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Joy Division : le point culminant de la vague froide


Collectif, le 12/10/2017

Unknown Pleasure


15 juin 1979


Unknown Pleasures est le premier disque de Joy Division. Album culte de toute une génération, il porte à lui seul la symbolique de tout un courant appelé post-punk. La pochette mythique, des lignes blanches sur fond noir, signée Peter Saville, représente les ondes du premier pulsar (étoile à neutrons tournant sur elle-même) découvert en astronomie qui émettait un signal radio régulier.


Dissocier Joy Division de Ian Curtis revient à parler du préquel de New Order, or, l'importance de Curtis dépasse son seul groupe. Cette voix sombre, sépulcrale, très peu chantée sonne le départ du mouvement gothique. Unknown Pleasures est aussi le seul disque sorti du vivant de Ian Curtis. Véritable ovni dans le paysage musical de l'époque, Joy Division fait produire son album par Martin Hannett. Ce dernier a toujours travaillé en étroite collaboration avec le label Factory Records sur lequel est sorti cet album.


Curtis, l'ange noir, "était un type très gentil qui ne disait jamais de mal de personne". Ce sont les paroles de Peter Hook à propos de celui qui a contribué grandement à provoquer le destin de ce bassiste de Manchester. Curieux de tout ce qui avait été écrit, ou enregistré, Curtis était féru d'arts. Aussi, lorsqu'il prend le chant, c'est pour raconter des situations dans lesquelles l'émotion est le sujet du récit. Chaque texte est une fiction digne de la tragédie grecque, ou le sujet est piégé par des forces hors de contrôle


"Confusion in her eyes that says it all, she's lost control

And she's clinging to the nearest passer by, she's lost control

And she gave away the secrets of her past, and said I've lost control again

And of a voice that told her when and where to act, she sais I've lost control again"


Le mythe Joy Division s'écrit autour de "She's Lost Control". Morceau Rock d'un nouveau genre qui nous offre un son de basse dont on n'a pas l'habitude : Peter Hook joue en bas de son manche, tandis que Sumner nous défonce les oreilles à grands coups de guitare. Stephen Morris saisit la batterie électronique et nous offre un rythme épuré. Alliant l'hypnose du chant et de la basse, "She's Lost Control" agit comme un charmeur de serpent sur l'esprit. On en vient plusieurs heures après l'écoute du titre à fredonner la montée/descente du riff de guitare ou celui de la basse selon vos affinités.


"Disorder", titre très curesque aux sonorités électro, ouvre ces plaisirs inconnus. Pour Unknown Pleasures , sorti en Juin 1979, Joy Division s'en va défendre son album dans des clubs londoniens, sous la violence des stroboscopes qui révèlent les troubles épileptiques du chanteur. Emmené par quelques titres comme "Day of the Lords" (qui a un "je ne sais quoi" de "This is the end" des Doors) et "I Remember Nothing", l'ambiance noire et pesante de Joy Division se démarque de la vitesse des Sex Pistols qui les précédaient en Angleterre. C'est d'ailleurs à un concert des anarchistes de sa majesté que le groupe s'est monté, la légende raconte que Joy Division n'est pas la seule formation de la scène émergente anglaise à être née ce soir là (Buzzcocks entre autres...).


"Candidate" et sa basse bluesy vient explorer les tréfonds d'un cimetière, dans un brouillard sonore, hanté par la voix de Ian Curtis qui répète "I try to get to you". "Shadowplay", chanson très rock, délivre un son moderne, le titre post-punk n'est pas usurpé. L'hypnotique "Wilderness" nous entraîne dans une transe dont on ne sort plus. "Insight" et ses sonorités surprenantes viennent s'inscrire dans un travail kraftwerkien. Ce morceau introduit les claviers qui prendront une importance non négligeable dans le travail du groupe. Tourmenté par une épilepsie qui l'handicapait, et des déboires sentimentaux, Ian Curtis était un jeune homme qui paraissait vieux. Sa femme, disait de lui qu'il donnait l'impression d'avoir vécu mille vies dans sa jeunesse. Il avait sûrement profité de ces mille vies pour s'instruire.


"I remember when we were young"


"New Dawn Fades" initie le style cold wave, avec une mélodie recherchée venant soutenir la voix de Curtis qui se prend à chanter. Entendre la voix de Curtis dans un registre chanté est plutôt rare, c'est ce qui fait la particularité de ce morceau. La basse, comme sur "She's Lost Control", est dans les aigus. Les paroles sont comme une confession de l'état dans lequel se situe Curtis :


"I got the spirit, I lose the feeling"


La femme de Ian Curtis, Deborah, sera suffisamment inquiète des paroles de cette chanson, pour l'interroger sur leur valeur. S'en serait suivi un monologue de la part de celle-ci, qu'il aurait écouté et se serait levé, quittant la pièce sans rien dire. Curtis avait pour habitude de laisser aux auditeurs l'interprétation de ses textes. C'était d'ailleurs un jeu auquel il s'adonnait lorsqu'il écoutait de la musique ou lisait Dostoïevski, Nietzsche, Herman Hesse...

Alors que le climat britannique du Manchester de cette fin des années 70 est des plus moroses, la pauvreté a envahi les alentours de "the Hacienda". Ces formations émergentes que l'on regroupera sous l'appellation "Madchester" offriront un exutoire à la jeunesse désoeuvrée. La danse autistique, épileptique de Ian Curtis hante ces lieux, et cette musique, comme un héritage, signe la preuve d'une évasion par l'esprit, par la musique, par le beat. Comme une boîte de Pandore, Joy Division donne à travers cet album les bases des futurs courants musicaux. Pas étonnant que ce groupe soit encore aujourd'hui, cité comme influence par des centaines de groupes. Unknown Pleasures, le titre est assez explicite, difficile de faire mieux.


Stéphane

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