dans leur expression scénique. Van Delft, avec ses faux-airs de bûcheron mal réveillé, est imposant du haut de son air patibulaire et implacable, qu'importent les décibels rageurs balancés en pleine poire de l'audience. Ses sbires font le taf et assurent à l'ensemble de solides fondations permettant au leader de se laisser aller à de longues envolées instrumentales sur le classique de ZZ Top "Blue Jean Blues" ou le mythique "Cortez The Killer" de Neil Young, morceau totalement intouchable mais dont sa réinterprétation musclée réussit pourtant à convaincre. Les allemands dégagent une réelle aura et un charisme certain tout le long d'une prestation sans aucun temps faible même lorsque le groupe va chercher dans ses fonds de tiroir une vieillerie toute branlante pas franchement agréable ("Upon The Stone"), encore une fois sauvé par un sens du show aiguisé comme un plectre en fin de vie.

Soignant sa sortie avec un "Grain Of Soul" démoniaque, particulièrement lourd, et un "Coming Home" charnel de plus de quinze minutes, Zodiac s'est imposé comme une évidente tête d'affiche, largement au-dessus des deux formations l'ayant accompagné ce soir-là. Aussi professionnels que rock 'n roll, ils ont concentré toutes leurs influences dans un alambic bouillant pour en extraire une identité forte. Le concert du soir en est la preuve éclatante, il faudra compter sur Zodiac dans les années à venir. Un futur grand, sans aucun doute.

Setlist: 1. Rebirth By Fire / 2. Sinner / 3. Free / 4. Animal / 5. Ain't Coming Back / 6. Down / 7. A Bit Of Devil / 8. Blue Jean Blues (Reprise de ZZ Top) / 9. Horror Vision / 10. Cortez The Killer (Reprise de Neil Young & The Crazy Horse) / 11. Diamond Shoes / 12. Upon The Stone / 13. Grain Of Soul Encore: 14. Coming Home

Notre playlist spéciale Zodiac à l'écoute ci-dessous.

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