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La série d'été Albumrock : #28 The Beach Boys


Daniel, le 04/08/2022

Pour occuper votre été, Albumrock vous offre cette année une série au principe assez simple : un rédacteur vous propose de découvrir ou de réviser un groupe plus ou moins culte en dix titres. Vous aurez droit à une sélection représentative qui vise à mettre en avant des morceaux par rapport à leur place dans le répertoire du groupe, sans toutefois renoncer à la subjectivité avec des choix parfois plus inattendus. Aujourd’hui, les plagistes les plus célèbres du rock, The Beach Boys. 

 

10- "River Song", Pacific Ocean Blues - 1977. Placer un titre d’album solo dans le Top Ten d’un groupe prolifique devrait être passible d’excommunication. Mais oublier la contribution du batteur Dennis Wilson à l’histoire des Beach Boys mériterait un sort plus funeste encore. Ce titre hanté est un chef-d’œuvre inattendu. Pour la petite histoire, lorsque Dennis finira par se noyer dans le Pacifique en 1983, il faudra une intervention personnelle de Ronald Reagan pour que sa dépouille soit ensuite rendue à l’océan pour toujours. Fin.

 

9- "California Dreamin’", Made In USA - 1986. Le nom (tout comme l’imagerie) de la fratrie musicale élargie est déjà une supercherie. Les Beach Boys ont vogué sur la vague "surf rock" alors qu’un seul d’entre eux savait nager (celui qui est mort noyé). Cette extraordinaire reprise des Mamas & The Papas fait rougeoyer les toutes dernières braises, avec Roger McGuinn à la guitare. Et puis, il y aura ce clip ésotérique (où John Philips officie en prêtre) qui montre les survivants, habillé, de manteaux "western spaghetti" piqués à Sergio Leone, dans un décorum spectral désincarné. 

 

8- "Wouldn’t It Be Nice", Pet Sounds - 1966. Symbolique de l’ambiguïté wilsonienne, le titre d’ouverture du meilleur album des Beach Boys évoque deux enfants qui rêvent de grandir pour vivre leur amour sans contrainte. En réalité, Brian courtisait activement sa belle-sœur mais craignait un peu le scandale familial. On peut parler de licence poétique…

 

7- "Good Vibrations" – single 1966. Au mitan des années soixante, Brian Wilson vivait déjà reclus, psychopathe et perdu pour le genre humain. Tandis que son groupe allait de ville en ville pour chantonner ses petites rengaines surf, Brian s’enfermait en studio pour élaborer des symphonies pop d’une complexité inouïe et d’une beauté universelle. Menant un combat à distance, policé mais féroce, contre Paul McCartney, Brian remportera la palme lorsque Paul admettra (tardivement) que le meilleur art des Beatles avait trouvé ses racines dans l’art des Beach Boys. L’enregistrement de "Good Vibrations" a coûté 50.000 dollars. Une fortune. En 2022, ça représenterait un demi-million de billets verts…

 

6- "California Girls", Summer Days (and Summer Nights !!) - 1965. "Staline" (c’est le surnom que sa fratrie réservait à Brian Wilson) a tranché : le texte dont Mike Love était si fier et qui évoquait assez naïvement toutes les beautés du monde est remanié de fond en comble. Les jolies filles vivent toutes en Californie. Vision lysergique du maître. Et chanson finalement sexiste réformée par un garçon très complexé. Peace and love !

 

5- "Help Me Rhonda", The Beach Boys Today ! - 1965. Première approche chorale. Et rupture (enfin) entre Brian Wilson et son père autoritaire qui se fait jeter du studio. Le prétexte du titre est assez crétin ; l’auteur demande à sa petite amie infidèle de l’aider à mettre un terme à leur relation. La construction harmonique pardonne tout.  

  

4- "Cottonfields", 20/20 - 1969. Le schisme devient profond. Brian Wilson veut transformer la rengaine géniale du prolifique Lead Belly, roi ancestral de la douze- cordes, en une mini-symphonie de plus. Al Jardine se fait le porte-parole du reste du groupe pour exiger un titre à la mode country "audible" et – surtout – une mélodie que le groupe pourrait interpréter réellement sur scène. C’est la guerre. La mouvance Jardine s’impose. Et ce sera un four… Même pas une petite place dans le Top 100 américain. Il faudra des années pour réhabiliter cette version. Jardine avait raison. Mais tort. Histoires de famille…

 

3- "Sloop John B." – single 1966. Adapté d’une chanson traditionnelle des Bahamas, ce titre (sorti pour annoncer Pet Sounds) démontre à quel point Brian Wilson avait le génie de passer tout et n’importe quoi à la moulinette chorale des Beach Boys. Si la version originale raconte la sortie en mer catastrophique d’un voilier de pêche, le texte habilement remanié ici évoque plutôt un mauvais trip à l’acide… Question de nuances.

 

2- "Heroes And Vilains" – single 1967. Conçue comme un des deux pôles de Smile, un album ambitieux mais maudit (qui ne verra le jour qu’en 2005), cette chanson du plus brillant mélodiste des années soixante est un chef-d’œuvre incompréhensible. Le thème aborde, sur un mode manichéen, la question de la légitimité territoriale californienne. Comme Brian Wilson n’entendait que d’une oreille, il a longtemps mené un combat d’arrière-garde pour que sa musique soit enregistrée et publiée en format monophonique. C’est dans ces versions-là que l’on entend le mieux toutes les superpositions harmoniques.

 

1- "God Only Knows", Pet Sounds - 1966. Le moment précis où Brian Wilson atomise toute la concurrence. Il entend être seul sur son nuage. Le lundi 11 avril 1966, il entraîne son frère Carl dans une église où ils prient longuement. Dans les minutes qui suivent, ils se rendent au studio 3 des Western Studios à Hollywood. Carl dépasse alors les limites humaines de sa voix d’ange. Basé sur deux accords (Mi et La) inversés, c’est le plus beau titre "pop" du monde pour toujours. Par conséquent, depuis 1966, la meilleure place pour un single est deuxième sur le podium.

 

 

 

Vous pouvez également écouter la playlist sur votre application préférée (Deezer, You Tube Music, Qobuz et autres) via ce lien : https://www.tunemymusic.com/?share=h5ekajy78ee7

En savoir plus sur The Beach Boys,

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